légumineuses : trèfle Les vrai/Faux des fourrages

Même avec légumineuses, une prairie a besoin d’apport d’azote

30 mars 2022

Les légumineuses présentes dans une prairie contribuent à la fourniture d’azote et permettent de réduire les apports sous forme minérale ou organique. Mais l’impasse totale de fertilisation azotée n’est possible que dans les prairies avec une forte proportion de légumineuses.

L’azote est le carburant de la production de la prairie. Dans les associations graminées + légumineuses, une partie de l’azote est fournie par les légumineuses, capables de fixer l’azote atmosphérique grâce aux nodosités présentes sur leurs racines. Une prairie peut être considérée d’association dès lors qu’elle contient au moins 10 % de légumineuses.

La quantité d’azote fournie à la prairie varie en fonction de la proportion de la légumineuse.

Tableau 1 : Quantité d’azote (kg N/ha/an) fournie à la prairie en fonction du taux de légumineuses dans l’association
Quantité d’azote (kg N/ha/an) fournie à la prairie en fonction du taux de légumineuses dans l’association

Source : brochure Comifer 2013 : calcul de la fertilisation azotée des cultures annuelles et prairies

Adapter la dose d’azote à la proportion de légumineuses présentes dans la prairie

La dose d’azote totale annuelle apportée sur une prairie doit être adaptée à sa productivité. Elle doit aussi prendre en compte la contribution des légumineuses, le mode d’exploitation, les restitutions au pâturage, la fourniture d’azote par le sol et les apports d’engrais de ferme.

Les apports d’azote l’année suivant l’implantation des associations ou mélanges ne sont pas recommandés. Ils restent toutefois possibles mais pénalisent l’installation des légumineuses. A partir de la deuxième année, la dose d’apport sera fonction de la proportion de légumineuses dans la prairie :

- Si les légumineuses sont abondantes (> 20 % au printemps et > 35 % en été), l’impasse est possible, notamment sur les prairies pâturées.

Lorsque l’azote est peu disponible dans le sol, un apport de 30 à 50 kg N/ha est recommandé en sortie d’hiver (à 200 degrés-jour cumulés depuis le 1er janvier) afin de relancer la croissance.

- Si les légumineuses sont faiblement présentes (< 10 % au printemps et < 30 % en été), l’apport sera raisonné comme pour une prairie en graminées pures.

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2 commentaires 05 avril 2022 par ARVALIS

Bonjour, Merci pour votre remarque. Vous avez raison, ce sujet de la fertilisation azotée des prairies peut être traité sous différents angles. Cet article est extrait de notre recueil de fiches « les vrai-faux des fourrages » publié l’an dernier. Je vous invite au passage à en prendre connaissance, voire à le partager avec vos élèves. En l’occurrence, l’objectif de cette fiche était uniquement d’apporter une réponse à l’idée reçue selon laquelle « une prairie avec légumineuse n’a jamais besoin d’azote ». Vu sous cet angle, le titre est exact, et le contenu de la fiche le démontre. La réalité est que beaucoup de prairies, notamment celles de longue durée ou permanentes, comportent une assez faible proportion de légumineuses. Un apport d’azote raisonné permet d’en améliorer le rendement (ce qui est un objectif pour les éleveurs). L’enrichissement de ces prairies en légumineuses peut être tenté, via la rénovation. Mais il n’est pas toujours facile à réussir, surtout dans la durée. M. Moquet

01 avril 2022 par ARBUS

Bonjour, je trouve votre titre d'article mal choisi et biaisé dans une évolution de l'agriculture où il faudra passer en France de 2.,3 millions de tonnes d'engrais azotés /an à 0.5 million de tonne en 2050 (Rapport Solagro 2050) . Il faut toujours 1 tonne équivalent pétrole pour faire une tonne d'engrais azoté et les épandages d'engrais azotés causent des nuisances par leur transformation en protoxyde d'azote dans l'atmosphère et l'eutrophisation des eaux . Donc j'aurai souhaité un titre à votre article tel que :" Avec 35 à 50 % de légumineuses dans vos prairies , vous pouvez vous passer d'engrais azotés " Merci pour vos retours Jean-Roland ARBUS Ingénieur Agriculture et environnement Enseignant d'agronomie jean-roland.arbus@educagri.fr

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