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Auxiliaires des cultures

Connaître et reconnaître les syrphes

02 mars 2021

En tant que prédateurs naturels des pucerons, les syrphes à l’état larvaire peuvent servir à réguler les populations des ravageurs et compléter les moyens de lutte déjà existants. Présentation des principales espèces présentes en grandes cultures et des moyens de les reconnaître.

Des larves dévoreuses de pucerons

Le cycle de vie des syrphes est composé de quatre phases de développement : l’œuf, la larve, la pupe et l’adulte (figure 1). La pupe est un type de nymphe. Le déroulement d’un cycle complet varie entre deux semaines et deux ans.

Figure 1 : Le cycle de vie des syrphes

Les durées de chaque phase sont indicatives.

Les caractéristiques des syrphes, notamment leur régime alimentaire, dépendent de leurs stades de développement. Si les adultes se nourrissent de pollen et de nectar, les larves sont, pour la majorité des espèces, aphidiphages, c’est-à-dire consommatrices de pucerons. Au cours de leur développement, qui dure une dizaine de jours, elles consomment entre 400 et 700 pucerons. Cette spécialisation en fait des auxiliaires potentiellement très efficaces dans la lutte biologique de ce ravageur.


Les larves de syrphes n’ont pas de pattes, peuvent mesurer jusqu’à 1,5 cm et sont surtout actives la nuit.

Chez certaines espèces de syrphes, la femelle peut pondre entre 2000 et 4500 œufs durant son cycle de vie. Généralement, elle choisit le site de ponte selon trois critères : l’espèce de pucerons présente dans l’environnement, les caractéristiques physiques et chimiques de la plante hôte de l’espèce de pucerons, ainsi que la taille et la densité de la colonie du ravageur. Ce choix est important pour optimiser les conditions de développement et de survie de la descendance.

L’art du déguisement chez les syrphes

Pour reconnaître un syrphe, difficile de se fier à la taille, à la forme ou aux couleurs : il existe, en effet, de petites espèces (quelques mm) comme des espèces de grande taille (35 mm). Certaines pratiquent le mimétisme et peuvent être confondues avec des abeilles (Eristalis tenax), des guêpes (Chrysotoxum sp) ou des bourdons (Voculla bombylans).

Un signe distinctif important est l'aptitude à se maintenir en vol stationnaire.

Une morphologie commune à celle des mouches

Les Syrphidés sont une famille de Diptères. Ces derniers sont des insectes n’ayant qu’une seule paire d’ailes membraneuses. Chez les Diptères, la seconde paire d’aile présente normalement chez les insectes a été transformée en une paire d’organes gyroscopiques stabilisateurs, connus sous le nom d’haltères ou de balanciers.

La modification des pièces buccales est une seconde caractéristique de nombreux Diptères, syrphes inclus : les mandibules ont disparu au profit d’une structure spongieuse, le labelle, au travers duquel ces insectes absorbent la majeure partie de leur nourriture.

Fausse veine et « faux bord » : des indices précieux pour démasquer l’imposteur

La plupart des syrphes présente une particularité au niveau des ailes, à savoir une fausse veine, ou vena spuria. Elle est localisée près du centre de l’aile et plus ou moins parallèle à son axe longitudinal. Cette fausse veine est la caractéristique principale permettant de distinguer les syrphes des autres Diptères. Evidemment, il est nécessaire pour l’observer de les avoir piégés au préalable.

Les syrphes possèdent une autre particularité anatomique qui leur est propre, à savoir la présence d’un « faux bord », c’est-à-dire qu’aucune nervure n’atteint l’extrémité de l’aile (photo).


La présence d’une fausse veine et d’un « faux bord » sur les ailes d’un syrphe permet de le distinguer des autres Diptères.

L’identification de l’espèce de syrphe piégé peut nécessiter des clés de détermination (parfois difficiles à manipuler) et une loupe binoculaire pour un diagnostic précis. Cependant, pour les espèces fréquentes en milieu agricole, l’observation à l’œil nu peut suffire.

A la rencontre des espèces de syrphes les plus présentes en milieu agricole

Actuellement, plus de 500 espèces de syrphes ont été recensées en France et plus de 5000 en Europe. Cinq espèces de syrphes aphidiphages sont principalement rencontrées en milieu agricole : le syrphe ceinturé (Episyrphus balteatus), le syrphe « porteplume » (Sphaerophoria scripta), le syrphe du groseiller (Syrphus ribesii), le syrphe des corolles (Eupeodes corollae) et Eupeodes luniger.

Dans le cadre du projet Casdar « Les entomophages en grandes cultures », un suivi de syrphes a été réalisé au cours des années 2009 et 2010, sur les mois d’avril à septembre (plus ou moins continu selon les régions), en Centre, Rhône-Alpes et Picardie (tableau 1). Il a permis de mettre en évidence l’importance de la diversité de ces insectes.

Tableau 1 : Richesse spécifique des Syrphidae en 2009 et 2010 en Centre, Rhône-Alpes et Picardie

Pour chaque région, les espèces recensées peuvent varier mais un grand nombre sont identiques, notamment parmi les plus présentes.

Parmi les dix principales espèces, quatre sont aphidiphages et communes aux trois régions : le syrphe ceinturé (Episyrphus balteatus), le syrphe des corolles (Eupeodes corollae), Melanostoma mellinum et le syrphe « porteplume » (Sphaerophoria scripta).

Le milieu agricole peut parfois répondre aux besoins de certaines espèces qui ne lui sont pas inféodées : des espèces de milieux forestier peuvent y être observé.

Des fiches pour reconnaître les espèces présentes sur ses parcelles

Plusieurs fiches ARVALIS sur les syrphes les plus communs sont disponibles. Elles décrivent, entre autres, l’espèce aux différents stades de son cycle de vie, sa répartition en France et son régime alimentaire :

• Le syrphe ceinturé
• Le syrphe des corolles
Melanostoma mellinum
Melanostoma scalare
• Le syrphe « porteplume »
• Le syrphe à croissants

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