Semoir de maïs en avril 2022 en région Nord : début des chantiers de semis Messagerie Nord

Maïs : à vos semoirs, prêts, partez !

21 avril 2022

C’est le début des chantiers des semis de maïs ! Ce qu’il faut savoir pour optimiser la réussite de cette étape importante.

Adapter la densité de semis à la précocité de la variété et au potentiel de la parcelle

Les conditions de culture et le choix variétal déterminent la densité de semis optimale, quel que soit l’écartement entre les rangs choisi. Celle-ci sera d’autant plus élevée que le contexte pédoclimatique est favorable, que le cycle de la culture est court et que les variétés sont précoces. En cas de stress hydrique marqué pendant le cycle de végétation, les densités plus élevées sont mal valorisées, mais elles n’impactent pas le rendement pour autant. Cependant, si le climat estival est favorable au maïs, des densités trop faibles pénalisent systématiquement le potentiel (la perte est alors plus importante que l’économie de semences réalisée à l’implantation).

Pour fixer la densité de semis, il faut également tenir compte des pertes à la levée liées à la qualité de germination, et surtout aux attaques parasitaires (taupins, corbeaux, sangliers…).

Tableau 1 : Densités de culture recommandées en nombre de plantes à l’hectare à la récolte

Intégrer la lutte contre les corvidés

Depuis quelques années, c’est une problématique à ne pas négliger. Les attaques de corvidés ont essentiellement lieu autour du semis et de la levée, et potentiellement jusqu’à 6 feuilles.

Retenez qu’il n’existe pas de solution miracle, surtout en situation de fortes attaques !

Retrouvez le webinaire de décembre 2021 qui fait le point sur les travaux et les recommandations pour la lutte contre les corvidés.

En résumé

► Dès à présent, et en cas d’attaques de corvidés dans les parcelles en 2021, déclarer les dégâts (même si cela a déjà été fait les années précédentes) via les formulaires départementaux (DDT, CA, FDSEA, FNC…) pour contribuer au classement des espèces nuisibles.

► Adapter l’itinéraire technique : 
• Eviter tant que possible les semis décalés dans l’espace et dans le temps ;
• Soigner les préparations de sol, éviter les sols soufflés ;
• Rappuyer correctement la ligne de semis : différences importantes selon le type de préparation et les éléments semeurs ;
• Si les conditions le permettent, privilégier un semis suffisamment profond (4-5 cm minimum) ;
• En situations à risque, privilégier des semences protégées avec Korit 420FS, disponible en 2022 (coût environ 10 €/dose) : efficacité démontrée, même si insuffisante en situations de fortes attaques ;
• Possibilité de régulation par des tirs : se référer à la réglementation nationale, aux mesures en vigueur dans votre département et fonction de l’espèce considérée

Et concernant la lutte contre les taupins et les mouches ?

Dans les situations à risque taupins/mouches (précédent prairie/graminées et ou sols riches en matières organiques), il est possible de recourir à des insecticides au semis. Ces produits présentent des bons niveaux d’efficacité s’ils sont utilisés en respectant un mode d’emploi précis : bon positionnement du diffuseur et respect de la dose préconisée, lit de semences bien préparé, sol suffisamment humide.

Afin d'atteindre cet objectif de bonne répartition, l’installation de diffuseurs sur les descentes du distributeur du semoir est indispensable. Pour le réglage du distributeur de microgranulés, se référer au tableau spécifique du matériel fourni par la firme distributrice du produit. Avant les semis, il est conseillé de réaliser un contrôle à poste fixe de chaque élément, puis de vérifier le bon écoulement du produit au champ.

Tableau 2 : Produits de lutte homologués contre les ravageurs du maïs (traitements de semences et microgranulés)

Retrouvez aussi les travaux sur les méthodes de lutte alternatives contre ces deux ravageurs au travers des webinaires diffusés en décembre 2021 :

Pour le taupin 


Pour la géomyze

Utiliser la fertilisation starter au semis ?

L’engrais starter aura d’autant plus de chance d’être efficace que le sol est peu pourvu en phosphore, que le semis est précoce, ou que le sol est froid. En cas d’utilisation de ce type d’engrais, c’est l’élément phosphore qui, quand il est localisé à proximité de la plante, apporte un supplément de vigueur au départ et un gain de précocité, car il est peu mobile dans le sol. Assez classiquement, c’est l’engrais starter, type 18-46, distribué par le système de fertiliseur du semoir qui est utilisé. On cherche à placer l’engrais suffisamment près de la graine pour que les premières racines y trouvent facilement le phosphore, mais pas trop près pour éviter l’absorption trop importante d’azote sous forme ammoniacale (risque d’intoxication de la plantule).

En pratique, on vise 5 cm sur le côté et 5 cm en dessous de la ligne de semis, et une régularité de distribution sur la ligne. Cette recommandation est également valable si d’autres formes d’engrais type urées sont utilisées (avec un risque moindre, puisque l’azote devra majoritairement être hydrolysé en ammoniaque pour être disponible pour la culture).

Les microgranulés starter, aux doses préconisées, amènent moins de phosphore qu’un 18-46 (de l’ordre de 10 unités/ha P2O5) et ont un effet intermédiaire entre un engrais starter et un témoin sans engrais starter. Ils ont l’avantage de représenter des volumes plus faibles à l’hectare (20 à 25 kg/ha selon les produits) mais restent coûteux. Ils sont répartis par le distributeur de microgranulés insecticides. Dans ce cas, l’engrais est localisé dans la raie de semis, à côté de la semence.

Figure 1 : Positionnement d’un engrais starter en comparaison avec un produit microgranulé starter

Biostimulants : qu’en penser ?

Il existe de nombreux biostimulants, avec des compositions et des allégations différentes. En général, les allégations ne sont pas liées à un gain de rendement mais à une amélioration de la croissance, de la nutrition, du développement racinaire, voire un gain sur la précocité. Des résultats d’essais menés sur trois ans (2019-2021) ne montrent pas de différence significative entre les biostimulants et le témoin non traité, que ce soit pour des traitements de semences ou des produits foliaires.

Consultez le webinaire également diffusé en décembre 2021, qui reste valable dans l’attente d’une année d’expérimentation supplémentaire : 

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