En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Tracteur dans une parcelle nue, en train de réaliser un semis précoce de maïs Conduite du maïs

Les précautions à prendre pour réaliser des semis « ultra précoces »

16 mars 2017

Les dates de semis du maïs ont régulièrement été avancées depuis les années 1970 avec un gain de l’ordre de trois semaines. Les températures froides en début de cycle de semis ultra précoces peuvent réduire la surface foliaire et augmenter les risques d’exposition aux bioagresseurs. Un compromis doit être recherché.

Les semis précoces ont de multiples intérêts : récolter à des teneurs en eau du grain plus faibles (réduire les coûts de séchage), avoir plus de latitude pour de bonnes conditions de semis de culture de céréales à paille, cultiver des variétés plus tardives (rendements plus élevés en allongeant la durée de cycle) ou encore, rechercher un effet d’esquive dans le cas de cultures pluviales à déficits hydriques de post-floraison fréquents (positionner la période de définition du nombre de grains/m² dans des conditions d’alimentation hydrique plus favorables).

La période optimale de semis varie selon les régions et les sols, mais aussi selon les conditions climatiques et de structure de sols lors de la décision. Si globalement, le bénéfice moyen en rendement de l’avancée des dates de semis n’est plus à démontrer, les semis ultra précoces (début avril dans le Nord, fin mars dans le Sud) ne sont pas toujours gagnants. En années à printemps difficiles, le froid et la pluviométrie peuvent être sources de stress en début de cycle de végétation et exposer la culture, dont les stades s’enchaînent très lentement, aux bioagresseurs.

Les semis très précoces impactent la surface foliaire

Afin de mieux comprendre les effets du froid sur le maïs en début de cycle, des études ont été conduites par ARVALIS - Institut du végétal en phytotrons, avec l’Université de Liège et l’Inra de Mons-en-Chaussée, aux stades juvéniles. Des plantules soumises à des températures de 10°C le jour et 4°C la nuit, pendant une semaine au stade six feuilles visibles, ont montré que des blocages de croissance temporaires peuvent être compensés par des reprises plus rapides après l’arrêt du froid. Il a été mis en évidence que, globalement, le maïs résiste assez bien au froid à ces stades.

En revanche, la croissance des feuilles et l’accumulation de biomasse durant la séquence de froid diminuent par rapport à des températures plus clémentes. Des expérimentations ont également été menées par l’équipe d’ARVALIS - Institut du végétal à Montardon (64) en 2014 avec des semis réalisés entre le 21 mars et le 20 mai en variétés tardives. Il y a été confirmé que la hauteur des plantes à floraison est inférieure pour les semis les plus précoces. La surface foliaire diminue aussi avec un indice foliaire à l’hectare (LAI) inférieur.

Des effets sur la biomasse variables selon les années

Entre 2011 et 2014, huit autres essais « dates de semis » ont été menés en Bretagne et dans le nord de la France à Bignan (56), Foreste (02), Le Rheu (35) et Vraignes (80). Les résultats de quatre périodes de semis, du 1er avril au 23 mai, ont mis en évidence une variabilité des productions de biomasse en fonction de la date de semis, avec des réponses différentes selon les années (à relier aux scénarios climatiques de début de cycle et aux déficits hydriques).

Pour sécuriser l’installation de la plante en situations à risque de températures froides en début de cycle, l’utilisation d’engrais starter a démontré son intérêt. L’augmentation de la densité de semis pour compenser la baisse de surface foliaire est un levier sous réserve que le déficit hydrique ne soit pas trop limitant.

Viser le compromis

Réaliser un semis ultra précoce sous-entend une plus grande prise de risque avec une durée semis-levée plus longue et une période de postlevée plus souvent exposée à des températures inférieures à 10-12°C. Si le déficit hydrique s’avère être le plus impactant pour le rendement (selon le lieu et la réserve du sol), alors la moindre efficacité de la photosynthèse liée au froid en début de cycle reste secondaire en comparaison de semis trop tardifs.

Une anticipation de la date de semis de 15 jours ne se convertit pas automatiquement en autant de jours d’avance. Statistiquement, il ressort que la durée entre le semis et le stade six feuilles visibles a diminué au fil des ans, quelles que soient les dates de semis. Aujourd’hui, pour un grand nombre de zones du Sud, du Centre et du Centre-Ouest, cette phase dure autant pour un semis au 10 avril que pour un semis au 25 avril sur la période 1959 à 1988. En régions plus froides, les semis au 16 avril ne font pas prendre davantage de risques que lors d’un semis au 1er mai durant les années 1959 à 1988. L’analyse des fréquences de jours successifs sans pluie aux périodes de reprises des sols et de semis doit aussi être considérée pour estimer les bénéfices/inconvénients à saisir ou reporter une opportunité de fenêtre de semis.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10