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septoriose sur feuille de blé Protection des céréales

Les SDHI présentent un intérêt technique indiscutable !

20 février 2020

Pour répondre à des interrogations, ARVALIS est en mesure de démontrer, fort de ses résultats d’essais, que les SDHI présentent clairement un bénéfice technique pour les producteurs de céréales.

Les SDHI sont des fongicides Inhibiteurs de la Succinate Déshydrogénase. Ils bloquent le fonctionnement de cette enzyme qui joue un rôle clé dans la respiration des champignons en agissant sur les mitochondries.

Actuellement, un débat est mené par Pierre Rustin, directeur de recherche émérite du CNRS et chercheur à l’Inserm, sur l’action des SDHI sur la chaîne respiratoire des espèces autres que les champignons.

Concernant la toxicité de ces produits phytosanitaires, ARVALIS - Institut du végétal, n’ayant pas de compétences en toxicologie, renvoie aux recommandations de l’Anses, autorité scientifique publique indépendante. L’agence a conclu, à plusieurs reprises, à l’absence d’alerte sanitaire pouvant conduire au retrait des autorisations de mise sur le marché des fongicides de la famille des SDHI, tout en lançant un appel à la vigilance au niveau européen et international, et en soulignant la nécessité de renforcer la recherche sur de potentiels effets toxicologiques chez l’Homme.

Pour en savoir plus, consultez les derniers résultats d’expertises de l’Anses sur les SDHI.

L’assimilation par voie foliaire n’est pas phytotoxique pour les céréales

Lors de son audition devant l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) le jeudi 23 janvier 2020, Pierre Rustin argumente l’absence d’effet toxique sur les chaînes respiratoires des plantes traitées avec SDHI en faisant l’hypothèse de l’absence d’absorption foliaire. Il précise que s’ils étaient absorbés par voie racinaire ce serait mortel pour le blé.

C’est ignorer les mécanismes qui président au devenir des substances minérales et organiques appliquées sur un peuplement végétal : la cuticule des feuilles ne constitue pas une barrière impénétrable aux matières actives appliquées par voie foliaire. Et pour certaines d'entre elles, comme pour celles appliquées en traitement de semences, leur systémie assure une distribution dans l’ensemble des parties aériennes et souterraines. Par ces deux voies, les SDHI n’ont pas montré d’effets non intentionnels sur les céréales.

Surtout, Pierre Rustin indique que « le bénéfice/risque des SDHI n’est même pas démontré » et d’ajouter : « Ni la FNSEA, ni l’UIPP, ni l’Anses n’ont été capables de donner des chiffres sur l’efficacité des SDHI, ni quelle était leur influence sur les rendements ».

Pour en savoir plus, regardez en vidéo l’audition de Pierre Rustin.

Des chiffres qui prouvent l’intérêt technique des SDHI

Pour répondre à ces questions, ARVALIS - Institut du végétal est en mesure de fournir des données provenant de son réseau d’essais.

A titre d’illustration, cinq essais conduits en 2015 ont permis d'évaluer l'apport des SDHI dans la lutte contre la septoriose (Zymoseptoria tritici) principale maladie foliaire du blé en France. Appliqués au stade dernière feuille étalée (T2), leurs performances ont été comparées à un traitement à dose identique de triazole mais sans SDHI (tableau 1).

Le niveau visuel de maladie dans les témoins était élevé avec 63 % de la surface foliaire nécrosée. Un premier traitement a été réalisé au stade 2 nœuds (T1) pour toutes les modalités avec du Bravo à 1 l/ha apportant 500 g/ha de chlorothalonil. La comparaison porte donc sur l’efficacité du second traitement.

Figure 1 : Efficacité et rendements comparés de différents traitements fongicides appliqués au stade dernière feuille étalée contre la septoriose du blé tendre - Regroupement de 5 essais ARVALIS 2015

Légende de la partie droite de la figure : le bâton complet (orange) et les chiffres indiquent le rendement brut, le bâton jaune indique le rendement net (Rdt brut – coûts des produits appliqués traduits en quintaux) et le chiffre rouge indique le gain net (Rdt net – Rdt témoin Non traité). Les efficacités et les rendements sont significativement différents du témoin non traité (p < 0,05).

Tableau 1 : Compositions des produits étudiés

Deux comparaisons pour une même conclusion

Les deux triazoles, Joao 0,6 l/ha et Juventus 0,6 l/ha, testés seuls, donnent des résultats techniques très proches en termes d'efficacité comme de rendement.

La première comparaison se fait entre Joao 0,6 l/ha et Aviator Xpro 1 l/ha ; tous les deux apportent 150 g/ha de prothioconazole (IDM). L’Aviator Xpro amène en plus 75 g/ha de bixafen (SDHI). Les résultats contre la septoriose montrent un gain d’efficacité de 16 % et de 8,1 q/ha sur le rendement brut par rapport au triazole solo. A noter que ces écarts restent non significatifs.

Une dose réduite d’Aviator Xpro est également étudiée (0,7 l/ha). Elle contient 105 g de prothioconazole et 53 g de bixafen. Elle conduit à un gain de 9 points d’efficacité et de 6,1 q/ha sur le rendement brut par rapport au triazole en solo.

Sur le même principe, le metconazole solo (Juventus 0,6 l/ha) est comparé au Librax 1,2 l/ha pour une même dose de triazole avec 54 g/ha. L’apport du fluxapyroxad (SDHI) dans le Librax procure un gain de 27 % d’efficacité et de 11,4 q/ha sur le rendement brut. Ici, les écarts sont significatifs.

La dose réduite de Librax (0,9 l/ha) avec 41 g/ha de metconazole et 56 g/ha de SDHI montre des résultats assez proches de la dose de 1,2 l/ha, avec un gain de rendement également significatif.

Dans ces deux comparaisons, la rentabilité est au rendez-vous : le gain de rendement est très important et non annulé par le coût différentiel de traitement, comme le montrent les valeurs de gains nets (figure 1).

L’efficacité des SDHI sur la septoriose du blé n’est plus à démontrer. ARVALIS peut fournir un grand nombre de résultats d’essais pour confirmer que l’utilisation des molécules de la famille des SDHI pour contrôler différentes maladies des céréales à paille est justifiée sous un angle technique mais également économique.

Bientôt une opportunité dans la lutte contre la fusariose des épis

Il convient de noter qu’une nouvelle molécule, le pydiflumetofen de la famille des SDHI, encore en évaluation, montre une très bonne activité contre la fusariose des épis. Cette maladie est particulièrement préjudiciable car source de mycotoxines très toxiques pour l’homme et les animaux, mycotoxines réglementées (DON). Les niveaux d’efficacité et de rendement sont significativement supérieurs aux molécules actuellement autorisées (figure 2) et la substance active apporte un nouveau mode d’action sur cette cible alors que les premières érosions d’efficacité ont été constatées avec les IDM.

Figure 2 : Efficacité, rendements et teneurs en DON comparés de différents traitements fongicides appliqués contre la fusariose des épis (Fusarium graminearum) - Regroupement de 3 essais ARVALIS de produits phytosanitaires conventionnels et de biocontrôle réalisés en 2019

Un mode d’action indispensable pour gérer le développement de résistances

Par ailleurs, l’utilisation des SDHI dans les programmes fongicides participe, au travers de la diversification des modes d’action, à la protection de l’efficacité des triazoles qui est la famille la plus utilisée mais très affectée par la résistance. Les SDHI, comme toutes les familles de fongicides, sont confrontés à des problèmes de résistance. Pour en limiter les risques et retarder leur émergence, les utilisations ont été volontairement limitées (depuis plusieurs années) à une seule application par an en France, contrairement à ce qui se pratique ailleurs en Europe (Royaume-Uni, Irlande notamment).

L’évaluation de l’évolution des résistances aux fongicides des populations des principales maladies des céréales conduit à des conseils adaptés mis à jour chaque année dans une note commune Anses, ARVALIS - Institut du végétal, INRAE.

Loin de faire la promotion d’une utilisation débridée de fongicides, cette note en encadre les usages. L’objectif est de conserver l’efficacité des fongicides le plus longtemps possible par des recommandations d’usage adaptées, comme celle qui a consisté à réduire à une seule application maximale par an l’emploi de SDHI sur céréales à paille. Cette note annuelle est largement relayée auprès des organismes économiques et de développement, et ses recommandations sont bien mises en œuvre par les agriculteurs. Cette gestion collective et responsable a permis de gagner de précieuses années d’efficacité pour tous les modes d’action en comparaison à nos voisins européens et de garantir un usage sobre des fongicides sur céréales en France. Les SDHI n’y font pas exception.

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