Gelée sur blé en montaison, au stade 1 nœud, en Lorraine en 2017 Messagerie Champagne-Ardenne

Les céréales ont-elles pâti du coup de froid de début avril ?

14 avril 2022

Les gelées matinales des 3-4 avril suscitent quelques questions sur la résistance des céréales. Retour sur les minimales enregistrées et les dégâts potentiels.

Les températures sont descendues autour de -5°C sous abri dans la majorité des situations, avec comme d’habitude des stations plus froides sur notre région : -9°C à Mourmelon (51), -7°C à Dosnon (10), et -8°C à Bourdons sur Rognons/Chaumont/Aubérive (52).

Figure 1 : Températures minimales enregistrées entre le 1er et le 4 avril 2022
Températures minimales enregistrées entre le 1er et le 4 avril 2022

Températures minimales enregistrées entre le 1er et le 4 avril 2022

Sur céréales d’hiver, le seuil d’alerte de risque de gel se situe autour de -5 /-7°C à épi 1 cm et va progressivement vers 0°C à la sortie de la dernière feuille (gel d’épis dans la gaine avec destruction totale ou partielle du jeune épi). La résistance la plus importante au gel sur céréales est au stade tallage.

Actuellement, les blés sont entre épi 1 cm et 1 nœud, les orges d’hiver entre épi 1 cm et 1-2 nœuds. Les parcelles les plus avancées dans les zones les plus froides sont celles qui vont présenter le plus de risque : les orges d’hiver et les orges de printemps semées à l’automne sont potentiellement les plus à risque, donc à surveiller.

Les orges de printemps semées au printemps sont au stade 2-3 feuilles, et ne sont pas sensibles à ce niveau de gel (résistance jusqu’à -12°C environ).

Quels sont les enseignements du passé ?

En 2021, plusieurs séquences de froid de cette intensité avaient eu lieu début avril et mi-avril. Les dégâts étaient restés ponctuels, voire rares dans une majorité de situations, et localisés sur les parcelles les plus précoces dans les zones les plus froides, et quasi exclusivement sur orge d’hiver et orge de printemps semées à l’automne (pas de dégâts relevés d’épis gelés dans la tige sur blé).

Des arguments pour se rassurer !

Le gel n’a pas duré longtemps dans la nuit et les températures sont vites repassées au-dessus de 0 en début de matinée. Ce qui limite l’impact du gel.

Dans une majorité de situations, les températures sont très proches du seuil d’alerte (qui n’est pas un seuil de dégâts) voire plus favorables. Cela signifie donc une probabilité faible de dégâts dans les parcelles. 

Rappelons qu’au sein d’une parcelle, même précoce, toutes les talles ne sont pas au même stade (le maître brin étant plus avancé que les talles secondaires). Toutes les tiges ne sont donc pas touchées et des compensations sont possibles à ces stades précoces.

Pour aller plus loin, il faudra dans une dizaine de jours vérifier qu’il n’y a pas d’épis gelés dans la gaine, en particulier sur les parcelles les plus précoces. En décortiquant les tiges, il se pourrait que l’épi ne soit plus translucide et brillant, mais d’un aspect sec et blanc/marron. Les tiges ayant des épis totalement touchés dans la gaine régresseront.

épis gelés dans la gaine

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