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ferti PK Phosphore et potassium

Le raisonnement de la fertilisation P-K repose sur quatre critères

12 juillet 2018

Suivant le niveau d'exigence de la culture et la teneur en PK dans le sol, il est possible ou non de réaliser une impasse. Le passé de fertilisation et la restitution ou non des résidus de culture du précédent sont également des éléments à prendre en compte.

Les sols cultivés contiennent des réserves de phosphore et de potassium souvent importantes. Mais tout n’est pas immédiatement disponible pour les plantes. Ces éléments sont présents dans le sol sous des formes très diverses. La fraction présente dans la solution du sol à un instant donné est très faible, à la différence de l’azote par exemple.

Dans le volume de terre dans lequel les racines puisent P et K, la solution du sol est cependant en permanence réalimentée par diffusion à partir de la phase solide. Lorsque le sol ne peut réalimenter suffisamment vite la solution en raison d’une trop faible disponibilité de ces éléments, l’apport d’engrais est nécessaire pour satisfaire les besoins des plantes. Elles sont plus sensibles à la carence pendant leur phase juvénile.

Les bases du raisonnement de la fertilisation PK, établies par le Comifer (Comité français d’étude et de développement de la fertilisation raisonnée), reposent sur quatre critères : l’exigence des espèces cultivées, l’analyse de terre, le passé récent de fertilisation et la restitution ou non des résidus de culture du précédent.



Sommaire

Ne pas confondre exigences et besoins
Lire l'analyse de terre
Gérer les résidus de récolte


Ne pas confondre exigences et besoins

Les espèces cultivées ont des sensibilités différentes à la carence en P et/ou K, qui se traduisent par des pertes de production d’autant plus élevées que l’espèce est sensible. Cette caractéristique des espèces, liée à la nature de leur système radiculaire ou au rôle de P et K dans l’élaboration de leur production, est traduite par la notion d’exigence. Elle ne signifie pas que les cultures exigeantes absorbent ou exportent plus de P ou de K que celles qui le sont moins (tableau 1 : Niveaux d’exigence pour P et K de différentes cultures).



Lire l'analyse de terre

Les teneurs du sol en P et K, données par l’analyse de terre, constituent des indicateurs de leur niveau de disponibilité dans le sol. Ces teneurs s’interprètent différemment selon le niveau d’exigences des cultures.

Plusieurs valeurs seuils sont proposées dans la grille PK du Comifer :
• T impasse : teneur au-dessus de laquelle il est possible de réaliser une impasse de fumure,
• T renforcé : teneur au-dessous de laquelle il faut renforcer la fumure au-delà de la stricte compensation des exportations.

Retrouvez le détail de ces valeurs seuils par région, type de sol, et niveau d'exigence des cultures en PK en accédant à la grille PK du Comifer.


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Gérer les résidus de récolte

Lorsqu’une espèce est cultivée pour ses graines (blé, maïs, colza, tournesol…), l’essentiel du phosphore prélevé par la culture est présent dans le grain et donc exporté. En revanche, la majorité du potassium (80 à 90 %) est présent dans les tiges et les feuilles, sous une forme très soluble. Au cours des premières phases de décomposition des résidus, ce potassium est libéré sous une forme identique à celle d’un engrais potassique. La restitution des résidus de récolte du précédent équivaut donc à un apport important de K2O. Un blé de 80 q restitue plus de 100 unités K2O/ha par les pailles et chaumes. Le potassium nécessaire pour une culture est le complément de ce qu’ont restitué les résidus de la culture précédente. Bien entendu, en l’absence de restitution des résidus de récolte, l’impasse sur la fertilisation potassique est plus risquée et la dose de potassium nécessaire est généralement plus importante.


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7 commentaires 17 juillet 2018 par LE SOUDER

A propos du dosage du phosphore assimilable, 3 méthodes existent encore en France et toutes ont montré leur pertinence en prédisant des comportement de réponse des cultures (perte de rendement en l'absence d'apport d'engrais) lorsqu'elles sont utilisées correctement. Seulement, elles sont valables dans des conditions de sol particulières. L'intérêt de la méthode Olsen est que c'est une méthode d'extraction "douce" qui limite le plus les risques de surévaluation de la disponibilité dans certains cas, comme l'a souligné, néanmoins de façon exagérée, l'internaute ROEDERER. Par ailleurs, elle est utilisable sur tous les types de sol (calcaires ou pas). Dans votre cas, la méthode Olsen correspond, et je ne vois pas pourquoi elle favoriserait les vendeurs d'engrais : chaque méthode a ses propres seuils d'interprétation. Ces seuils sont d'ailleurs disponibles sur ce site web, par région (mots-clés : phosphore, seuils). Bien cordialement,

17 juillet 2018 par LE SOUDER

Bonjour, Actuellement les analyses de terre concernent des indicateurs physiques, chimiques et organiques du sol essentiellement de façon opérationnelle. D'autres indicateurs liés à l'activité biologique existent et sont parfois réalisés en routine. Ces indicateurs sont potentiellement intéressants mais ils ne sont pas encore opérationnels, c'est à dire que l'on se sait pas relier des valeurs d'indicateurs avec une action à réaliser en matière de gestion organique ou minérale de la parcelle. Des travaux sont en cours pour cela, et nous avons déjà eu l'occasion de publier quelques résultats. Bien cordialement, .

17 juillet 2018 par LE SOUDER

Bonjour, Pour les pailles de colza, il existe une table de référence récente des valeurs moyennes sur les récoltes exportées (COMIFER, 2007). Pour les pailles de colza, les valeurs sont les suivantes : 1 t de pailles de colza exporte : 1,7 kg P2O5, 14,5 kg K2O et 0,75 kg MgO. Bien cordialement, Ch. Le Souder

17 juillet 2018 par ROEDERER

Ce que j'ai retenu de la différence de valeurs des analyses de Phosphore, c'est que: Joret-Hebert dose les formes de phosphore y compris insolubles (et donc, non disponibles pour les plantes...), Olsen se rapproche bien des formes solubles, et donc, efficaces pour les plantes ! Revenir à la première analyse est générateur d'erreurs de fertilisation: on peut avoir beaucoup de phosphore dans un sol sans qu'il soit disponible... C'est dangereux, ça, non?

17 juillet 2018 par SEILER

Bonjour, quelle méthode d'analyse du phosphore doit t'on choisir en sol basique à pH entre 7,8 et 8,4? Avec Olsen on enrichit les vendeurs d'engrais (200kg de 18/46/ha en localisé sur maïs pour 135qtx de moyenne et 200kg en plein sur betteraves pour 107T de moyenne quinquennale) , Joret Hebert me conviendrai mieux, mais j'ai besoin d'être rassuré. Je suis maïsiculteur et betteravier avec de forts potentiels grâce à l'irrigation

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