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Buses et protection des épis (rampe sur blé épié) Pulvérisation sur épis

Le volume/ha, un paramètre plus déterminant que le type de buses

24 mai 2018

Pour améliorer l’efficacité des traitements anti-fusariose, le choix de buses qui offrent une bonne couverture de l’épi est tentant. Mais les essais d’ARVALIS – Institut du végétal montrent que c’est plutôt le volume d’application qui est déterminant.

Pour maîtriser la fusariose des épis du blé, le précédent, la gestion des résidus et le choix de la variété sont prépondérants. Quand le risque de contamination est très important, le traitement à la floraison est alors le dernier recours. Or à ce stade, l’épi érigé constitue une cible difficile à atteindre, les gouttelettes ayant un mouvement vertical.

Améliorer la couverture sans augmenter la dérive

Plusieurs techniques sont possibles pour améliorer la couverture d’une cible érigée. La plus simple est d’incliner le jet de la pulvérisation et « d’attaquer » la cible avec un angle pour atteindre l’ensemble de l’épi. La plupart des fabricants de buses ont développé et développent encore des buses dans cette optique.

Sur le papier, le jet creux et conique d’une buse à turbulence permettrait de couvrir idéalement les épis. Si techniquement c’est une piste intéressante, ces buses génèrent de trop fines gouttelettes extrêmement sensibles à la dérive. Elles sont donc peu recommandables au niveau environnemental.

La buse double fente constituerait également une solution intéressante pour améliorer la couverture de l’épi : pulvériser avec un jet vers l’avant et un jet vers l’arrière permet de couvrir davantage une cible verticale et surtout d’augmenter la couverture de la face « arrière » de l’épi. Mais à volume/ha équivalent, ces buses génèrent des gouttelettes beaucoup plus fines qu’une buse classique, donc très sensibles à la dérive. Le moindre souffle d’air détourne la pulvérisation de sa cible.

Les buses à injection d’air, simples ou doubles fentes, règlent en grande partie le problème de dérive grâce à des gouttes de taille plus importante.

Un effet significatif du volume d’eau

Mais les essais réalisés par ARVALIS – Institut du végétal entre 2006 et 2009 n’ont pas mis en évidence d’effet significatif de ces différentes buses sur l’efficacité d’un traitement contre la fusariose des épis, ni au niveau de la quantité d’épillets fusariés, ni au niveau du taux de mycotoxines après analyse (figures 1 et 2).

Leur utilisation n’est pas déconseillée car une meilleure couverture de la cible est toujours bonne à prendre, mais l’augmentation de l’efficacité des traitements n’est pas certaine.

Figure 1 : Efficacités sur fusarioses et mycotoxines de quatre types de buses (fente classique, double fente classique, injection d’air simple ou double fente) à différents volumes de traitements (80 l/ha et 150 l/ha) (essais ARVALIS – Institut du végétal 2006)

Source : ARVALIS-Institut du végétal/Bayer CropScience
Jau + Tébuconazole 1 l (association prothioconazole et de tébuconazole) sur blé dur à épiaison (Boigneville, 91)

Figure 2 : Efficacités sur fusarioses et mycotoxines de trois types de buses (fente classique, buse miroir, double fente classique) à différents volumes de traitements (80 l/ha et 250 l/ha) (essais ARVALIS – Institut du végétal 2007)

Source : ARVALIS-Institut du végétal/Bayer CropScience
Jau + Tébuconazole 1 l (association prothioconazole et de tébuconazole) sur blé tendre à épiaison (Boigneville, 91)

En revanche, dans tous les essais, le volume/ha apparaît comme un facteur important dans l’efficacité : les volumes supérieurs ou égaux à 150 l/ha donnent de meilleurs résultats que des volumes plus réduits (80 l/ha), quelles que soient les buses utilisées.

Il est à noter également que, dans aucun essai, l’utilisation des buses injection d’air (grosses gouttes) n’a altéré l’efficacité de l’application par rapport à des buses classiques.

Ainsi, pour sécuriser les applications sur épis, nous recommandons en priorité de maintenir les volumes à 150 l/ha minimum avec des buses à fente classique ou à injection d’air.

De nouvelles buses et des adjuvants à l’étude

De nouvelles buses à double jets asymétriques sont apparues sur le marché dernièrement. Des adjuvants au fort pouvoir rétenteur existent également et sont utilisables sur traitement des épis. Jusqu’ici non testées, ces deux technologies sont actuellement à l’étude par ARVALIS - Institut du végétal. Aujourd’hui et en l’absence d’autres résultats, le seul objectif en traitement fusariose est d’appliquer les produits avec un volume de 150 l/ha quelle que soit la buse utilisée.

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9 commentaires 29 mai 2018 par LOIR

Le stickman permet une efficacité encore supérieur en augmentant la taille la régularité et la stabilité des gouttes

26 mai 2018 par VAUGRENARD

@ GYGER. Le double passage semble intéressant en effet, cependant, demander à un agriculteur de repasser avec son tracteur dans le blé déjà traité est selon moi inenvisageable. Le bon sens des agriculteurs passe aussi maintenant par leur protection vis-à-vis des produits phytos. Se pose aussi la question de la DRE (Délais de réentrée) qui serait à revoir si l'on repasse après la première application...

25 mai 2018 par BONTEMPS

Bonjour pour moi vaut mieux mettre 150 que 80 pour une bonne couverture au prix ou sont les produits

25 mai 2018 par PERRIOT

Sur l'aspect double passage à 50-60l/ha nous nous rejoignons. Cela correspond à 120l/ha en un seul passage avec une buse double fente. Ce n'est donc pas éloigné de nos tests et du bon sens paysan... Sauf que dans nos essais (toutes choses égales par ailleurs), le minimum pour garantir une bonne efficacité de traitement est plutôt 150lha, en un passage. Bien cordialement

25 mai 2018 par François C.

Bonjour, Dans les essais comparatifs 150/80 et 250/80, la diminution du volume est-elle obtenue par augmentation de la vitesse ou par utilisation de buses plus petites ? L

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