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tourteau de colza Alimentation animale

Le tourteau de colza : sûr, économique et facile à utiliser

28 août 2011

Grâce à ses qualités nutritionnelles et à son prix attractif, le tourteau de colza peut être incorporé dans l’alimentation des bovins, des ovins et des porcins. Il constitue une source de protéines appréciable, et peut se substituer au tourteau de soja.

Les unités de trituration en France : capacités de trituration en colza, tournesol et soja (en milliers de tonnes de graines pour l'année 2010)

Figure 1 : Implantation des usines de production de tourteau de colza déshuilé en France (Rouen, Le Mériot, Bordeaux, Sète, Dieppe et Compiègne : Saipol ; Montoir et Brest : Cargill ; Verdun : Ineos)

Le tourteau déshuilé, coproduit de la trituration des graines de colza, constitue une source de protéines appréciable et abondante pour l’alimentation animale. Produit dans 9 usines réparties sur l’ensemble du territoire (figure 1), il est disponible toute l’année. Obtenu par des procédés de pressage et d’extraction, il possède une très faible teneur en huile résiduelle (< 3% MB) et une teneur en protéine voisine de 34 % MB. Il se présente sous forme broyée ou plus généralement granulée. En 2010, 2,3 millions de tonnes ont été consommées en France, dont plus de 60 % par les ruminants et près de 30 % par les porcs.

Sommaire : 

 ►Vaches laitières : 1 kg de tourteau de soja = 1,5 kg de tourteau de colza
 ►Ovins : avantage par rapport aux autres aliments azotés
 ►Porcins : des performances équivalentes au soja

Vaches laitières : 1 kg de tourteau de soja = 1,5 kg de tourteau de colza

Moins riche en protéines (34 %) que le tourteau de soja (45 %), le tourteau de colza a des valeurs protéiques (PDI) plus faibles (tableau 1). Par ailleurs, sa richesse en cellulose réduit sa valeur énergétique. Avec des concentrations en lysine et méthonine digestibles proches des seuils recommandés pour les vaches laitières, il permet d'atteindre facilement un équilibre en acides aminés dans la ration. Particulièrement riche en phosphore et bien pourvu en calcium, il permet d’économiser jusqu’à 50 % des minéraux par rapport à ceux nécessaires avec un aliment à base de tourteau de soja.
L’intérêt économique du tourteau de colza est déterminé par le rapport entre son prix départ usine et le prix du tourteau de soja Lorient, qui s’établit en moyenne à 0,64 depuis 2000 (figure 2 p.20). Selon l’Institut de l’Elevage, ce rapport est intéressant en dessous de 0,80 pour les vaches laitières et de 0,77 pour les bovins à l’engraissement.

Taux butyreux (TB) réduit et taux protéique (TP) amélioré

Les essais sur vaches laitières suivis par l’Institut de l’Elevage et le CETIOM ont montré que le remplacement de 1 kg de tourteau de soja par 1,5 kg de tourteau de colza n’entraîne pas de réduction significative de consommation de la ration de base. Par contre, l’ingestion totale est légèrement augmentée (+1,1 kg) du fait d’un apport supplémentaire de tourteau. Ainsi, les animaux consomment jusqu’à 6 kg de tourteau de colza par animal et par jour sans problème d’appétence à condition de respecter, comme pour tout changement de matière première, une transition d’environ 2 semaines. Comparée à une ration à base de soja, la production laitière avec une ration colza est légèrement augmentée (+0,6 kg par jour), le TB est réduit (-1,2 g/kg) et le TP a tendance à augmenter (+0,3 g/kg). La reprise de poids est également plus importante pour les animaux nourris au tourteau de colza.

Influence des acides gras (AG) sur la qualité

La composition en AG de la matière grasse des tourteaux de colza et soja diffère (tableau 2). La part des AG insaturés est supérieure dans la matière grasse du tourteau de colza, ce qui influence la composition du lait et serait de nature à améliorer les qualités nutritionnelles (en limitant le risque athérogène) et technologiques des produits.

Distribution, présentation et stockage

En général, le tourteau de colza est mieux consommé en l’état s’il est présenté en granulés. Cependant, en ration complète, mélangé aux fourrages, la présentation en farine ne présente aucun problème. Stocké en cellule ou sur un sol en béton sans remontées d’humidité, il se conserve plusieurs mois comme un tourteau de soja.
Le tourteau de colza est aussi largement incorporé par les fabricants d’aliments composés dans les correcteurs azotés (jusqu’à 80 %) ou les concentrés de production. Il peut permettre un approvisionnement d’origine métropolitaine recherché par certains cahiers des charges.

Engraissement des bovins

Plusieurs essais ont été conduits par l’Institut de l’Elevage sur taurillons consommant des rations de base essentiellement à base d’ensilage de maïs distribué à volonté.

0,7 à 1 kg de tourteau de soja a été remplacé par 1 à 1,7 kg de tourteau de colza. Les consommations d’ensilage et de céréales sont légèrement réduites et la consommation totale de la ration n’est que très peu augmentée (+0,1 kg MS en moyenne). Dans ces conditions, les croissances réalisées et les qualités de carcasse sont, en moyenne, identiques. De nouveaux essais sont actuellement suivis par l’Institut de l’Elevage. Ils sont conduits sur jeunes bovins d’élevage ou à l’engraissement sur 5 sites de lycées agricoles et stations expérimentales.


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Ovins : avantage par rapport aux autres aliments azotés

En 2010, 8 essais coordonnés par l’Institut de l’Elevage ont été réalisés sur 5 races de brebis viande en lactation et les agneaux en finition. Sur un même site étaient comparés un lot avec du tourteau de colza comme correcteur azoté et un lot témoin avec une autre source de protéines (tourteau de soja, aliment complet ou complémentaire azoté) dans des rations iso-énergétiques et azotées. Dans tous les essais, des résultats équivalents (avec moins de 10 % d’écart) ont été constatés en terme d’état corporel des brebis et d’évolution du poids des agneaux.
Pour les ovins, dans de nombreuses situations, le tourteau de colza est plus intéressant que les autres aliments azotés, particulièrement lorsque le prix du tourteau de colza est inférieur à 2/3 du prix du tourteau de soja.

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Porcins : des performances équivalentes au soja

Utilisation facile

Les différents essais réalisés par l’IFIP en post sevrage et en engraissement ont permis d’établir des recommandations (tableau 3), sans incidence significative sur la consommation journalière, les croissances et les indices de consommation ou sur l’appétence. L’inappétence parfois évoquée à l’introduction du tourteau de colza est généralement liée à la transition alimentaire : elle peut être observée avec tout changement de régime et se résorbe en quelques jours.

Si les produits de dégradation des glucosinolates, composés naturellement présents dans les graines de colza, peuvent être responsables de troubles physiologiques chez les porcs, les efforts de la sélection ont permis d'obtenir des variétés dont la teneur en glucosinolates est considérablement réduite (colza 00). Les enquêtes annuelles CETIOM/ONIDOL montrent que les lots de graines ont une teneur moyenne de 14.2 micromoles/g, la quasi-totalité ayant une teneur inférieure à 25 µmol/g.
La teneur moyenne des tourteaux industriels, analysée par le CETIOM sur plus de 450 échantillons issus de l'ensemble des 9 sites industriels français depuis 2003, est inférieure à 11 micromoles/g MS. L'utilisation des tourteaux de colza 00 n'occasionne donc aucun trouble physiologique.

Porcs à l’engraissement

Des formules réalisées par l’IFIP en énergie nette (EN) et AA digestibles avec les ratios lysine digestible/EN de 1,2 pour porcelets, 0,9 en croissance et 0,8 en finition et respectant les normes Corpen, ont comparé l’incorporation de tourteau de soja et/ou tourteau de colza et/ou de pois (tableau 5). Il est tout à fait possible de formuler sans soja pour les porcs charcutiers. Avec les prix de marché de décembre 2009, les formules incorporant du tourteau de colza et du pois permettent de diversifier l’approvisionnement en protéines sans augmenter le prix des aliments.

En production porcine, le tourteau de colza est attractif dès qu’il coûte moins de 65 % du prix du tourteau de soja, ce qui est très généralement le cas puisque le rapport moyen observé depuis 2000 est de 64 %.






Truies

Des essais menés en 1993 par l’INRA suite à la mise au point des nouvelles variétés de colza 00 et complétés en 2006 par l’IFIP ont montré l’innocuité des tourteaux de colza incorporés à 10 % dans les formules de gestation et lactation. L’état des truies à la mise bas et la prolificité étaient identiques. De nouveaux essais réalisés sur plusieurs cycles de reproduction successifs n’ont montré aucun effet à long terme de l’ingestion de 10 % de tourteau de colza en gestation puis en lactation avec une ingestion quotidienne inférieure à 5 millimoles de GLS par truie et par jour.
Deux essais ont été menés en maternités collectives sur de grands effectifs (600 et 700 truies) par Sanders en 2008 et 2009 pour tester l’incorporation de 10 % de tourteau de colza pendant 18 mois. Aucun effet négatif sur les performances numériques et de reproduction des truies n’a été observé. Un essai sur truies puis sur porcs charcutiers issus de ces mêmes truies n’a montré aucun effet cumulatif de l’incorporation de 10 % de tourteau de colza.
Aucune perturbation du fonctionnement de la thyroïde à la naissance ou en fin de croissance n’a été observée. Les indices de consommation et la qualité des carcasses ont été tout à fait identiques. Par ailleurs, le respect d’une continuité de profil en matières premières entre les formules de gestation et lactation facilite la conduite à volonté des truies pendant la lactation.


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