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Buses et protection des épis (rampe sur blé épié) Pulvérisation

Protection des épis : le volume/ha, un paramètre plus déterminant que le type de buses

14 mai 2020

Pour améliorer l’efficacité des traitements anti-fusariose, le choix de buses qui offrent une bonne couverture de l’épi est tentant. Mais les essais d’ARVALIS montrent que c’est le volume d’application qui prime en protection des épis (150 l/ha au minimum).

Pour maîtriser la fusariose des épis du blé, le précédent, la gestion des résidus et le choix de la variété sont prépondérants. Quand le risque de contamination est très important, le traitement à la floraison est alors le dernier recours. Or à ce stade, l’épi érigé constitue une cible difficile à atteindre, les gouttelettes ayant un mouvement vertical.

Améliorer la couverture sans augmenter la dérive

Plusieurs techniques sont possibles pour améliorer la couverture d’une cible érigée. La plus simple est d’incliner le jet de la pulvérisation et « d’attaquer » la cible avec un angle pour atteindre l’ensemble de l’épi. La plupart des fabricants de buses ont développé et développent encore des buses dans cette optique.

La buse double fente constituerait donc une solution intéressante pour améliorer la couverture de l’épi : pulvériser avec un jet vers l’avant et un jet vers l’arrière permet de couvrir davantage une cible verticale et surtout d’augmenter la couverture de la face « arrière » de l’épi. Mais à volume/ha équivalent, ces buses génèrent des gouttelettes beaucoup plus fines qu’une buse classique, donc très sensibles à la dérive. Le moindre souffle d’air détourne la pulvérisation de sa cible.

Les buses à injection d’air, simples ou doubles fentes, règlent en grande partie le problème de dérive grâce à des gouttes de taille plus importante.

Un effet significatif du volume d’eau

Mais les essais réalisés par ARVALIS – Institut du végétal entre 2006 et 2009 n’ont pas mis en évidence d’effet significatif de ces différentes buses sur l’efficacité d’un traitement contre la fusariose des épis, ni au niveau de la quantité d’épillets fusariés, ni au niveau du taux de mycotoxines après analyse (figures 1 et 2).

Leur utilisation, dans leur plage de pression optimale, n’est pas déconseillée car une meilleure couverture de la cible est toujours bonne à prendre, mais l’augmentation de l’efficacité des traitements n’est pas certaine.

Figure 1 : Efficacités sur fusarioses et mycotoxines de quatre types de buses (fente classique, double fente classique, injection d’air simple ou double fente) à différents volumes de traitements (80 l/ha et 150 l/ha) (essais ARVALIS – Institut du végétal 2006)

Source : ARVALIS-Institut du végétal/Bayer CropScience
Jau + Tébuconazole 1 l (association prothioconazole et de tébuconazole) sur blé dur à épiaison (Boigneville, 91)

Figure 2 : Efficacités sur fusarioses et mycotoxines de trois types de buses (fente classique, buse miroir, double fente classique) à différents volumes de traitements (80 l/ha et 250 l/ha) (essais ARVALIS – Institut du végétal 2007)

Source : ARVALIS-Institut du végétal/Bayer CropScience
Jau + Tébuconazole 1 l (association prothioconazole et de tébuconazole) sur blé tendre à épiaison (Boigneville, 91)

En revanche, dans tous les essais, le volume/ha apparaît comme un facteur important dans l’efficacité : les volumes supérieurs ou égaux à 150 l/ha donnent de meilleurs résultats que des volumes plus réduits (80 l/ha), quelles que soient les buses utilisées.

Il est à noter également que, dans aucun essai, l’utilisation des buses injection d’air (grosses gouttes) n’a altéré l’efficacité de l’application par rapport à des buses classiques.

Quant au fait de passer en aller et retour à demi-dose, ce ne sera pas plus concluant que des buses double fente et cela représente du temps et du carburant en plus : cette technique est à proscrire.

Ainsi, pour sécuriser les applications sur épis, nous recommandons en priorité de maintenir les volumes à 150 l/ha minimum. Quant aux buses, mieux vaut privilégier les injections d’air double fente puisqu’elles ne dégradent pas l’efficacité et réduisent significativement la dérive. Dans tous les cas, il est bien sûr important de privilégier une hygrométrie la plus forte possible et des températures clémentes (5-20°C) permettant d'assurer une bonne efficacité des applications.

De nouvelles buses et des adjuvants à l’étude

De nouvelles buses à double jets asymétriques sont apparues sur le marché dernièrement. Des adjuvants au fort pouvoir rétenteur existent également et sont utilisables sur traitement des épis. Jusqu’ici non testées, ces deux technologies sont actuellement à l’étude par ARVALIS - Institut du végétal. Aujourd’hui et en l’absence d’autres résultats, le seul objectif en traitement fusariose est d’appliquer les produits avec un volume de 150 l/ha quelle que soit la buse utilisée.

A noter que ces résultats peuvent s’appliquer aux traitements contre les pucerons des épis, d’autant plus que les produits agissent par contact dans les deux cas.

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8 commentaires 15 mai 2020 par PERRIOT

M. François, difficile de tout expliquer par ce type de forum et je crains que nous mélangions les différents facteurs étudiés et les conclusions à en tirer. Je serai ravi que nous partagions nos résultats ensemble à l'occasion d'une réunion d'échange si vous le souhaitez. Je vous invite à me contacter par email. Bien cordialement, B.PERRIOT

15 mai 2020 par François C.

"Nous faisons bien sûr varier les 2 facteurs". le "bien sûr" est en trop, la gamme de buses actuelle permet tout à fait de passer de 80 à 150 L sans changer de vitesse. Je pose la question de la vitesse parce que : - Selon Arvalis c'est un volume élevé qui améliore l'efficacité - Des essais canadiens (Ontario 2002 et 2003) concluent que c'est le type de buse qui compte, et au contraire d'Arvalis qu'il ne faut pas trop mouiller. La vitesse (pulvérisateur classique à 9 et 19 km/h, hélicoptère, avion) n'étant pas retenue comme influençant l'efficacité. - Les essais de mon union de CETA montrent que le facteur principal d'efficacité est une vitesse réduite de traitement pour toucher la face arrière de l'épi. Donc la réponse n'est pas aussi évidente que vous semblez le dire.

15 mai 2020 par PERRIOT

Cher M. Montagne, dans un protocole comme celui-ci, quand nous faisons varier le volume entre 80l/ha et 150l/ha, nous faisons bien sûr varier les 2 facteurs (vitesse et calibre) tout en veillant à ce que les réglages de pressions donnent des tailles de gouttes équivalentes entre différents volumes/ha. Mais je ne vois pas où vous voulez en venir en disant "la vitesse n'est pas neutre". En effet, dans la littérature, une vitesse élevée aurait tendance à augmenter les dépôts sur épi. On ne peut néanmoins que constater que le volume prime devant la vitesse, dans nos essais. Bien cordialement. B. PERRIOT

15 mai 2020 par François C.

Merci M.Montagne mais c'est bien parce que je sais qu'il y a plusieurs façons de modifier un volume que je demande à Arvalis la méthode retenue. Ce n'est pas neutre.

15 mai 2020 par MONTAGNE

Merci pour la réponse. Pour Mr François, il existe en effet des abaques (constructeur ...): vitesse d'avancement du tracteur, calibre de buse et pression utilisée => les 3 déterminent le volume de bouillie /ha. Si vous variez 1 des facteurs, le volume diminue ou augmente.

15 mai 2020 par François C.

Bonjour, pourriez-vous répondre à la question posée à plusieurs reprises : vous modifiez le volume/ha par variation de la vitesse de traitement ou par utilisation de buses différentes ? Les 2 peut-être ? Ça serait hasardeux de postuler que la vitesse n'a aucune influence sur l'efficacité pour une cible difficile à atteindre en totalité comme l'épi.

15 mai 2020 par PERRIOT

Bonjour A ce jour, nous n'avons pas mis en évidence l'intérêt de ce type d'adjuvants pour augmenter l'efficacité de protection. Les premiers résultats vont un peu dans le même sens que les buses à double fente: même si on observe une augmentation de rétention, cette augmentation n'est peut-être pas suffisante pour observer un effet positif sur l'efficacité de protection et le rendement. Mais nous continuons néanmoins les recherches car c'est un sujet d'importance pour ce type de traitements. Bien cordialement, B.PERRIOT

15 mai 2020 par MONTAGNE

Beaucoup préconisent Sticman avec le fongi anti fusa; avez vous déjà analysé un intéret quand on est à 120-150l/ha? merci

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