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Adventices dans un champ de lin Lin fibre de printemps

La réussite de la culture passe par une bonne maîtrise des adventices

20 mars 2014

La réussite du désherbage est un des points clés de l’itinéraire cultural car la plupart des adventices représentent une concurrence importante pour le lin à tous les stades. Les exigences qualitatives des filateurs et des tisseurs et le contexte réglementaire phytosanitaire incitent à une forte complémentarité des moyens de lutte.

SommaireLa nuisibilité des adventices au coeur du raisonnement
Raisonner le désherbage dans la rotation
Adapter la lutte herbicide au contexte
Ne pas négliger le désherbage mécanique

La nuisibilité des adventices au cœur du raisonnement

Dès les premières semaines de son cycle, le lin est très sensible à la concurrence des adventices car il est peu couvrant. Rapidement, les mauvaises herbes entrent en compétition avec le lin pour la lumière, l’eau et les éléments minéraux. Elles peuvent parfois générer une verse et représenter une gêne importante pendant le rouissage, aux différentes étapes de la  récolte :

► repousses de colza, chénopodes ou arroches soulèvent les andains de pailles. Le rouissage est perturbé, les pailles de lin sont dérangées et offrent une importante prise au vent après retournage.

► renouées des oiseaux, renouées liseron ou mourons retiennent les andains au sol. L'avancement des machines de récolte est ralenti.

Au plan qualitatif, la moindre tige de renouée, de chénopode ou de folle avoine dans les pailles de lin peut entraîner un déclassement sans appel des matières après teillage. Car ces adventices sont elles aussi riches en fibres. Au même titre que les tiges de lin, elles subissent le rouissage et le teillage. Les fibres qui en sont extraites ayant une composition différente des fibres de lin, elles polluent irrémédiablement les fils et les tissus.

Pour éviter que cela ne se produise, l'obtention d'une linière propre doit être un objectif prioritaire !


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Raisonner le désherbage dans la rotation

La lutte contre les adventices se gère durablement à l’échelle de la rotation. L’objectif est de réduire le stock semencier en conjuguant :

Le maintien du sol dans un état favorable

Un sol actif biologiquement et drainant est propice à une croissance végétale vigoureuse qui permet aux cultures de mieux livrer concurrence aux mauvaises herbes.

L’alternance des cultures d'automne / printemps et monocotylédones/ dicotylédones

La rotation des cultures permet de casser la dynamique d'évolution des mauvaises herbes en alternant les périodes de semis, d'éviter la spécialisation de la flore, et de disposer de méthodes de contrôle supplémentaire à travers des techniques d'implantations différentes, et l'utilisation d'herbicides de famille chimique différente.

Des mesures générales d’assainissement

Le nettoyage correct de la moissonneuse-batteuse après la récolte d’une parcelle infestée permet de réduire la dissémination des mauvaises herbes. Dans le même esprit, l'élimination des adventices le long des clôtures, des chemins et des zones non cultivées les empêchent de se disséminer jusque dans les zones cultivées.

Le travail du sol

Le déchaumage et le faux-semis diminuent la pression de mauvaises herbes en stimulant leurs levées  en interculture. Le labour est efficace contre les espèces à taux annuel de décroissance élevé telles que les ray-grass, bromes, ou gaillets. Il enfouit profondément les graines de certaines adventices comme le vulpin et inhibe leur germination.

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Adapter la lutte herbicide au contexte

La protection herbicide du lin fibre se raisonne également à la parcelle. Elle implique de prendre des décisions rapides prenant en compte le type de sol, la flore adventice, le stade du lin, l’efficacité et la sélectivité des solutions de lutte envisagées et les conditions d’intervention. De nombreux moyens de lutte contre les adventices sont homologués sur lin fibre. Ils sont mentionnées dans le tableau ci-après et dans le dépliant ARVALIS - Institut du végétal 2013 « Variétés et protection ».


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Téléchargez en pièce jointe en bas de l'article le tableau des herbicides homologués sur lin fibre.

Ci-dessous, le schéma indique quels sont les principaux herbicides conseillés à chaque stade de la culture en fonction de la flore adventice rencontrée

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Le lin fibre de printemps offre 3 stratégies de désherbage :

► en prélevée seule pour les situations simples avec capselles, chénopodes, matricaires, morelles noires, renouées persicaires, quelques véroniques, etc
► en post-levée seule dans les rares situations ou la prélevée est déconseillée,
► en combinant prélevée et post-levée pour les situations complexes avec arroches, coquelicots, gaillets, laiterons, renouées liseron ou des oiseaux, etc.

Privilégier la lutte en pré-semis / prélevée

ARVALIS - Institut du végétal recommande vivement cette stratégie qui permet de s’affranchir du stade du lin et qui ne souffre pas de problème de sélectivité, sauf dans les terres les plus légères.

La prélevée constitue une solution sécurisante, nécessaire dans les parcelles :

► sales, infestées de dicotylédones,
► avec des dicotylédones fortement concurentes du lin (arroches, chénopodes, renouées des oiseaux, etc),
► avec des adventices difficiles à maîtriser uniquement en post-levée (aroches, pensées, rumex, etc).

En cas de présence supposée de graminées (folle avoine, pâturin annuel, ray-grass , vulpin), un traitement spécifique avec une spécialité incorporable en pré-semis peut s’avérer particulièrement efficace.

Pour une bonne efficacité, il convient de traiter le plus près possible du semis, au plus tard 72 heures après, car l'efficacité des produits requiert un sol humide en surface. Attention, le traitement en pré-levée n'est pas indiqué pour les sols filtrants. Les risques de transferts des produits vers les cours d'eau sont trop grands.

Post-levée seule : quand la prélevée n’est pas possible

Cette stratégie s’impose dans les situations non favorables à la prélevée. Elle permet de naviguer à vue mais présente certaines limites. Elle est bien adaptée aux parcelles peu enherbées, à condition de pouvoir intervenir sur des adventices jeunes (stade cotylédons – 2 à 3 feuilles), en conditions poussantes et en situations de faibles amplitudes thermiques pour lui conserver une bonne sélectivité.

Pour une bonne sélectivité et une efficacité optimale, il faut :

► Traiter sur des adventices jeunes (cotylédons – 2 à 3 feuilles).
► Intervenir sur un couvert en bon état végétatif.
► Vérifier le bon enracinement du lin avant toute application d’une solution herbicide à action racinaire. Les racines doivent être pivotantes et ne doivent pas foisonner dans l’horizon superficiel.
► S’abstenir d’intervenir en conditions de fortes amplitudes thermiques entre le jour et la nuit (15-20°C le jour et moins de 5°C la nuit).
► Ne jamais mélanger des solutions herbicides antidicotylédones et antigraminées foliaires
► Respecter un délai de 10 jours entre deux applications.

Prélevée puis post-levée : faire jouer la complémentarité

Il s’agit d’intervenir en prélevée à la dose homologuée puis de revenir si nécessaire en post-levée pour combattre, à un stade jeune, les adventices dicotylédones non contrôlées et/ou les graminées. Les solutions utilisables en prélevée ne présentant pas d’efficacité contre ces dernières, leur contrôle nécessite un traitement spécifique avec une spécialité antigraminées foliaire.

Pour une bonne efficacité, il convient d'intervenir autant que possible sur des adventices jeunes, autour des stades 3 feuilles - début tallage.

Conseils pour réussir le désherbage► Raisonner le désherbage dans la rotation.

► Proscrire les parcelles présentant un salissement marqué et celles avec des précédents tels que la pomme de terre ou la chicorée, susceptibles de générer de nombreuses repousses difficiles à contrôler et un désherbage trop "mordant", générant une phytotoxicité.

► Réussir l'implantation : un bon semis favorise une levée rapide et homogène des lins. Ces derniers concurrencent alors mieux les adventices et les interventions de désherbage sont facilitées en raison de l'uniformité du couvert.

► Connaître la flore des parcelles pour adapter au mieux le désherbage.

► Désherber en pré-semis / prélevée puis compléter si nécessaire par un traitement en post-levée en fonction de la flore présente.

► Eviter les fausses économies (impasses, réductions de doses...) qui peuvent avoir des répercussions catastrophiques sur les rendements et sur les qualités des productions.

► Bien rincer le pulvérisateur avant d'intervenir sur lin. Dans les situations à risque de phytotoxicité élevé (ex : application de sulfonylurées ou d'hormones sur d'autres cultures), le rinçage du pulvérisateur en 3, voire 4 séquences, est indispensable. Plus le rinçage est fractionné, plus il est efficace.

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Ne pas négliger le désherbage mécanique

Les évolutions réglementaires concernant les herbicides et le développement des résistances à certains d’entre eux incitent à combiner, dans la rotation, les moyens agronomiques et mécaniques pour limiter la pression des adventices et pour compléter l’action des solutions herbicides. En complément du désherbage chimique, le désherbage mécanique offre un intérêt réel sur de nombreuses adventices, en particulier sur les crucifères, les arroches, les fumeterres. On peut désherber mécaniquement du lin fibre en réalisant un passage entre les stades 2 et 5 cm. La période d’intervention est courte. La herse étrille, la houe rotative et la bineuse sont des matériels bien adaptés au lin, semé en lignes.

Herse étrille Houe rotative

Pour plus d'informations, vous pouvez consulter le dépliant Lin Fibre : Variétés et protection - 2013

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