18 juillet 2013

Intercultures

Les couverts permanents, une alternative aux cultures intermédiaires classiques ?

Jérôme Labreuche fait le point sur les avantages et les inconvénients connus des couverts permanents, avec les pistes de recherches en cours.


Il est parfois difficile d’implanter des cultures intermédiaires en plein été : elles sont parfois semées tard en raison d’une récolte tardive ou bien elles lèvent tardivement du fait d’un manque de pluies, comme par exemple l’année dernière. Cela pose des problèmes notamment pour réussir les légumineuses, en terme de rentabilité économique.

L’alternative pourrait être d’implanter d’autres espèces comme des légumineuses pérennes - trèfle, luzerne, sainfoin… - dans la culture précédente. Cette culture intermédiaire serait semée longtemps à l’avance : une fois la culture principale récoltée, elle peut profiter de la lumière et se développer pour fixer l’azote de manière symbiotique et concurrencer les adventices.

La culture suivante pourrait bénéficier des effets du couvert

Le couvert peut être détruit, se décomposer et libérer de l’azote pour la culture suivante.

Une autre piste est de maintenir le couvert dans la culture principale suivante. Dans ce cas, il existe des avantages et des inconvénients à gérer.

L’un des avantages supposé est de conserver une couverture du sol importante qui va limiter le développement des adventices.
De plus, le couvert va peut être continuer de libérer de l’azote dans la parcelle. Mais des questions subsistent sur la capacité des légumineuses vivantes à fournir de l’azote aux cultures. L’hypothèse est qu’elles en procurent davantage quand elles sont détruites.
Enfin, une fois la culture principale récoltée, le couvert pérenne va pouvoir repartir et se développer dans l’interculture suivante.

Côté inconvénients, il y a la difficulté de désherber, pour trouver des produits sélectifs de la culture et du couvert.
L’objectif est de réguler le couvert pour qu’il ne soit pas trop concurrentiel et en même temps, de ne pas le détruire. Il y a donc un équilibre à trouver.

Des pistes de recherches

Il y a donc un travail à mener sur les produits herbicides (spécialités, dose…) et la gestion du couvert.
Autre point d’interrogation : la gestion de l’eau. En effet, un couvert vivant va forcément absorber de l’eau, ce qui représente un surplus de consommation d’eau par rapport à une culture seule. Cela peut entrainer une concurrence importante lors d’années particulièrement sèches.

Des suivis sont réalisés en 2013 avec des essais analytiques et en parcelles d’agriculteurs. D’autres essais devraient être développés l’année prochaine, sur différents couverts, les programmes herbicides... Les premiers résultats devraient être disponibles à l’automne, mais il faudra attendre deux ou trois ans pour avoir davantage de recul sur le sujet.

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Commentaires
  • 01/08/2013LABREUCHE
    Petite précision supplémentaire : nos travaux sur les couverts permanents sont réalisés avec l'appui de Lucien Seguy (anciennement chercheur au CIRAD) et en collaboration avec quelques agriculteurs (Hubert Charpentier, Sandrine Gallon et Alain Coudrillier, Daniel Bremond...).
  • 24/07/2013BENOIT
    Bonsoir mr Labreuche, En sdsc depuis 6 ans, j'observe que chaque exploitation a des résultats différents en fonction de leurs propres conditions pédoclimatiques. Mais il est certain que la réussite d'un couvert permanent améliorerait la dynamique biologique des sols en évitant les phénomènes de prise en masse et d'acidification. J'exploite à 30 Km de Mr Moureau, on récolte par ex. en moyenne les blés au 1 aout pour resemer le blé suivant le 15 septembre. Il est certain qu'on ne peut obtenir des couverts performants dans ces conditions. Donc, vos recherches sur le développement d'un couvert permanent et vos essais nous intéressent. Bien à vous. H BENOIT @+
  • 20/07/2013MOURAUX
    bonjour mr labreuche Pratiquant moi meme le semis direct sous couvert depuis 8 ans , les problèmes d'implantation des couverts en ete sont bien réelles et peuvent parfois être un frein a la technique du sdsc, le couvert permanent je n'ai pas vraiment essayer vu la difficulté du désherbage et autre que cela entraine , par contre je pense que le semis des couverts au printemps au semoir ou a la volée est une piste d'avenir qui a deja de belles réussites , on pense faire des essais dans ce sens avec notre groupe sur la Moselle . Contactez moi si vous voulez participer a la mise en place sur le protocole pour que l on puisse ensuite les analyser ensemble. Philippe mouraux Tel 0611121949 Bonnes réussites dans vos essaies
  • 19/07/2013MORÉTEAU
    Bonjour, Je pense au contraire que la présence du couvert végétal retient l'eau dans la parcelle. Notamment en été où elle évite une forte évaporation et elle structure le sol avec son système racinaire de manière à garder l'eau, et à éviter le lessivage. Modèle forêt. C'est super de faire des essais dans ce sens et de les mettre en ligne. La solidarité et l'information entre agriculteurs est primordiale. Isabelle
  • 19/07/2013CHENAULT
    bonjour, est il possible d'organiser une visite de ces essais ? Voire de participer à votre réseau d'essai avec des agriculteurs qui se lancent dans ces techniques ? Bien cordialement, Jean-Philippe Chenault

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