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Transfert de produits phytos

Limons battants : attention au ruissellement

26 décembre 2013

Les limons battants sont souvent sujets au ruissellement, qui favorise le transfert de produits phytosanitaires. Tour d'horizon des solutions permettant de limiter les risques.

Le ruissellement dû à la battance concerne les limons situés en Normandie, Picardie, Nord-Pas-de-Calais, Alsace, localement Rhône-Alpes et les boulbènes du Sud – Ouest. Les limons battants sont très sensibles à l’effet « splash » des gouttes d’eau qui déstructurent les mottes de terre et produisent de la sédimentation de surface qui referme la surface du sol. La perméabilité de surface diminue et du ruissellement se produit lors de pluies ultérieures. Il est susceptible d’entraîner des produits phytosanitaires dans sa phase soluble ou dans sa phase particulaire. Les produits à fort coefficient d’adsorption (Koc) seront préférentiellement entraînés sur la phase particulaire, alors que les produits à faible Koc se retrouvent dans la phase soluble du ruissellement.

Au printemps et en hiver

Le printemps est une grande période de ruissellement - qui parfois conduit à de l’érosion - notamment dans les cultures de printemps qui ne couvrent pas le sol et pendant lequel les orages d’avril, de mai ou de juin, peuvent provoquer des évènements importants. Toutes les régions sont concernées.

Dans les régions à forte précipitation hivernale, les phénomènes de ruissellement s'observent en automne - hiver sur culture d’hiver. Ainsi, le ruissellement hivernal est particulièrement marqué dans les régions océaniques telles que la Normandie.

Au printemps ou en hiver, les herbicides appliqués avant une période de ruissellement seront tous transférés. Il est vrai que des produits appliqués à faible grammage/ha seront moins transférés que ceux appliqués à fort grammage mais ils seront quand même transférés.

Identifier le devenir du ruissellement

Le ruissellement est-il en liaison directe avec un point d’eau ou fossé, un chemin ou une route qui rejoint un ruisseau ? Atteint-il une zone d’infiltration rapide vers une nappe souterraine ? Débouche-t-il sur une autre parcelle de limon battant où le ruissellement va s’amplifier ? Une fois, la destination du ruissellement identifiée, un certain nombre de solutions peuvent être mises en oeuvre pour le réduire ou le supprimer.

Des pistes pour éviter les transferts

Les premières solutions à adopter sont intra-parcellaires et d’ordre agronomique. Il faut éviter de préparer des lits de semence trop affinés et préférer les préparations qui laissent des mottes en surface. Il faut éviter de rouler les parcelles et de tasser le sol en surface. Dans les rotations où cela est possible, le semis direct apporte en quelques années une meilleure perméabilité du sol et une meilleure stabilité structurale avec la concentration de la matière organique en surface. La présence d’un mulch à la surface du sol ainsi que des résidus de récolte permettent d’atténuer et de supprimer à terme l’effet déstructurant des gouttes de pluie sur les agrégats de surface.

Les autres solutions concernent l’organisation du paysage et des parcelles avec des sols battants. La mise en place de zones tampons (bandes enherbées, haies sur petites bandes enherbées) en aval des parcelles sensibles au ruissellement est un moyen efficace pour le retenir et l’épurer. Entre deux parcelles de cultures de printemps, l’implantation au cours de l’automne précédent d’une zone tampon cultivée en blé de la largeur du pulvérisateur est moins contraignante que la mise en place d’une bande enherbée. Dans le cas de grandes parcelles, il peut être nécessaire de couper une longue pente par une bande enherbée de quelques mètres de large en début de rupture de pente pour éviter des ruissellements érosifs. Enfin, réaliser un damier de cultures d’hiver et de printemps réduit les ruissellements en cascade.

Pour en savoir plus sur les facteurs de risque de transfert de pesticides dans les cours d'eau, cliquez sur le lien.

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2 commentaires 29 décembre 2013 par BENOIST

La vue d'ensemble, c'est à nous de l'avoir sur nos terres. C'est vrai que la charrue est un bon outil pour désherber (la dernière a quitté la ferme en 1992...) mais c'est vrai aussi qu'il est contraignant de faire une bande de culture différente, voire improductive, juste dans la bordure de notre champs. Alors qu'il est tellement plus simple et plus rapide (et donc moins couteux) de travailler toute la parcelle de la même façon... En réalité, il n'y a pas une solution qui soit parfaite : le non labour a ses avantages mais aussi des inconvénients, comme le labour ! Nous devons continuer à rechercher les causes et les conséquences de nos façons culturales en gardant bien en tête et en expliquant à qui veut l'entendre, qu'aucune solution parfaite et absolue n'existe !!! Sinon, la pensée unique politiquement correcte actuelle finira par nous dicter ce que nous devons semer, quand et comment le faire et pas autrement ! et là, nous n'aurons plus grand choix... A nous de nous former, de rechercher et d'appliquer les différentes solutions connues et c'est là toute la complexité de l'agronomie... et l'intérêt du métier !

27 décembre 2013 par GUYOT

ces sols ne devraient jamais être nu. Une culture ou un couvert est la seul solution, au moins jusqu'au moment ou le niveau d'humus rejoue son rôle.Maintenant pour faire passer le message...surtout quand on parle d'un labour comme solution dans l'article sur "la résistance variétale contre les maladies", il manque une vu d'ensemble, et surtout des priorités dans les articles....

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