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Epandage d'azote sous forme liquide dans un champ de blé Fertilisation azotée des céréales

Les engrais foliaires facultatifs même en fin de cycle

14 décembre 2012

Pour maximiser l’efficacité du dernier apport d’azote sur céréales, il est préférable d’utiliser un engrais solide. Les expérimentations montrent que les engrais foliaires n’apportent généralement pas une efficacité supérieure.


En fin de cycle, par temps sec, le manque d’eau peut parfois rendre inopérant un dernier apport d’azote réalisé sous forme solide. Il est dans ce cas possible de recourir à un engrais qui s’applique en pulvérisation foliaire. Pour évaluer l’efficacité et l’intérêt de ces fertilisants, ARVALIS-Institut du végétal a réalisé une série d’essais comparatifs sur six sites entre 2001 et 2010. Ils ont consisté à comparer l’efficacité de sept produits foliaires (1) pulvérisés sur blé tendre en fin de montaison. Effectués au stade dernière feuille du blé et aux doses prescrites par le fournisseur, ces apports ont suivi deux applications réalisées l’une courant tallage et l’autre au stade épi 1 cm.

SommaireMême rendement qu'avec l'ammonitrate
Des teneurs en protéines plus faibles
Eviter les brûlures d'azote
A réserver pour certains cas de sécheresse


Même rendement qu’avec l’ammonitrate

Les performances des produits ont été évaluées sur le rendement final et le taux de protéines du blé récolté. Les résultats ont été comparés aux rendements et taux de protéines théoriques obtenus pour la même dose totale d’azote distribuée sous forme d’ammonitrate. Les calculs ont été effectués à partir des courbes de réponse à la dose d’azote, pour trois apports, le troisième étant de 40 kg d'azote par hectare (kg N/ha) en fin de montaison. À quantité totale d’azote identique, les produits foliaires se sont montrés aussi efficaces pour la production de grain que l’ammonitrate. Un léger supplément de 0,36 q/ha en faveur des premiers a été relevé mais il ne s’est pas avéré significatif. L’azote des engrais destinés à l’application tardive en pulvérisation sur le feuillage des céréales fait donc au mieux aussi bien que l’ammonitrate apporté sous forme solide au cours du développement de la dernière feuille. Ils n’amènent donc pas de « plus ».

Une partie de l’azote perdueTout l’azote pulvérisé lors d’un apport d’engrais foliaire n’est pas fixé sur les feuilles. Une partie parvient au sol au cours de la pulvérisation, ou éventuellement par lavage des feuilles si la pluie survient peu après. La moitié de l’azote pulvérisé sous forme d’urée pénètre dans les feuilles dans les heures suivant l’apport. A l’instar de l’azote absorbé par les racines, celui absorbé par les feuilles est ensuite transporté vers les grains au cours de leur formation.


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Des teneurs en protéines plus faibles

Point noir : ils ont globalement engendré un recul des teneurs en protéines de 0,4 % en moyenne par rapport à celles obtenues avec un apport d’ammonitrate. De plus, dans deux essais réalisés en Bretagne en 2009, les teneurs en protéines du blé ayant reçu des applications foliaires d’azote se sont toutefois avérées peu différentes de celles obtenues par l’ammonitrate appliqué au stade épi à 1 cm sans apport tardif. Le manque d’effet de ces engrais peut s’expliquer soit par la nature de l’azote qu’ils contiennent, soit par la trop faible dose d’azote qu’ils apportent.


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Eviter les brûlures d'azote

Ces produits contiennent de l’azote le plus souvent sous forme d’urée, mais également sous forme de nitrate, d’ammonium, d’amide ou d’urée polymérisée. Appliquées à forte dose, certaines de ces formes peuvent provoquer des brûlures et réduire la surface des feuilles qui participent le plus activement à la photosynthèse pendant la phase de remplissage des grains. L’azote sous forme nitrique s’avère particulièrement corrosif mais des nécroses foliaires ont également été observées après des pulvérisations d’urée à raison de 40 kg N/ha. Les préconisations d’emploi des engrais foliaires ne dépassent donc pas 20 kg N/ha à chaque apport, ce qui constitue un handicap certain à leur effet.


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A réserver pour certains cas de sécheresse

Les applications d’engrais foliaire ne peuvent se concevoir que dans les cas de sécheresses très sévères rendant impossible la dissolution de l’azote des engrais solides et son absorption par les racines. Or de telles situations sont assez rares en France. Lorsqu’elles se produisent, l’eau devient généralement le premier facteur limitant de la production. L’accumulation d’amidon dans les grains est alors beaucoup plus fortement affectée que la remobilisation d’azote des tiges et feuilles vers le grain. Il en résulte des teneurs en protéines élevées qui rendent inutile tout apport tardif d’azote. L’emploi des engrais foliaires ne semble donc se justifier que dans des situations de sécheresse qui, malgré la dessiccation du sol en surface, n’altèrent pas l’alimentation hydrique des plantes. La présence de nappes d’eau peu profondes ou d’intenses remontées capillaires en sont des exemples.

De l’eau pour rendre l’azote efficientL’azote apporté tardivement ne peut contribuer à la production de grain et à sa qualité que s’il est absorbé par les plantes. Cela requiert un minimum d’eau, pour la dissolution de l’engrais, pour le transfert de l’azote jusqu’aux racines capables de l’absorber et pour son transport dans la plante où il est ensuite métabolisé.


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