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Céréales secondaires

Les variétés d’avoine passées à la loupe

19 janvier 2012

D’hiver ou de printemps, noires ou blanches, « nues » ou « vêtues », les variétés d’avoine peuvent se décliner sous divers profils. De leurs caractéristiques agronomiques à leur valorisation en alimentation, voici les dernières évolutions du catalogue français.

Représentant seulement 1 % des céréales cultivées en France hors riz, l’avoine est une culture minoritaire dont les surfaces sont concentrées dans trois régions : la Bretagne, le Centre et la Bourgogne. Le paysage variétal est dominé par des variétés d’hiver, qui en 2010 ont représenté 60 % des surfaces. Parmi elles, « Une de mai » reste la variété majoritaire : même si elle date de 2006, c’est encore la dernière variété inscrite. En ce qui concerne les avoines de printemps, Gaillett e est la plus multipliée, sachant que la sélection est beaucoup plus dynamique : des variétés plus productives font donc leur apparition chaque année, comme Albatros, Cavalière et Cavalcade pour le crû 2011.

Qu’elles soient de printemps ou d’hiver, les avoines à grains noirs représentent près de 73 % des variétés multipliées, loin devant les avoines blanches (20 %) pourtant plus productives, et les avoines nues (7 %). Ces différents types d’avoines ont des compositions nutritionnelles qui orientent leur valorisation en alimentation animale ou humaine. L’avoine noire est ainsi utilisée dans l’alimentation des chevaux. L’avoine blanche trouve mieux sa place en alimentation humaine, notamment dans la floconnerie, mais elle peut aussi être employée en alimentation animale dans les pays nordiques. En termes de rendement, les avoines blanches sont globalement plus productives que les avoines noires.


Au sommaire :
- Charmoise et Une de mai : les références noires des variétés d'hiver
- Trois avoines blanches d'hiver se démarquent
- Variétés de printemps : les avoines noires se renouvellent
- En avoines blanches : deux inscriptions bousculent les références

Charmoise et Une de mai : les références noires des variétés d’hiver

Parmi les variétés d’hiver inscrites au catalogue, l’avoine noire Charmoise affiche la productivité la plus élevée (figure 1). Elle est talonnée par SW Dalguise, à grains blancs. Inscrite en 2000, Charmoise produit 3,5 q/ha de plus qu’Une de Mai en moyenne sur 5 ans. Moyennement sensible à la verse et à l’oïdium, elle est sensible à la rouille couronnée.

Malgré son niveau de rendement moyen, Une de mai est de loin l’avoine noire d’hiver la plus cultivée. Elle présente des caractéristiques agronomiques équilibrées vis-à-vis des maladies foliaires et de la verse. Inscrite en 1980 et appréciée pour sa couleur très noire, Fringante garde une productivité correcte par rapport aux variétés plus récentes. Mais elle a aussi de nombreux défauts agronomiques, notamment une sensibilité à la verse et aux maladies foliaires. Et ses PS sont très faibles.

Inscrite en 1998, Evora a une productivité légèrement inférieure à celle d’Une de Mai. Son comportement vis-à-vis de la verse est bon mais elle est assez sensible à l’oïdium et très sensible à la rouille couronnée.

Inscrite en 2000, Ourasi est la moins productive des avoines noires d’hiver. Variété de petite taille, 9 cm de moins qu’Une de mai et Charmoise, elle a un bon comportement face à la rouille et une tenue de tige correcte.

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Trois avoines blanches d’hiver se démarquent

Inscrite en 2005, SW Dalguise est l’avoine blanche de type hiver la plus productive sur 5 ans, malgré une contre-performance en 2009. Elle est en revanche assez sensible à la rouille couronnée.

La variété Gerald, inscrite en Grande-Bretagne en 1991, affiche une productivité et une sensibilité à la rouille couronnée moyennes. En revanche, elle présente un bon comportement vis-à-vis de la verse et de l’oïdium. Gerald est la plus tardive des avoines, épiant en moyenne neuf jours après Une de mai et quatre jours après SW Dalguise.

Assez tardive à l’épiaison, Charming brille par sa résistance à la rouille couronnée. Mais sa productivité n’est que moyenne et elle témoigne d’une certaine sensibilité à la verse.

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Variétés de printemps : les avoines noires se renouvellent

Au sein des variétés de printemps noires, Belino II et Gaillette figurent parmi les plus cultivées. Belino II affiche un bon comportement agronomique vis-à-vis de la verse et de la rouille couronnée mais ses rendements sont légèrement en retrait. Quant à Gaillette, elle présente un comportement agronomique équilibré associé à une productivité dans la moyenne.

Avec 3 q/ha de plus que Gaillette en moyenne sur 5 ans, Zorro est l’avoine noire de printemps la plus productive (figure 2). Elle rivalise avec les meilleures avoines blanches mais possède un talon d’Achille : sa grande sensibilité à la rouille couronnée.

L’inscription 2011, Cavalière, apporte 2 q/ha de plus en moyenne sur 3 ans que Gaillette. Elle est en revanche assez sensible à la verse. Son niveau de résistance à la rouille doit quant à lui être confirmé.

Inscrite au catalogue en 2010, Jag de Bellouet fait déjà partie des variétés les plus multipliées. Sa productivité est proche de celle de Gaillette en moyenne sur 4 ans. Sa tenue de tige est moyenne et son comportement vis-à-vis de la rouille doit être confirmé.

Avec 15 ans d’ancienneté, Auteuil affiche une productivité en retrait par rapport aux variétés plus récentes. Assez sensible à la rouille couronnée, elle a une tenue de tige assez bonne.

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En avoines blanches : deux inscriptions bousculent les références

Parmi les avoines blanches de printemps, Duffy est la plus multipliée. Inscrite en 2007, elle garde une productivité correcte. Très précoce, elle a d’excellents PS. En revanche, son profil agronomique reste son point faible : elle figure parmi les plus sensibles à la verse et reste assez sensible aux maladies.

Les deux inscriptions 2011, Albatros et Cavalcade, apportent de la productivité. La première présente par ailleurs une meilleure résistance à la verse et à l’oïdium que la seconde. Leur niveau de résistance à la rouille doit être confirmé.

Inscrite en 2010, Ardente présente une bonne productivité mais des PS assez faibles et une certaine sensibilité à l’oïdium. Son niveau de résistance à la rouille doit être confirmé.

Husky présente une très bonne productivité, équivalente à celle d’Albatros. Variété haute, sa tenue de tige reste assez bonne. Vis-à-vis des maladies, elle est assez résistante à l’oïdium mais assez sensible à la rouille couronnée.

Téléchargez (voir pièces jointes) :
- Figure 1 : Rendements traités fongicides pluriannuels des variétés d’avoine d’hiver
- Figure 2 : Rendements traités fongicides pluriannuels des variétés d’avoine de printemps
- Tableau 1 : Caractéristiques des variétés d’avoine d’hiver
- Tableau 2 : Caractéristiques des variétés d’avoine de printemps

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Philippe du Cheyron,  Prune Rosengarten et Maria Vilariño (ARVALIS - Institut du végétal)

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