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Presence de renouees des oiseaux dans une parcelle de pois. Agriculture biologique

Mieux connaître les adventices pour mieux les combattre

12 février 2013

Une bonne connaissance de la biologie des adventices est indispensable pour bien les maîtriser, surtout en l’absence d’herbicides. Périodes de levée préférentielle, profondeur de germination, durée de vie des graines…il faut prendre en compte tous ces éléments pour bâtir des stratégies de lutte efficaces.


Connaître la biologie des adventices est essentiel pour mettre en place des stratégies de lutte. C’est d’autant plus important pour les systèmes conduits en agriculture biologique où le recours aux herbicides est interdit. La rotation des cultures, le désherbage mécanique, le travail du sol, et les mesures prophylactiques sont les seuls leviers d’action pour contrôler les populations d’adventices dans les parcelles.

Chaque espèce d’adventice possède des caractéristiques biologiques qui lui sont propres. Elles peuvent être classées dans différentes catégories en fonction de différents critères : période de levée préférentielle, cycle végétatif, mode de reproduction, période de grenaison, nombre de semences produites par plante, durée de vie des graines, et nuisibilité directe.

La rotation exploite les périodes de levée préférentielle des adventices

Certaines adventices lèvent toute l’année comme le géranium, tandis que d’autres lèvent préférentiellement à certaines périodes de l’année. La rotation des cultures avec l’alternance des périodes de semis exploite cette caractéristique biologique des adventices. A titre d’exemple, l’implantation d’une culture de printemps a un effet répressif sur les adventices levant préférentiellement à l’automne comme le vulpin.


Les périodes de levée préférentielle des principales adventices

Périodes de levée préférentielle
Adventices
 

Accédez aux grandes classes d’adventices en cliquant dans le tableau sur leur période de levée préférentielle : toute l’année, automne, printemps, été. Les fiches adventices Infloweb sont également à votre disposition. Si vous voulez connaître les caractéristiques biologiques d'une espèce adventice en particulier, cliquez sur son nom.

Ne pas fragmenter les organes de multiplication des vivaces

Une distinction peut être faite également entre adventices annuelles, pluriannuelles, et vivaces. Les espèces annuelles ont une durée de vie inférieure à un an et se reproduisent par voie sexuée (production de graines). Elles constituent la grande majorité des adventices en grandes cultures. Les espèces bisannuelles et pluriannuelles peuvent vivre plusieurs années. La plupart d’entre elles se comportent comme des annuelles, c'est-à-dire qu’elles se reproduisent par voie sexuée. Exception faite du rumex qui peut se fractionner et se comporter en vivace. Dans le cas des bisannuelles, la floraison lors de la deuxième année puis la plante meurt, alors que pour les pluriannuelles, des organes ou des bourgeons de réserve se développent et assurent la pérennité de la plante même si elle ne fleurit pas tous les ans. Enfin, les vivaces se multiplient par fragmentation de leur appareil végétatif. Les organes de multiplication diffèrent selon les espèces : rhizomes, racines, drageons, organes tubérisés, stolons. Il faut éviter à tout prix de fragmenter ces organes de multiplication avec les outils de travail du sol ou de désherbage mécanique. Cette action se traduirait par une multiplication très importante des vivaces. La plupart des vivaces produisent également des graines, mais ce n’est pas la voie de reproduction privilégiée.

Retrouvez les fiches présentant la biologie des principales espèces vivaces rencontrées en cliquant sur le lien.

Eviter la montée à graine des adventices

Les adventices se reproduisant par voie sexuée montent à graine à une période bien précise de l’année. Cette donnée est importante par rapport à la date de récolte. Si les graines se forment avant la récolte, elles seront disséminées et le stock de graines du sol augmentera. Si elles se forment au moment de la moisson, il sera possible d’exporter une partie des adventices par la moissonneuse ou par un récupérateur de menue paille. Il existe des outils qui permettent de scalper les adventices avant que les graines n’arrivent à maturité, mais cette technique ne marche que si les adventices en grenaison dépassent de la culture en place. Il convient de surveiller de près les adventices produisant un nombre important de graines.

Adapter la lutte curative à la profondeur de germination

La profondeur de germination est un élément essentiel à prendre en compte pour bâtir des stratégies de lutte curative. La plupart des adventices germent dans les cinq premiers centimètres du sol. Dans ce cas, les levées sont souvent assez groupées et les interventions de désherbage mécanique et faux-semis efficaces. Mais certaines espèces peuvent germer plus profondément, et plus particulièrement les grosses graines. Les levées sont donc étalées en fonction des profondeurs où se situent les graines, ce qui limite l’effet du désherbage mécanique et des faux-semis. En enfouissant les graines en profondeur où elles ne peuvent germer, le labour est un levier d’action très efficace pour contrôler les adventices. Cependant, il est préférable de ne positionner le labour que tous les trois ou quatre ans de manière à ne pas remonter trop tôt les adventices à la surface du sol. De plus, les graines d’adventices enfouies en profondeur ont tendance à se conserver plus longtemps.

Des durées de vie des graines très variables

Cette durée de vie des graines varie fortement d’une espèce à l’autre. Ce critère joue sur la diminution du stock semencier. La proportion de graines qui perdent leur faculté germinative sur une année est appelée Taux annuel de décroissance (TAD). Plus le TAD est élevé, plus la durée de vie des semences est courte. Les adventices à faible TAD sont plus difficiles à maîtriser. Le labour est beaucoup moins efficace pour contrôler ce type d’adventices car lorsqu’elles remontent à la surface avec le labour suivant, elles sont toujours aptes à germer. La plupart des graminées présentent un TAD élevé, tandis que les semences de dicotylédones comme les coquelicots, les chénopodes, ou les renouées se conservent assez longtemps. Les graines d’adventices de mouron des champs présentent une longévité exceptionnelle.

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