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Taches de septoriose sur une feuille de blé Céréales et maladie

Limiter le nombre de SDHI par campagne

14 décembre 2012

S’ils ont prouvé leur efficacité en cas de forte pression maladies comme en 2012, les SDHI, nouvelle famille de molécules fongicides, doivent être utilisés avec raison dans les programmes. Objectif : prévenir l’apparition de résistances chez les pathogènes, comme ce fut le cas notamment avec les strobilurines.


Progrès en matière d’efficacité de la protection et diversification des modes d’action : voici les deux atouts des SDHI (inhibiteurs de la succinate déshydrogénase) de nouvelle génération. Cinq spécialités sont aujourd’hui homologuées (tableau 1). Trois d’entre elles appartiennent à BASF Agro et sont à base d’époxiconazole. Les plus anciennes, Bell puis Bell Star, y associent du boscalid. Viverda contient en plus de la pyraclostrobine. Adexar intègre pour sa part un autre SDHI, le fluxapyroxad. Bayer Agro commercialise de son côté le bixafen en association avec du prothioconazole dans Aviator Xpro, auquel vient s’adjoindre du tébuconazole dans Skyway Xpro. Un certain nombre de produits, dont le BAS 702 F à base d’époxiconazole, de fluxapyroxad et de pyraclostrobine, sont en attente d’homologation. Plus chers au litre que leurs concurrents (tableau 1), ces spécialités valent néanmoins le détour.

Du rendement en plus

Contre la septoriose sur blé tendre ou l'helminthosporiose sur orge, les essais de 2012, année à forte pression parasitaire (25 q/ha de nuisibilité en moyenne sur blé tendre), ont démontré l’intérêt de cette nouvelle famille de produits. Les résultats 2012 du réseau Performance, qui s’intéresse plus particulièrement à la septoriose du blé tendre, sont tout particulièrement probants. Sur les 43 essais ayant bénéficié de mesures de rendement et d’efficacité, la réponse moyenne à l’utilisation des fongicides en programme à deux traitements a été de l’ordre de 25 q/ha contre 10 q/ha environ en 2011 sur une série équivalente. L’apport d’un SDHI (Cherokee puis Adexar) par rapport à la référence (Cherokee puis Opus New + Pyros) a ajouté 10 % d’efficacité et 4 q/ha en plus pour un coût supplémentaire de 5 €/ha. L’intérêt d’ajouter un second SDHI s’est avéré logiquement plus limité. Cette stratégie a toutefois amené une progression supplémentaire de 3 points d’efficacité et 2 q/ha bruts… Même s’il a fallu dépenser 13 € de plus. Compte tenu de la forte pression septoriose de 2012, l’application d’un deuxième SDHI s’est avérée rentable, le bénéfice économique étant d’1,3 q/ha.

1 euro pour 1 euro

Malgré leurs prix élevés, ces nouvelles molécules se montrent donc tout à fait compétitives par rapport aux solutions existantes, à condition d’adapter les doses au niveau de pression des maladies et à la variété. L’option la plus « pragmatique » consiste à substituer dans les programmes 1 euro d’un fongicide classique par 1 euro de SDHI. Dans la continuité de ce qui est fait habituellement, cette attitude ne présente pas de risque, vu la performance de ces nouvelles substances actives. Cette stratégie participe également à la diversification des modes d’action. Mais il est aussi possible d’accompagner l’embellie sur les prix des céréales par une légère augmentation de la protection fongicide. Miser sur les SDHI constitue alors l’un des meilleurs choix possibles, surtout en cas de forte pression septoriose.

Un seul site d’action

Si les SDHI ont parfaitement leur place dans les programmes de traitement, il est toutefois nécessaire de ne pas en abuser. Ces molécules n’agissent sur les différents champignons que sur un seul site et sont donc potentiellement assez faciles à contourner. Pour gérer au mieux l’apparition de résistances et allonger la durée de vie de ces produits, il est préférable de ne pas doubler ce type de solutions dans les programmes… Malgré le bénéfice qui peut en résulter certaines années, dans certaines régions et dans les situations agronomiques où la pression parasitaire est la plus forte. Il vaut mieux dans ce cas optimiser les programmes de traitement en augmentant la dose du T1 voire du T2, par exemple, ou en optant pour un T1 encore plus performant sans SDHI et à coût identique.

En T2 sur blé tendre

C’est a priori en T2 que l’utilisation de ces molécules est la plus opportune, dans le cadre d’un programme à deux ou trois traitements. Elles pourraient également occuper le segment des T1. Celui-ci est toutefois déjà couvert par les associations à base de chlorothalonil, moins faciles à utiliser autrement. Or il est crucial de valoriser les différents produits existants dans le cas de la lutte contre l’apparition des résistances. Mieux vaut donc positionner les SDHI en T2, ce que valide l’expérience « boscalid », dont l’action est favorisée par ce type de positionnement. Les solutions autres que SDHI ne sont pas disqualifiées sur ce créneau. Certaines solutions contre la septoriose présentent un rapport qualité-prix équivalent. Par exemple, Osiris Win + Bravo (mélange en attente d’autorisation) peut rivaliser avec Adexar. Sur rouille brune, les strobilurines associées à des triazoles conservent tout leur intérêt. Les SDHI ne méritent donc pas d’être systématiquement généralisés.

Y associer une strobilurine en orge

En orges, les résultats des essais de 2012 montrent que le recours à deux SDHI foliaires par saison n’apparaît pas nécessaire, même en cas de forte pression de maladie comme l'an passé. Utiliser ce type de molécule semble toutefois plutôt favorable dans un contexte parasitaire dominé par l’helminthosporiose et les grillures. Le positionnement des SDHI en T2 est apparu particulièrement judicieux dans 4 cas sur 5. L’essai qui a fait exception a été marqué par une forte présence de rouille naine et de taches brunes, ce qui a donné l’avantage au programme apportant une strobilurine en T2 (Madison 0,6 l/ha).

Pour en savoir plus sur la conduite des traitements fongicides sur les céréales à paille, consultez l'article "Définir sa stratégie fongicide : les points-clés".


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