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Irrigation de pommes de terre Irrigation des pommes de terre

Adapter la stratégie de gestion de l'eau à la variété

01 août 2014

Le comportement des variétés varie face aux stress hydriques, ce qui offre une clé supplémentaire d’adaptation des stratégies d’irrigation des pommes de terre. Le dispositif expérimental de 2013 est reconduit en 2014 mais livre déjà des pistes.

Le comportement des variétés de pommes de terre serait suffisamment différent face aux stress hydriques pour proposer des règles d’adaptation des stratégies et des conduites d’irrigation selon les contextes, que la ressource en eau soit suffisante ou que les volumes d’eau soient restrictifs. C’est l’un des principaux résultats d’un essai conduit en 2013 et reconduit en 2014. Cinq variétés, précoces à demi-précoces : Marabel, Agata, Lady Claire, Innovator et Bintje, sont soumises à cinq régimes hydriques dans le dispositif expérimental d’ARVALIS – Institut du végétal à Villers-St-Christophe (02) : T0=non irrigué, T1=bien irrigué, T2,T3 et T4 étant 3 modalités d’irrigation destinées à tester des stratégies d’apport différentes avec un volume limité à 720 m3/ha, restrictif 3 années sur 4 pour Lady Claire (cf encadré).

Marabel, variété à faible biomasse et à début de sénescence précoce, a mal supporté un stress hydrique même modéré en début de cycle pendant la mise en place du couvert et en fin de cycle en fin de remplissage des tubercules. Les autres variétés à biomasse plus élevée et à début sénescence plus tardive, Lady Claire et Innovator, ont mieux toléré ces deux types de stress.

Rendement, biomasse foliaire : les variétés répondent différemment à l’eau

Marabel valorise bien l’irrigation pourvu que cette variété soit irriguée aussi pendant la phase de mise en place du couvert et pendant le remplissage des tubercules : toute irrigation manquante pendant la mise en place du couvert ou pendant la fin du remplissage des tubercules a un effet négatif sur le rendement. La suppression de l’irrigation du 11/06 pour T3 (et du 20/06 pour T4) a provoqué un ralentissement de la croissance et un défaut de couverture foliaire par rapport aux traitements T1 et T2 recevant ces irrigations.

Le début de sénescence du couvert intervient plus tôt en condition bien irriguée (T1) pour cette variété que pour Lady Claire et Innovator. Marabel a donc probablement des possibilités limitées pour compenser en fin de cycle un défaut de croissance précoce compte tenu de son cycle court. Sa faible biomasse foliaire doit également jouer dans le même sens comme, probablement, son faible indice foliaire. Pour Lady Claire, au contraire, les 3 modalités irriguées avec 720 m3/ha (T2, T3, T4) fournissent un meilleur rendement que la modalité pluviale T0 et équivalent à la modalité bien irriguée T1. Cette variété, même si elle subit un stress hydrique pendant la mise en place du couvert, compense au moins en partie, et en tous cas mieux que Marabel, ce défaut de croissance précoce pendant le remplissage des tubercules.

Le comportement d’Innovator est identique à celui de Lady Claire. Mais cette variété présente une tendance à un défaut de croissance des tiges et feuilles de T1 par rapport à T3 et T4, accompagné d’une baisse de rendement en tubercule.

Des résultats à confirmer en 2014

Ces premiers résultats apportent des enseignements pour les conduites d’irrigation dans le contexte de ressource en eau suffisante comme dans des contextes de volume en eau restrictif. Il faudrait donc, par exemple, éviter toute situation de stress hydrique, même modéré, pour Marabel : cette variété serait donc prioritaire en cas de concurrence par rapport à l’eau d’irrigation. Les variétés Lady Claire et Innovator seraient plus tolérantes. Il faudra cependant bien vérifier que le cahier des charges qualité soit respecté pour chacune de ces variétés. Les comportements de ces variétés aux irrigations ont été constatés en 2013 et restent évidement à être confirmés. Un essai du même type est en cours en 2014 et sera suivi d’une synthèse.

2013, un déficit hydrique médian
La campagne 2013 a été marquée par un déficit hydrique climatique cumulé médian. Deux périodes affichent un déficit marqué : pendant la mise en place du couvert de fin mai au 20 juin et pendant la phase plateau et le remplissage des tubercules du 30 juin au 25 juillet. La fin du remplissage des tubercules durant le mois d’août a été plus tempérée. La première irrigation de la modalité « bien irrigué » T1 a eu lieu le 11 juin pendant la mise en place du couvert. Les irrigations du 13 juillet, 19 juillet et 24 juillet ont bien couvert la seconde période sèche. Par contre, les irrigations du 20 juin et 7 août ont été peu efficaces car suivies de pluies importantes : la dose optimale du « bien irrigué » aurait donc été de 100 mm au lieu des 140 mm apportés. Difficile de le prévoir lors du déclenchement les irrigations !

Des stratégies affinées grâce aux travaux précédentsLes modalités T2, T3 et T4 sont issues d’un travail d’expérimentation et de simulation conduit depuis 2007 (EauptionPlus). Les règles ont été affinées et les simulations nous ont permis d’enrichir les règles en tenant compte de la variable « volume restant ». Pour la modalité T2, le calendrier d’irrigation est identique à celui de la modalité « bien irrigué », les irrigations sont arrêtées quand le volume de 720 m3/ha est épuisé. Le risque de ce type de stratégie est bien sûr le stress hydrique dans la deuxième partie du cycle cultural, stress qui va, de plus, intervenir sur un couvert foliaire très développé. 

Les stratégies T3 et T4 sont a priori souvent mieux adaptées. Elles ont pour objectif de répartir le volume limité de 720 m3/ha au mieux sur le cycle cultural en évitant tout stress hydrique fort et en tenant compte des périodes de plus grandes sensibilités au stress hydrique des variétés. En T3, les irrigations peuvent commencer dès l’initiation de la tubérisation si la réserve facilement utilisable du sol est épuisée. La dose unitaire est réduite à 18 mm pour augmenter le nombre d’irrigations (4 irrigations de 18 mm) et le temps de retour entre deux irrigations (9 jours au lieu de 7 jours pour la modalité « bien irrigué »). Tout cela permet de répartir ce volume sur la plus grande longueur du cycle cultural possible. Les irrigations de la modalité T4 démarrent plus tard, après la fermeture des rangs. Le temps de retour entre deux irrigations est plus faible, 7 jours, car la période d’irrigation est réduite par rapport à celle de la modalité T3.

Cet article est issu l’édition de juin 2014 d’ARVALIS Infos – Innovations et performances pour la pomme de terre.

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