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Harpalus Auxiliaire des cultures

Les carabes, prédateurs des principaux ravageurs

19 mai 2016

Chez les carabes, les adultes comme les larves sont d’importants prédateurs de bioagresseurs présents dans les grandes cultures. Leur régime alimentaire peut varier selon les espèces voire au sein même d’une espèce, et ceci en fonction du stade de développement, du sexe de l’individu étudié et de la disponibilité des proies.

Les carabes sont des insectes épigés appartenant à l'ordre des coléoptères. Trois types d'espèces de carabes peuvent être distingués selon le régime alimentaire des adultes : les zoophages qui représentent 80 % des espèces, les omnivores et les phytophages.

Contrairement aux adultes, 90 % des larves de carabes sont carnivores. La prédation exercée par les larves est considérée comme globalement plus efficace que celle des adultes qui sont des prédateurs généralistes, dits « opportunistes » et peuvent être très polyphages.

Les adultes recherchent activement leurs proies à la surface du sol et sont capables de les repérer selon 3 méthodes : par détection visuelle, olfactive (le carabe adulte possède des récepteurs sensoriels sur les antennes qui lui permettent d’analyser les odeurs), ou par contact avec les palpes (maxillaires ou labiaux).

Chez les larves, la digestion est dite « extra-orale ». Ce mode d’alimentation, propre à de nombreuses espèces, est basé sur l’injection d’enzymes permettant la digestion de la proie de l’intérieur. En revanche, les espèces de petite taille peuvent ingérer des morceaux directement.

Des régulateurs des populations de ravageurs

Bien que quelques espèces soient phytophages, la prédation des carabes contribue à une large part de l’action auxiliaire de régulation des populations de ravageurs. Ils s’attaquent notamment aux mollusques (œufs ou adultes) ; limaces, escargots (par exemple Carabus auratus consomme préférentiellement des mollusques), ainsi qu’aux larves et adultes de petits insectes, tels que les taupins, les cicadelles, les chenilles ou encore les pucerons, ravageurs majeurs en grandes cultures. Un des points-clés définissant le potentiel auxiliaire des carabidés est la superposition de leur période d'activité avec les pics de présence de ravageurs.

Les bords de champs, des milieux propices à l’activité des carabes

Si les adultes sont un peu mieux connus, une récente étude conduite dans deux régions lève le voile sur les conditions nécessaires au développement larvaire, notamment en bordure de parcelles.

Une densité et une diversité élevée

En Picardie, les pièges ont permis de relever entre 91 900 et 132 900 adultes émergents par semaine et par hectare contre un effectif compris entre 20 200 et 24 600 adultes émergents en Centre/Ile-de-France. Bien que variables, ces résultats montrent l’importance numérique des carabes dans le milieu agricole.

Le nombre d’espèces recensées révèle également une grande diversité (tableau 1).

Tableau 1 : Principales espèces recensées et leurs proies majeures selon la région

Davantage d’individus dans les aménagements extra-parcellaires

Les larves peuvent se développer aussi bien dans les parcelles que dans les aménagements extra-parcellaires - haies, bosquets, bandes enherbées, chemins herbeux… Mais il apparaît que certaines espèces vont davantage préférer les aménagements extra-parcellaires. Et plus particulièrement en Centre/Ile-de-France (tableau 2 et figure 1). Certaines espèces sont ainsi plus sensibles aux perturbations des milieux, comme celles liées à l’activité agricole.

Tableau 2 : Répartition des espèces selon l’habitat et la région

Figure 1 : Espèces ayant émergé uniquement dans les aménagements (gauche) ou dans les parcelles (droite) sur l’ensemble du dispositif. Aménagements suivis : bosquet (Bo), chemin herbeux (CH), bande enherbée (BE) et haie (H).

En Picardie, les effectifs sont plus nombreux à 30 m de l’aménagement extra-parcellaire (et donc, dans la parcelle), mais probablement en raison d’une pullulation d’une espèce. En Centre/Ile-de-France, les émergences sont supérieures dans la bordure.

Ces milieux aux abords des parcelles sont ainsi propices au développement larvaire et non pas uniquement à l’activité des adultes. Les conclusions de cette étude sont intéressantes d’un point de vue agronomique : la préservation de ces milieux est essentielle pour favoriser ces populations qui, au stade adulte, peuvent coloniser les parcelles et ainsi agir sur de nombreux nuisibles aux cultures.

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1 commentaires 20 mai 2016 par BUSCH

Je laisse actuellement une bande d'herbe de 6 m tous les 250m, 10 ha env, pour favoriser le gibier. Je devrais passer à une bande de 2m tout les 100 m ?

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