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Préparation du sol pour les semis de maïs en 2019 en Hauts de France Messagerie Nord

Les clés pour réussir ses semis de maïs

04 avril 2019

Le semis est une étape essentielle pour la réussite de la culture de maïs : 50 % du rendement se détermine à ce moment-là ! Il est donc nécessaire de bien préparer les chantiers.

Avec les pluies prévues dans les jours à venir, une fenêtre climatique favorable aux semis de maïs semble se profiler. On est dans les temps, rien ne presse !

Figure 1 : Prévisions climatiques à Estrées Mons - extrait de Taméo

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Préparer le sol

Attendre un ressuyage en profondeur (diagnostic à la bêche) et adapter le travail du sol à chaque parcelle. Le système racinaire du maïs est « paresseux » et n’aime pas les obstacles, il est donc essentiel de limiter les phénomènes de compaction et de ne pas provoquer de lissage avec la multiplication des interventions. Soigner la préparation du lit de semences : obtenir une terre ameublie en profondeur, rappuyée sans être trop affinée en surface, avec quelques mottes pour éviter l’apparition de phénomènes de battance.

A quelle densité semer ?

La densité de plantes à la récolte est la première composante du rendement du maïs. Les conditions de culture et le choix variétal déterminent la densité de semis optimale. Celle-ci sera d’autant plus élevée que le contexte pédoclimatique est favorable, que le cycle de la culture est court et que les variétés sont précoces.

En cas de stress hydrique marqué, les densités plus élevées sont mal valorisées, mais elles ne pénalisent pas le rendement pour autant. Par contre, si le climat estival est favorable au maïs, des densités trop faibles pénalisent systématiquement le rendement. La perte est alors plus importante que l’économie de semences réalisée à l’implantation.

Le tableau 1 présente les densités recommandées. En situations à haut potentiel ou pour des semis précoces, il faut viser plutôt le haut de la fourchette recommandée. Il faut également tenir compte des pertes à la levée (qui peuvent osciller entre 5 et 10 %) liées à la qualité de germination mais aussi aux attaques parasitaires…

Tableau 1 : Densités de culture recommandées en nombre de plantes à l’hectare à la récolte

(Source : ARVALIS – Institut du végétal)

Mettre la graine à une profondeur régulière, d’environ 4-5 cm, afin d’assurer une levée synchrone et régulière.

Comment lutter contre les corvidés ?

Sur maïs, les attaques ont essentiellement lieu autour du semis et de la levée, elles sont parfois prolongées au-delà du stade 4 feuilles. En réalité, il n’y a pas de solution miracle.

La première protection consiste à éviter d’attirer les oiseaux notamment autour du semis : éviter un semis décalé dans le temps par rapport aux parcelles environnantes ou un semis très proche du travail du sol, bien contrôler la profondeur de semis et ne pas laisser de graines en surface. Un semis au-delà de 5 cm de profondeur pourrait être préjudiciable à la qualité de la levée et n’éloignera pas les corbeaux…

Il existe des traitements de semences répulsifs à base de thirame ou de zirame. Leur efficacité reste moyenne et très variable selon le contexte. Elle est insuffisante face à des attaques importantes.

Il peut être mis en place des systèmes d’effarouchement : canon à gaz, cerf-volant… mais l’efficacité reste toute relative également.

Quels microgranulés contre les taupins ?

Dans les situations à risque taupins (précédent prairie/graminées et ou sol riche en matières organiques), depuis le retrait du Sonido, le recours à des produits microgranulés est la seule option possible : ils ne sont pas tous équivalents en termes d’efficacité.

Les conditions d’emploi du produit Force 1,5G (à base de téfluthrine) ont évolué : les microgranulés de ce produit doivent désormais être enfouis à plus de 3 cm de profondeur. Or, ce positionnement n’est pas compatible avec une protection efficace contre les attaques de taupins sur jeunes maïs. Dans nos expérimentations, l’efficacité de Force 1.5G est de 78 % lors d’une application avec diffuseur ; elle chute à seulement 25 % lors d’une application sans diffuseur. Compte tenu de ses nouvelles conditions d’emploi, ce produit ne présente plus d’intérêt technique pour la protection du maïs contre les taupins.

Les autres produits microgranulés à base de pyréthrinoïdes (Belem 0.8MG, Fury Geo, Karaté 0.4GR, Trika Expert+) demeurent applicables avec diffuseur. De fait, ils présentent un niveau de protection contre les taupins satisfaisant à condition de soigner le réglage de la dose de produit et les conditions d’application des microgranulés au moment du semis.

Engrais starter : bien le positionner

L’engrais starter aura d’autant plus de chance d’être efficace que le sol est peu pourvu en phosphore, que le semis est précoce, ou que le sol est froid.

En cas d’utilisation d’engrais starter, c’est l’élément phosphore qui, quand il est localisé à proximité de la plante, apporte un supplément de vigueur au départ et un gain de précocité. Deux types de produits peuvent être utilisés.

L’engrais starter classique, type 18-46, est distribué par le système de fertiliseur du semoir. On cherche à placer l’engrais suffisamment près de la graine pour que les premières racines y trouvent facilement le phosphore, mais pas trop près pour éviter l’absorption trop importante d’azote sous forme ammoniacale (risque d’intoxication de la plantule). En pratique, on vise 5 cm sur le côté et 5 cm en dessous de la ligne de semis et une régularité de distribution sur la ligne.

Les microgranulés starter, aux doses préconisées, amènent moins de phosphore qu’un 18-46 (de l’ordre de 10 unités/ha contre plusieurs dizaines d'unités pour le 18-46) et ont un effet intermédiaire entre un engrais starter et un témoin sans engrais starter. Ils ont l’avantage de représenter des volumes plus faibles à l’hectare (20 à 25 kg/ha selon les produits) mais restent coûteux. Ils sont répartis par le distributeur de microgranulés insecticide. Dans ce cas, l’engrais est localisé dans la raie de semis, à côté de la semence.

En sol peu pourvu en phosphore (ne recevant jamais d’effluents organiques par exemple), les microgranulés starter doivent impérativement être accompagnés d’un apport en plein.

Figure 2 : Positionnement d’un engrais starter en comparaison avec un produit microgranulé starter

(Source : ARVALIS – Institut du végétal)

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