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Stratégies de lutte anti-oïdium sur lin fibre Messagerie Hauts-de-France / Normandie

Lin fibre : surveiller l’oïdium pour intervenir si nécessaire

23 mai 2019

Dès que les lins sont proches de 30 cm, la surveillance attentive de l’état sanitaire des parcelles s’impose, en particulier vis-à-vis de l’oïdium. Son développement peut impacter la quantité et la qualité des fibres.

L’oïdium, ou moisissure blanche, se développe à la faveur de températures douces (entre 20 et 25°C) et une forte hygrométrie. Les températures étaient jusqu’à présent un peu fraîches mais la vigilance est de mise car le risque d’expression de la maladie peut être rapide.

Un début de campagne dans le frais

Depuis les premiers semis mi-mars, les températures sont fraîches et limitent le développement du lin. Pour rappel, en-dessous de 5°C, le développement de la plante de lin est nul.

Pour situer l’année 2019, le tableau 1 reprend les températures cumulées en base 5 depuis le semis (fixé au 28 mars) jusqu’au 20 mai, en comparaison avec la médiane des 20 dernières années.

Pour l’ensemble du secteur linier, les températures du mois d’avril et de mai sont plus fraîches que la médiane.

En ce qui concerne les pluies, les cumuls varient de plus ou moins 30 mm au maximum de la médiane selon les secteurs.

Tableau 1 : Cumul des températures et des pluies depuis le 28 mars jusqu’au 20 mai 2019, comparé aux 20 années précédentes sur la même période

Identifier les parcelles à risque

Compte-tenu des conditions de développement de l’oïdium, les parcelles abritées où la température est plus élevée et l’hygrométrie plus forte sont à surveiller. Avec le vent, l’oïdium peut se disperser rapidement dans une parcelle et d’une parcelle à l’autre. C’est pour cela qu’une parcelle à proximité de lin d’hiver est plus à risque.

Les parcelles semées en Bolchoï, une des variétés tolérantes à l’oïdium inscrites au catalogue français, sont moins à risque. Cependant, en cas de forte pression, il est possible d’observer sur cette variété des symptômes de la maladie.

Pour en savoir plus, consultez la fiche accident sur l’oïdium du lin.

Les stratégies de lutte à mettre en œuvre

L’offre variétale étant relativement limitée, la protection fongicide représente le principal levier pour diminuer l’impact de la maladie sur le rendement. ARVALIS travaille chaque année sur les meilleures combinaisons de produits fongicides possibles en fonction de la pression de la maladie (tableau 2).

Tableau 2 : Fongicides homologués sur le lin fibre pour lutter contre les maladies (efficacité et conditions d’application)

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

L’évaluation du risque et la stratégie de lutte se fait à la parcelle. Il faut effectivement raisonner les interventions en fonction de la pression maladie, du stade de la culture, des conditions de végétations. A noter que certaines spécialités peuvent perturber la croissance des lins.

Tableau 3 : Exemple de programmes possibles

La rémanence des fongicides anti-oïdiums est évaluée à environ 3 semaines. Le dernier traitement peut être réalisé jusqu’au stade préfloraison. Attention, une intervention après ce stade peut empêcher la mise en place du rouissage.

Information réglementaire
Déjà autorisé sur lin fibre, Nissodium est désormais autorisé sur lin oléagineux, ce qui ouvre la possibilité d'utiliser en alimentation animale les graines de lin fibre traité.
pour rappel, ce produit est limité à une seule application par campagne à 0,5 l/ha max, avec possibilité de fractionner la dose en 2 traitements (avec 0,25 l/ha max par traitement).

Septoriose : risque faible

Concernant la septoriose, les faibles pluviométries de l’hiver et du printemps sont défavorables à son développement.

Pour rappel, cette maladie s’incube en début de cycle (levée et 10 cm) si les conditions climatiques sont favorables (forte humidité, températures douces et des pluies régulières). Ce sont les pluies régulières du printemps qui font monter la maladie étage par étage par effet splash sur les feuilles. Les symptômes s’expriment souvent en fin de cycle au moment de la floraison avec l’apparition de brunissure sur les tiges, des taches noires et rondes sur les feuilles.

Sur lin de printemps, le risque septoriose étant très faible, une intervention avec du Score est inutile. En cas de présence de symptôme, l’intervention permettra de stopper le développement de la maladie mais ne sera pas curative. De plus, son action sur l’oïdium est très faible.

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