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Pucerons sur feuilles de céréales en 2018 en Poitou-Charentes Messagerie Poitou-Charentes

Les premiers semis de mi-octobre : c’est s’exposer à la JNO !

25 octobre 2018

Alors que les premiers semis de céréales réalisés mi-octobre sont en cours de levée, les pucerons sont de sortie. La vigilance est de mise pour limiter le risque JNO.

Un contexte de fin d’été un peu moins favorable

Les conditions agro-climatiques de l’été et de début d’automne ont été peu favorables aux pucerons dans la mesure où :
- Les températures élevées de l’été ont limité les populations de pucerons. En effet, les pucerons supportent généralement moins bien les températures excédant les 30°C.
- Les récoltes de maïs 2018 ont été précoces, ce qui a considérablement limité la concomitance de cette culture avec les premières levées de céréales.
- La sécheresse du mois de septembre a limité les repousses des céréales ainsi que la levée des graminées et a donc abaissé la pression à l’interculture. De plus, peu de couverts de graminées ont été implantés.
- Les semis de céréales ont été par conséquent retardés dans une grande majorité des situations et sont actuellement en cours de réalisation.

Malgré cela, certains semis ont été réalisés précocement dès les premières pluies (mi-octobre). Quelques épisodes pluvieux du 6 au 14 octobre sur certains secteurs (mais très variables en quantité) associés à des températures très élevées ont permis des levées rapides des céréales pour ces semis et sont exposés actuellement à l’activité des pucerons. Jusqu’à maintenant, les températures sont élevées pour la saison.

La surveillance des pucerons reste donc de mise, surtout dans les situations de semis plus précoces plus particulièrement sur orges. Sur les essais du Magneraud de cette année, pour la modalité semis précoce, les orges sont au stade 1,5 feuille et on approche du seuil de 10% de plantes porteuses de pucerons.

On ne rappellera jamais assez que qu’un semis précoce expose davantage les cultures à la maladie virale.  En situation de forte exposition à la JNO, sur orges d’hiver, le recours à des variétés tolérantes à la JNO est un levier précieux.

Sur orges d’hiver, au cours des trois dernières campagnes sur le site du Magneraud (17), les essais montrent que le semis à date recommandée couplée à la lutte insecticide en végétation bien positionnée permet d’assurer une protection efficace contre la JNO. En semis précoces, deux traitements des parties aériennes (TPA) ne sont pas toujours suffisants pour se prémunir de la virose. Les semis plus tardifs de novembre présentent des infestations de pucerons quasi-nulles mais sont pénalisés par le potentiel de rendement.

Figure 1 : Effets de la date de semis et de la lutte contre les pucerons sur le rendements (Récoltes 2016, 2017 et 2018) – Saint Pierre d’Amilly (17)

Légende : TPA = Traitement des Parties Aériennes

Une surveillance indispensable

Compte tenu de l’absence de traitement de semence pour cette campagne, la surveillance des parcelles est indispensable. Cette surveillance peut se faire en deux temps : par le piégeage pour observer les vols éventuels de pucerons puis par l’observation régulière de vos parcelles pour choisir de déclencher ou non un traitement.

⇨ Priorité aux parcelles semées précocement en cours de levée et aux parcelles orges d’hiver (espèce plus sensible).

Le piégeage : une aide à la surveillance

Il permet d’apprécier les éventuels vols de pucerons et/ou de savoir si de nouvelles populations de pucerons ailés ont potentiellement colonisé la parcelle. Les pièges utilisés sont des cuvettes ou des plaques engluées de couleur jaune. Ces pièges sont non-sélectifs et peuvent attirer de nombreux types d’insectes. Ils doivent être positionnés en bordure de parcelle, prioritairement dans les parcelles à risque (à proximité de haies, friches, bois ou culture avec présence de pucerons). Il est recommandé de poursuivre le piégeage même après avoir positionné un premier traitement. Attention : le piégeage est un outil d’alerte pour ensuite observer attentivement les parcelles mais n’est pas un outil qui sert à déclencher un traitement.

L’observation des parcelles

Une surveillance attentive et prolongée est nécessaire pour suivre le niveau des infestations et bien positionner l’éventuel traitement insecticide en végétation. L’observation des pucerons doit se faire dans de bonnes conditions : par beau temps et l’après-midi quand les températures sont les plus chaudes. Lorsque les conditions se dégradent, les pucerons se réfugient dans la gaine des céréales et ne sont plus aussi facilement observables. Pour que l’observation soit bien représentative, il est indispensable de regarder 10 plantes consécutives sur au moins 5 lignes de semis espacées de quelques mètres.

Observer avant d’agir !

Lorsque le seuil (mentionné ci-dessous) est atteint, un traitement insecticide foliaire à base de pyréthrinoïde est justifié. Les traitements insecticides foliaires systématiques sont à éviter : ils pourraient accroitre le risque d’apparition de résistance. Un traitement trop précoce (avant 1 feuille étalée) est une assurance illusoire car seules les feuilles présentes au traitement seront protégées. Ne traitez jamais par rapport à un stade mais seulement en présence de pucerons, lorsque ce seuil est atteint.

Recommandation pour l’intervention insecticide avant tallage
10 % de plantes habitées ou présence de pucerons > à 10 jours

Après une première intervention, il est recommandé de ne pas négliger la surveillance si les conditions climatiques restent favorables à l’activité des pucerons. Une ré-intervention peut être justifiée si de nouvelles infestations ont eu lieu et la présence de pucerons de nouveau observée.

Comment choisir son traitement ?

Les produits de traitement insecticide des parties aériennes comportent tous une substance active appartenant à la famille de pyréthrinoïdes (classement IRAC 3) répartis en 3 sous-familles. Deux spécialités associant pyréthrinoïde et un insecticide à un autre mode d’action sont disponibles pour lutter contre les pucerons vecteurs de la JNO. Dans le but de limiter l’apparition de résistances, il est conseillé d’alterner autant que possible les spécialités avec des sous-familles différentes et/ou associant deux modes d’action. La persistance d’action des produits est d’environ 10 à 15 jours.

Figure 2 : Informations sur les traitements insecticides des pucerons

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