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Parcelle de blé dur en montaison Messagerie Méditerranée

Les blés ont déjà soif !

01 avril 2021

La sécheresse s'installe dans la région alors que les blés sont en pleine montaison. Les premiers symptômes de stress hydrique apparaissent, tout comme des carences azotées là où le deuxième apport d'azote n'a pas pu être valorisé. 

Au sommaire :
La sécheresse s’installe sur la région
Ravageurs : des attaques inédites
Fertilisation azotée : déjà penser à l’apport qualité
Démarrer l’irrigation dès que possible
• Une pression maladies encore faible

La sécheresse s’installe sur la région

Depuis début février, la région enregistre un cumul de pluies de moins de 40 mm. La dernière pluie supérieure à 5 mm remonte au 22 février sur Nîmes.

Les réserves hydriques du sol diminuent à une période où le blé est poussant. Sur les terres superficielles, les blés sont déjà en stress hydrique depuis 10 jours ; sur les terres plus profondes, ils commencent à décrocher depuis le début de la semaine dernière (phénomène notamment visible au niveau des blés situés le long des haies).

Figure 1 : Cumul de pluies du 1er février au 18 mars 2021 (données Météo France)

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Ravageurs : des attaques inédites

De forts dégâts de zabres sont à signaler partout : de Narbonne jusque dans les Alpes de Haute-Provence. Prudence pour l’année prochaine !

Une mouche a également causé quelques dégâts en Nord Camargue et sur des parcelles ponctuellement dans d’autres secteurs. Il s’agirait de la mouche jaune des chaumes Chlorops pumilionis (à ne pas confondre avec la mouche jaune « classique »). Cette mouche est présente en Suisse.


La mouche jaune des chaumes a été observée dans notre région pour la première fois l’année dernière, peu avant la récolte sur le secteur de Die dans la Drôme.

Elle fait deux générations par an : une G1 l’été et une G2 au printemps. Les larves de la G1 se trouvent dans les tiges, entre la dernière feuille étalée et l’épi dont elles coupent l’alimentation. Elles dévorent la tige. La G2 observée cette année se trouve dans la tige, juste au-dessus du plateau de tallage et dévore l’épi début montaison.

Le symptôme hyper caractéristique est un blé qui est très épaissi à sa base (pied en forme de poireaux) et la feuille en train de sortir qui est petite et « rabougrie ».

Ne rien faire pour l’instant même sur les parcelles qui ont été touchées : les larves sont dans la tige, inaccessibles par un insecticide. Des informations ont été demandées à nos voisins suisse pour en savoir plus sur la gestion de ce ravageur. Affaire à suivre…

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Fertilisation azotée : déjà penser à l’apport qualité

Dans les secteurs tardifs des Alpes de Haute-Provence, il reste le complément azoté de début montaison à appliquer sur les parcelles. Ailleurs ce complément a déjà été réalisé, mais n’a pas forcément été valorisé en raison de l’absence de pluie.

Pour l’apport qualité de fin montaison, viser le stade dernière feuille pointante jusqu’à gonflement.

Le stade F1 pointante devrait être atteint la semaine prochaine en littoral sur les semis d’octobre (tableau 1).

Tableau 1 : Prévisions des stades en fonction des dates de semis et secteurs géographiques

Si la pluie se confirme pour le week-end de Pâques, il faut se tenir prêt à intervenir milieu de semaine prochaine. Pour ceux qui peuvent irriguer, positionner l’apport d’engrais avant d’apporter l’eau (dès que possible).

Bien prendre en compte les reliquats.

Risque de verse optimal sur certaines parcelles à haut potentiel et forts reliquats (derrière melons).

Le tableau 2 récapitule les quantités d'azote à apporter pour un reliquat de 70 unités. Pour un reliquat supérieur, diminuer le besoin total d’engrais.

Ré-évaluer vos potentiels (à la hausse ou à la baisse) pour ajuster le dernier apport à l’état actuel des blés.

Tableau 2 : Dose d’azote et fractionnement pour un reliquat azoté de 70 unités

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Démarrer l’irrigation dès que possible

Même si des pluies revenaient vers le 3 avril (ce qui est pour l’instant très incertain), nous vous conseillons d’arroser dès que possible pour ceux qui le peuvent. Le stress hydrique est fort et les blés sont en train de marquer fortement.

Irrigation par aspersion

• Evidemment, l’azote est à apporter juste avant…

• Si l’année continue dans la sécheresse, il faudra 3 à 4 irrigations pour obtenir la meilleure rentabilité (20 quintaux de gagnés minimum si 3 irrigations réalisés).

Irrigation par submersion

Dans les années 90, l’ABDD a réalisé de nombreuses mesures de gain de rendement sur des parcelles de Camargue irriguées par submersion, et partagé avec les agriculteurs irrigants leur expérience de cette technique qui peut faire peur. En voici les principales conclusions :

• Les gains de rendement étaient compris entre 16 et 26 q/ha.

• La parcelle doit être remplie en 12 à 18 heures maximum. Quitte à ne la remplir que partiellement (à éviter sur sol trop argileux).
Ceci pour éviter les dégâts d’asphyxie au niveau de l’entrée d’eau.

• Le stade de tolérance maximale du blé est entre fin tallage et 1-2 nœuds. Le stade 2 nœuds est atteint en Camargue, on peut encore y aller !

• La pratique d’apport d’azote habituelle est d’apporter 50 % de la dose avant la submersion et 50 % après.

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Une pression maladies encore faible

Pour l’instant, la pression maladie est faible dans la région.

Pas de rouille jaune et un seul signalement de rouille brune du côté de Tarascon.

Un fond de septoriose est cependant présent partout depuis début février. Des traitements ont déjà été réalisés sur certaines parcelles où la maladie a commencé à remonter sur les étages foliaires supérieurs. Cela concerne surtout des variétés sensibles. Ailleurs, la septoriose reste en stagnation sur le bas de la plante.

Pour rappel, inutile de traiter contre la septoriose avant que les blés n’atteignent le stade 2 nœuds (les dernières feuilles ne sont pas encore sorties).

Attention à l’oïdium en Camargue

En Camargue, l’oïdium est par contre préoccupant. Il a explosé la semaine dernière.

Un premier traitement a déjà été réalisé sur certaines parcelles. Pour les autres, être vigilants. Pour rappel, voici quelques spécialités efficaces sur Oïdium (liste non exhaustive) :
• En système biologique : utiliser du souffre.
• En conventionnel : Talendo/Talius à 0,25 l/ha (jusqu’au stade dernière feuille étalée - BBCH 39) ou Nissodium à 0,5 l/ha (jusqu’aux premières barbes visibles - BBCH 49).
• En cas de fond de septoriose, possibilité en conventionnel de faire une spécialité qui fasse les deux (nombreuses spécialités, efficacité qui peut être cependant un peu moindre sur Oïdium par rapport aux premières citées au-dessus).

Téléchargez le bulletin ABDD n°9.

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