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limace noire Les fiches du contrat de solutions

Limaces : le phosphate ferrique comme solution de biocontrôle

14 août 2019

Les limaces grises et noires peuvent provoquer d’importants dégâts sur l’ensemble des cultures, autant au semis (graine et germe) que sur les plantules. L’impact économique peut être sévère, notamment pour les cultures les plus sensibles, d’où l’intérêt d’une protection fiable et durable.

L’abondance et l’activité des limaces dépendent des systèmes culturaux, des conditions climatiques (pluie, température), du type de sol, du stade végétatif de la plante et de son appétence. L’épandage de granulés antilimaces de biocontrôle sur la base d’une juste appréciation du risque, combiné avec des moyens agronomiques, constitue la meilleure option pour limiter les dégâts.

Substituer les antilimaces conventionnels par des appâts à base de phosphate ferrique

Des appâts granulés constitués d’une matière active naturelle d’origine minérale, le phosphate ferrique, sont disponibles sur le marché pour toutes les cultures. Ils présentent une efficacité et un coût (hors produits génériques) comparables à ceux des antilimaces conventionnels (métaldéhyde). De plus, leur application nécessite la même technicité et le même matériel d’épandage.

Les produits à base de phosphate ferrique sont autorisés pour un usage « Traitements généraux x Traitement Sol x Limaces et escargot ». Ils sont utilisés principalement en grandes cultures (céréales et oléoprotéagineux) et cultures légumières.

Les trois spécialités à usage professionnel qui contiennent du phosphate ferrique figurent sur la liste des produits de biocontrôle (Ironmax pro, Sluxx hp et Ferrex). Cette substance active est utilisable en agriculture biologique.

Usage actuel du phosphate ferrique et déploiement envisagé

Cette solution de biocontrôle est utilisée sur un peu moins de 300 000 ha (294 000 ha en 2015, 290 000 ha en 2016 et 240 000 ha en 2017), soit près de 10 % de la SAU totale annuelle déployée en antilimaces. Le colza, les céréales à paille, le maïs et le tournesol représentent les principales cultures et surfaces concernées.

L’objectif serait de passer de 10 à 30 % des surfaces protégées contre les limaces avec du phosphate ferrique à échéance 2020-21.

Des facteurs de réussite déjà acquis
- coût similaire entre le produit de biocontrôle et la solution conventionnelle (hors produits génériques),
- le maintien des conditions de travail habituelles,
- l’absence de surcoût pour l’application (même technicité, même matériel d’épandage).

Freins à lever et conditions de réussite

Quelques freins subsistent : d’une part, l’action des appâts à base de phosphate ferrique est moins rapide par rapport à des antilimaces conventionnels. D’autre part, l’efficacité du traitement de biocontrôle n’est pas toujours correctement appréciée par l’utilisateur car les limaces s’enterrent avant de mourir ; seule la réduction des dommages sur la culture permet d’apprécier l’efficacité du traitement.

Pour développer la mise en œuvre de cette solution « verte », il faut d’abord renforcer la communication basée sur des résultats d’expérimentations (notamment en situations de forte pression, situations non rencontrées en conditions expérimentales ces dernières années). Cela permettrait de pallier le déficit d’informations sur les solutions à base de phosphate ferrique mises en marché récemment (et destinées à répondre à un problème dont l’intensité est très variable selon les années).

L’encouragement à l’évaluation de la pression du ravageur (piégeage), aux outils d’aide à la décision avant application et le rappel des moyens agronomiques à mettre en œuvre en amont (travail du sol, rotations, etc.) accompagnent également la réussite de protection intégrée contre les dégâts de limaces.

Pour en savoir plus, téléchargez la fiche complète « Lutte contre les limaces avec l’utilisation du phosphate ferrique ».

Le contrat de solution en bref
Le contrat de solutions est le fruit de l’engagement de 40 partenaires du secteur agricole. Il traduit leur volonté d’amplifier et accélérer la diminution de l’usage des produits phytosanitaires mais aussi d’intégrer les innovations combinées proposées par la R&D, la technologie, l’agronomie, les démarches de filière, le conseil et la formation, tout en continuant à assurer un haut niveau de sécurité alimentaire. Le premier contrat proposé en juillet 2018 se décline en 36 solutions matures et déployables à court et moyen terme, avec des soutiens adaptés. Chaque solution fait l’objet d’une fiche qui décrit « l’état des lieux, la réduction envisagée, les freins à lever, le déploiement dans le temps, et les engagements des filières. »
Ce contrat sera enrichi tous les 6 mois par de nouvelles solutions et l’évaluation des actions identifiées avec un suivi des indicateurs de déploiement. Ces résultats seront présentés aux Parlementaires et aux ONGE et associations de consommateurs intéressées.

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4 commentaires 18 août 2019 par LOUIS

Pourtant il existe d'autre moyen de lutte contre les insectes, les infra doses de sucre ( 10 mg/L de bouillie ) sous forme de miel ou de mélasse pour avoir des sucres complexes. Voila les travaux de chercheurs dans ce domaine. http://agriculture-de-conservation.com/Les-sucres-solubles-une.html Combien va couter aux agriculteurs, la non publication de ces travaux ?.

18 août 2019 par LOUIS

Avec la campagne colza qui se termine, on a vu exploser le nombre d'insecticide. Les prédateurs des limaces vont payer cher cette pratique. Je rappelle par exemple que les carabes ont leurs vies adultes en automne et au printemps.

17 août 2019 par CHARGEDAVOINE

Mais à qui profite cette nouvelle industrie du bio (biocontrôle ici en l'occurrence) ?

16 août 2019 par MARTIN

Eh oui les traitements ferriques ne sont pas CORRECTEMENT appréciés par les utilisateurs !!! incroyable de lire cela dans un article sur arvalis !!! Ils sont évidemment beaucoup mieux appréciés par les agriculteurs du dimanche ou du samedi sur les médias et plus encore par ceux qui n'y connaissent rien, qui multiplient les traitements au sels ferriques qui nous bourrent le mou !!! Qui paye ARVALIS ? Ce sont les agriculteurs raisonnables car les cotisations se font au ... rendement physique !!!

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