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Semis de lin d’hiver Messagerie Normandie / Hauts-de-France

Lin fibre : préparer les semis d'automne

24 septembre 2020

L'heure est bientôt au semis du lin d'hiver. Cette étape reste primordiale dans la réussite de la culture. Zoom sur les points-clés à avoir en tête : préparation du sol, dates et densités de semis, désherbage.

La culture de lin fibre d’hiver a l’intérêt de pouvoir être semée dans des sols plus superficiels que ceux nécessaires pour le lin de printemps. Néanmoins, les conditions particulièrement sèches du moment ne favorisent pas une implantation optimale, elles rendent les préparations de sol difficiles voire impossibles dans les terres argileuses. Le risque de levées hétérogènes est grand.

Les pluies annoncées cette fin de semaine seraient donc favorables à une bonne germination des graines. Il est donc essentiel de ne pas aller trop vite.

Veiller à la structure du sol pour un bon développement racinaire

La structure du sol lors du semis est un élément indispensable à contrôler pour garantir un bon enracinement de la plante. Cela conditionne en grande partie la résistance de la culture au froid. En conditions hivernales difficiles, une hétérogénéité de structure de sol sera à l’origine de dégâts accrus liés au gel.

Le risque de battance est également un élément à surveiller pour éviter une levée perturbée des plantes. Le déchaussement des plantes fragilise la culture vis-à-vis du froid et des dégâts causés par les bioagresseurs.

Quand semer ?

Le raisonnement de la date de semis du lin fibre d’hiver doit tenir compte du risque de gel selon le dévelopement de la culture. L’objectif est en premier lieu d’obtenir des plantes bien enracinées, d’une hauteur d’envriron 5 à 7 cm pour résister au froid. Dans un second temps, il s’agit empêcher les lins de rentrer en croissance active pour éviter les dégâts de gel. Les cellules de la plante deviennent en effet turgescentes au-delà du stade 10 cm.

Pour caler les dates de semis, il faut permettre au lin :
- d’atteindre 250°C jour (base 5) avant la première gelée (Tmin=0°C) (figure 1).
- de gagner encore 250°C jour jusqu’à atteindre 7 cm avant les gelées plus fortes ( Tmin < ou = -5°C) (figure 2).

Figure 1 : Date médiane d’apparition du premier jour avec une température inférieure à 0°C sur les 20 dernières années (1999-2019) entre le 1er octobre et le 1er mars


Figure 2 : Date médiane d’apparition du premier jour avec une température inférieure à -5°C sur les 20 dernières années (1999-2019) entre le 01/10 et le 01/03

Tableau 1 : Préconisation des dates de semis des lins fibre d’hiver par régions climatiques

Une période de gel survenant brutalement et précédée de températures douces empêche les plantes de s’endurcir au froid. L’intensité des dégâts sur lin dépend de l’écart de température à l’apparition du froid. Plus l’écart des températures journalières lors des premières gelées est important plus les dégâts occasionnés sur la culture seront préjudiciables.

Quelle densité de semis ?

La densité semée ne doit pas être supérieure à celle d’un lin de printemps car la levée, en terre réchauffée, ne souffre en général d’aucune perte et se fait sous une huitaine de jours. Visez une densité de peuplement autour de 1600 plants levées/m².

A noter que le lin fibre d’hiver nécessite une gestion rigoureuse des pailles du précédent. Un déchaumage précoce est souvent nécessaire pour accélérer leur décomposition. Leur enlèvement est recommandé pour limiter la mobilisation d’azote inhérente à leur dégradation et pour ne pas ralentir la croissance du lin.

Tableau 2 : Densité de semis en kg/ha (lin fibre de printemps selon) le PMG et le nombre de grain/m²

*Terres argileuses, froides

Le désherbage s’anticipe dès le semis

Le panel très restreint de solutions en végétation pour lutter contre les adventices oblige à placer l’agronomie au cœur du raisonnement. Par exemple, la mise en place de faux-semis durant l’interculture permet de réduire de manière conséquente les adventices. Cela n’est cependant pas suffisant pour éliminer la concurrence et la nuisibilité de la flore présente dans les parcelles.

En cas de fortes infestations de graminées difficiles et/ou résistantes

Les interventions de pré-semis

Dans les situations de forte infestation de graminées (vulpies, ray-grass, vulpins…) avec ou non la suspicion d’une résistance, l’anticipation des problèmes en cours de végétation est primordiale. L’utilisation d’AVADEX 480 (triallate), en incorporation lors du semis, est l’une des meilleures stratégies. Avec environ 80 % d’efficacité sur la flore graminée, son utilisation est un levier indispensable mais ne dispense pas de rattrapage en cours de végétation dans les situations critiques. Pour optimiser son efficacité, il convient d’épandre le produit sur un sol homogène et de l’incorporer le plus rapidement possible le jour du semis.

Les interventions de prélevée 

Le manque de données sur le transfert des molécules dans les eaux souterraines empêche l’utilisation de la sulcotrione (DECANO) et de la mésotrione (CALLISTO ou CALLIPRIME XTRA) en période automnale.

Stratégie de rattrapage au cours de l’automne

Dans la situation d’une forte infestation de graminées, il est encore possible d’intervenir avant l’hiver L’utilisation de spécialités à base de cléthodime (SELECT, FOLY R, CENTURION R…) associées avec de l’huile végétale et de l’ACTIMUM est envisageable si les conditions climatiques le permettent (absence de gel, faible amplitude thermique).

Si l’infestation est modérée, la présence de graminées à cette période de l’année ne pose pas de problème à la culture du lin. Au moment de la reprise de végétation, il est alors possible d’intervenir contre les dicotylédones ou les graminées en fonction de la flore présente.

Figure 3 : Propositions de programmes de désherbage sur lin fibre pour lutter contre les graminées

En cas de fortes infestations de dicotylédones

Dans la situation d’une forte infestation de dicotylédones, il est encore possible d’intervenir avant l’entrée de l’hiver avec CHEKKER (Amidosulfuron et iodosulfuron).

Lors de la reprise de végétation, il est possible d’intervenir soit contre les dicotylédones ou les graminées en fonction de la flore présente, avec une préférence pour les anti-graminées dans un premier temps. S’il s’avère nécessaire de revenir avec un anti-dicotylédone, il est conseillé de cibler la flore dominante.

Figure 4 : Propositions de programmes de désherbage du lin d’hiver pour lutter contre les dicotylédones

Conditions d’utilisation de certaines spécialitésDans le programme présenté, CHEKKER est recommandé mais attention, son utilisation est interdite en sols drainés ayant une teneur en argile supérieure à 45 %.
Il est aussi conseillé d’éviter l’utilisation de BASAGRAN SG dans les zones de captages classées AAC ou AAC Grenelle.
Concernant l’utilisation du GRATIL (Amidosulfuron), la réglementation actuelle autorise une seule application par an pour un usage au printemps et une seule application tous les 2 ans pour un usage automnal afin d’éviter deux applications successives du produit à l’automne puis au printemps.

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