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Lin fibre Lin fibre de printemps

Travail du sol : assurer une structure favorable

01 mars 2012

Pour que le sol puisse assurer ses fonctions premières et que le lin en tire les éléments nécessaires à l'accomplissement de son cycle, il est nécessaire de lui assurer une structure adaptée.

Sommaire :

 ► Tenir compte des précédents
 ► Comment gérer une interculture
 ► Eviter de reprendre un sol humide
 ► Réduire les résidus de pailles de céréales
 ► Eviter les sols soufflés
 ► En production AB

Tenir compte des précédents


Le lin aime les terres limoneuses, profondes, bien structurées, à tendance légèrement acide. Les pires précédents sont les cultures qui laissent un sol irrégulier, au profil dégradé ou qui restituent un volume important de matière organique longue à se décomposer (maïs). Le meilleur est une céréale à paille.

Lorsque les récoltes d'automne sont difficiles et que les terres sont matraquées par les engins agricoles, les profils culturaux se trouvent dans un état qu'il convient donc d'aménager pour les rendre aptes à porter du lin la saison suivante.

Dans les parcelles les plus détériorées où les lins sont susceptibles d'être très irréguliers, ARVALIS Institut du végétalrecommande la réalisation d'un labour le plus dressé possible pour éviter les phénomènes de lissage.

Les techniques de travail du sol simplifié sont à réserver aux terres bien structurées. Elles sont intéressantes pour limiter le risque d'érosion dans les situations de coteaux. En réduisant le nombre de passages d'outils elles limitent les tassements et favorisent l'enracinement de la culture. Dans ces conditions, une vigilance accrue est requise vis-à-vis des ravageurs et des adventices.

Important !

Un apport de chaux ou de marne avant une culture de linc accentue les risques de carence en zinc.

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Comment gérer une interculture


Les cultures intermédiaires, en couvrant le sol, ont pour but principal de limiter le lessivage des nitrates et l'érosion des terres en période automnale. Au-delà, elles tiennent une place majeure dans les systèmes de culture en évitant les risques de battance et en encourageant une activité structurante compensant les facteurs de désorganisation (pluies, gels, travail intensif du sol, épandages, récoltes…).
Enfin, elles contribuent à la biodiversité en abritant les gibiers et certains auxiliaires des cultures.

Choix des espèces
   

Un choix pertinent des espèces doit être fait afin que le couvert ne pénalise pas le lin mais au contraire lui soit bénéfique : salissement, réduction de la pression des bioagresseurs.
     
Avant lin, les légumineuses sont à écarter en raison du risque "azote".
     
Les cultures intermédiaires qui présentent une croissance lente (seigle, phacélie) permettent une couverture plus longue mais présentent un risque de développement trop faible en début d’automne au moment du pic de minéralisation. Au contraire, les couverts qui se développent rapidement (moutarde, radis) sont très efficaces vis-à-vis de l’azote mais doivent être détruits plus rapidement. 

 Gestion de la biomasse produite

 La condition de réussite du lin suivant des couverts en intercultures réside dans une limitation de la croissance de la biomasse. Un développement modéré du couvert (2 t/ha de matière sèche soit environ 6 à 8 t/ha de matière fraîche) suffit pour prélever 40 à 50 kg/ha d’azote à l’automne. A ce stade, la hauteur d’une moutarde atteint 60 cm. Un développement plus important risque de pénaliser le lin, essentiellement par faim d’azote. A éviter absolument !

 Destruction

Un broyage des couverts à croissance rapide est donc souvent nécessaire. Les navettes, seigles, ray-grass et trèfles ne sont pas simples à détruire mécaniquement. L’usage de déchaumeurs à disques ou à dents permet de mieux gérer la destruction en apportant, si le sol est ressuyé, une aération de la terre. Les rouleaux Cambridge ou Cultipacker permettent souvent une destruction des couverts en période de gelées sur des espèces gélives (moutarde, phacélie).Les moutardes précoces, avec beaucoup de masse fibreuse, doivent être incorporées au sol par un travail peu profond pour une décomposition non néfaste au lin. Les débris végétaux doivent pouvoir évoluer au fil des mois. Avant lin, la destruction mécanique doit toujours se faire en conditions de portance optimales pour ne pas provoquer de compactage préjudiciable.

L’usage d’herbicides totaux comme le glyphosate doit être limité car ils demandent un minimum de 10 à 15 °C pour agir et leur présence sur des résidus de cultures intermédiaires enfouis avant décomposition peut nuire gravement à la croissance ultérieure du lin. Dans ces conditions, l’avoine ou le seigle sont à écarter.


Téléchargez ci-dessous (en bas de l'article), en pièce jointe, la liste des couverts végétaux disponibles et la synthèse sur les espèces utilisables sur lin.


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Travail du sol : éviter de reprendre un sol humide



La réussite de la culture dépend avant tout du moment de la reprise. En sols humides, les risques sont grands de créer des zones de lissages profondes que les racines ne peuvent traverser.

Dès lors, la culture peut être fortement pénalisée, particulièrement en terres argileuses, si une sécheresse se produit fin mai - début juin, à l'époque où les plantes montrent une croissance très active.

Mieux vaut donc se garder d'intervenir trop vite au risque de dégrader la structure.

Il convient de s'assurer que le ressuyage est bon sur une profondeur de 40 cm (humidité < 18 %) et qu'aucune pluie n'est annoncée dans les 48 heures avant la reprise des terres.

Important !

Préférer les outils à dents. Les outils à disques favorisent la formation des lissages qui arrêtent les racines.


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Réduire les résidus de pailles de céréales



De nombreux lins présentent des difficultés à croître à partir de 15 cm.

Dans la plupart des situations, il est observé la présence forte de pailles non décomposées au fond du labour à cause de leur mauvaise répartition. En terres séchantes, ces pailles mal décomposées empêchent la pénétration des racines. Celles-ci prolifèrent inutilement à faible profondeur sans valoriser les éléments nutritifs et l'eau situés en profondeur. ARVALIS Institut du végétal a mesuré des pertes de rendements en lin teillé de l'ordre de 5 à 70 % liées à ce phénomène.

De façon générale, il est recommandé de ne pas provoquer de bouchons de pailles au labour et, plus généralement, de ne pas cultiver des variétés de céréales à fort volume de résidus avant une culture de lin.

Lorsque les résidus de récolte des précédents sont abondants, ARVALIS Institut du végétal préconise :

- de réduire efficacement la taille des brins de paille pour en accélérer la décomposition
- la meilleure répartition possible de ces résidus sur l'ensemble de la surface pour en limiter la gène mécanique et éviter qu'ils ne s'accumulent par paquets au fond de la raie de labour.


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Eviter les sols souflés


La reprise du labour doit permettre la préparation d'une terre favorisant :

- une germination régulière et rapide,
- un bon développement du système racinaire.

Pour cela, la terre doit présenter le profil suivant :

- une zone profonde éclatée, appuyée et sans creux,
- un horizon superficiel présentant au moins 40 % de mottes comprises entre 1 et 5 cm mélangées à une terre fine.


Les trains d'outils combinés utilisés actuellement produisent souvent une terre trop fine, insuffisamment rappuyée. Il est conseillé d'équiper le tracteur d'un tasse-avant et de roues jumelées. En cas d'utilisation d'une herse rotative combinée au semoir, la vitesse de rotation doit être réglée au minimum (< 200 tours/min à 6 km/h). Pour la préparation du lit de semence, les travaux qu'ARVALIS Institut du végétal a menés en collaboration avec la Chambre d'Agriculture de Seine et Marne ont montré que l'introduction d'un outil de type packerflex ou d'une croskillette devant les socs donne les meilleurs résultats.


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En production AB

Le ramassage des résidus de la culture précédente est indispensable.

Il est préférable de réaliser plusieurs déchaumages après récolte pour permettre le déstockage des graines d’adventices, la dégradation des résidus de récolte et pour réduire la présence de ravageurs.

Il est possible d’implanter une culture intermédiaire durant l’hiver qui précède le lin. Il faudra la détruire et l’incorporer au sol au moins un mois avant l’implantation du lin pour assurer une dégradation totale du couvert et éviter la faim d’azote provoquée par l’activité des décomposeurs du sol.

La reprise du labour doit permettre d’obtenir des mottes inférieures à 5 cm en moyenne, avec un minimum de terre fine, sur 15 cm.

Un lit de semences de 5 cm d’épaisseur suffit, le but est d’obtenir 60 % de terre fine, les petites mottes protègeront le semis de la battance.

Un faux semis peut être réalisé mais attention à l’affinage excessif du lit de semence qui augmente les risques de battance, ainsi qu’au tassement du sol auquel le lin est très sensible.

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