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Inflorescence d’ambroisie à feuille d’armoise Lutte contre les adventices

Intervenir dès l’interculture pour gérer l’ambroisie à feuilles d’armoise

11 septembre 2017

Après les récoltes d’été, le développement d’ambroisies peut-être important dans les chaumes et conduire à une émission de pollen abondante. Repérage de la présence d’ambroisies, surveillance et vigilance sont recommandées. Les intercultures d’été sont des périodes propices à la destruction de cette plante, avant sa floraison, par voie mécanique ou chimique. L’objectif : diminuer les émissions de pollen tant en évitant d’accroître le potentiel semencier

Chaque année, l’ambroisie envahit les espaces laissés nus ou non entretenus, des zones agricoles et non agricoles. En zone agricole, c’est après les récoltes de céréales à paille, de colza et de pois protéagineux qu’elle couvre le plus de surface.

Sa destruction dans ces intercultures d’été vise à diminuer les émissions de pollen dans les secteurs agricoles tout en évitant d’accroître le potentiel semencier.

L’interculture d’été, une période propice

L’interculture d’été est une période très propice au développement de cette adventice. Après la récolte de la céréale à paille, du colza ou du pois protéagineux, l’ambroisie a le champ libre pour se développer. Il n’y a plus de concurrence et elle peut croître, aidée par sa bonne résistance à la sécheresse ; croissance d’autant plus importante et rapide s’il y a des pluies au cours de l’été, associées à des températures chaudes.

Heureusement, l’interculture est une période idéale pour combattre l’ambroisie en complétant la lutte en culture, qui s’est avérée parfois insuffisante ; l’objectif primordial étant d’empêcher la pollinisation et la grenaison.

Evaluer le risque sur les parcelles

Les niveaux d’infestations peuvent être très différents d’une parcelle à l’autre. Avant la récolte, les plantes restées jusqu’alors sous le couvert de la culture sont en état de vie ralentie. Avec le passage de la moissonneuse-batteuse, les plantes les plus grandes vont être coupées mais toutes, grandes et petites, vont aussitôt bénéficier d’une mise à la lumière, en l’absence de toute concurrence. Celles qui sont coupées vont produire de nouvelles tiges et toutes vont croître rapidement.

La présence d’ambroisie à la récolte peut avoir plusieurs origines :
• Levée en culture d’hiver dès mars-avril, en absence de contrôle par désherbage, elle reste à l’état latent sous la végétation.
• Un faible peuplement épi, lié à des difficultés d’implantation, zones de mouillères, ou compactées, ou un printemps sec, laissent de l’espace à l’ambroisie et permettent sa levée et sa croissance.
• Les passages de roues pour la pulvérisation et l’épandage d’engrais sont fréquemment infestés par les ambroisies de même que les bordures de champ.

A contrario
, un désherbage en culture réussi et une culture dense et homogène conduisent à de faibles risques de présence d’ambroisie.

Si la culture est déjà colonisée par l’ambroisie, l’intervention post-récolte est urgente car la pollinisation aura lieu quelques semaines après la récolte. Il est prudent de ne pas se fier aux dates calendaires repérées par habitude, la pollinisation pourrait intervenir dès la fin juillet.

En cas de non colonisation par l’ambroisie, l’agriculteur dispose de plus de latitude pour gérer l’interculture.

Le déchaumage pour détruire l’ambroisie et gérer le stock semencier

Le choix du déchaumage seul suppose qu’il n’y ait pas de vivaces sur la parcelle car son action conduirait à les multiplier.

Le déchaumage remplit deux fonctions :
• Détruire les ambroisies présentes avant floraison, les empêcher d’émettre du pollen et de produire des graines.
• Faire lever les graines d’adventices ou de la culture (pertes à la récolte) pour les détruire par la suite et diminuer ainsi le stock semencier. Cette fonction est surtout vraie pour d’autres adventices que l’ambroisie, car pour celle-ci, les levées en interculture sont quasi inexistantes.

Attention, les déchaumages n’ont pas toujours l’efficacité attendue pour les raisons suivantes :
• Travail trop profond ne laissant pas les plantes arrachées en surface. Ces ambroisies se repiquent et repartent en végétation suite à une pluie.
• Travail avec des outils non adaptés, écartement trop important entre dents, passages de roues sur-creusés, non travaillés.
• Travail trop grossier, peu favorable à la levée des adventices.
• Interventions trop tardives sur plantes trop développées difficiles à détruire.

Pour réussir le déchaumage et permettre la destruction des ambroisies présentes, il est donc conseillé de :
• Reprendre les passages de roues de façons spécifiques car ils vont nécessiter un outil et un réglage adapté.
• Sur le reste de la parcelle, travailler superficiellement en visant environ 5 cm. La totalité de la surface doit être déchaumée de façon homogène, ce qui peut nécessiter deux passages et des équipements adaptés : dents rigides combinées à des disques de nivellement, socs larges avec ailettes, disques plus serrés, à angles d’entrures plus élevés. Veiller au bon arrachage des plantes en les laissant en surface, pour permettre leur dessèchement.
• Faciliter les levées d’adventices grâce au rappuyage combiné au déchaumage (rouleau).
• Profiter de l’humidité résiduelle du sol sitôt après la récolte pour intervenir. En cas de récolte de la paille, profiter de pluie, mais il est impératif d’intervenir avant le stade butoir qu’est la floraison de l’ambroisie. Cela peut conduire à plusieurs passages ou une application herbicide. 

L’application d’herbicide, indispensable s’il y a des vivaces

En présence de vivaces sur la parcelle, de risque d’érosion en cas de pente, de difficulté de déchaumer sur un sol trop sec, l’intervention herbicide peut être privilégiée.

Il s’agit de détruire les adventices présentes : vivaces, ambroisies et autres adventices annuelles.

En présence de vivaces, seuls les produits systémiques sont efficaces, tels que le glyphosate majoritairement utilisé, herbicide total et non persistant.

Pour réussir la destruction des vivaces, il est préférable de les laisser redémarrer après la moisson afin d’avoir suffisamment de surface foliaire. Essayer de viser des conditions climatiques favorables : températures inférieures à 25°C et hygrométrie de l’air supérieure à 60 %.

Ces conditions sont rarement réunies en été, de préférence tôt le matin malgré tout. Il faudra de toute façon, intervenir avant le stade butoir de début floraison de l’ambroisie.

Intervenir assez tôt dans l’été. En effet, il a été remarqué dans les expérimentations réalisées sur le CREAS (Centre Régional d’Expérimentation Agricole St-Exupéry) que le traitement, malgré tout, bloque la croissance et le développement de l’ambroisie, entraîne un jaunissement de l’apex et empêche la pollinisation. C’est ce que l’on recherche dans un premier temps.

L’intervention paraît inefficace jusqu’à qu’une modification des conditions climatiques (pluie et rafraîchissement) permette la systémie du produit et la destruction définitive de la plante.

Pour lutter contre l’ambroisie, 720 g/ha de matière active glyphosate (soit 2 l/ha de produit dosé à 360 g/l) sont suffisants. Par contre, en présence de vivaces, il faudra adapter la dose à l’espèce la plus difficile à détruire.

La formulation SL des produits à base de glyphosate les rendant sensibles à la dérive, il est donc conseillé d’équiper les pulvérisateurs de buses anti-dérive. Le glyphosate est sensible à la présence d’ions calcium et magnésium dans la bouillie. Il est donc nécessaire de corriger les eaux dures avec du sulfate d’ammonium. On veillera également à réduire le plus possible le volume hectare (inférieur à 80 l/ha).

En cas de semis d’un couvert végétal en interculture

L’ambroisie est très sensible à la concurrence. Dans les essais de semis de couverts, il n’a pas été constaté de levée, ou très peu, alors que les levées d’autres adventices étaient denses.

Néanmoins, avant le semis du couvert, il est indispensable de détruire les ambroisies présentes par voie mécanique ou herbicide.

Intervention mécanique par déchaumage ou herbicide ?

Pour choisir entre l’une ou l’autre technique ou les deux, les principaux critères sont :
1- Présence ou absence d’ambroisie à la récolte de la culture en début d’été : la présence nécessite une intervention précoce.
2- Présence de vivaces sur la parcelle : à contrôler par un désherbant systémique.
3- Projet de semis d’un couvert : pour le réussir, il est nécessaire de travailler le sol pour créer un lit de semences et semer sur un sol propre, indemne d’ambroisie.

Ces trois critères une fois croisés aboutissent aux préconisations suivantes :



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