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Messagerie Champagne-Ardenne

Physiologie des céréales : quelle dynamique à la reprise de végétation ?

11 mars 2021

Après la vague de froid de mi-février, les températures sont reparties fortement à la hausse ! Quel est l’impact de ces deux phénomènes sur l’arrivée du stade épi 1 cm ?

Des semis d’automne légèrement retardés

Le début d’automne 2020 s’est caractérisé par des pluies importantes, avec plus de 50 mm sur la première décade d’octobre à Fagnières (51). Elles ont retardé les chantiers de semis de céréales d’hiver d’environ 5 à 10 jours selon les secteurs (peu de semis précoces).

Les semis ont été très regroupés : plus de la moitié des blés et environ 70 % des orges d’hiver ont été semés entre le 10 et le 20 octobre.

Après le 20 octobre, l’humidité des sols et le maintien de températures particulièrement douces jusque mi-novembre ont permis un bon démarrage des cultures.

Un hiver pluvieux marqué par des épisodes de froid

Des précipitations records en hiver !

L’hiver 2020/2021 a été marqué par des épisodes de fortes précipitations, ce qui a conduit à une saturation des réserves en eau des sols superficiels et profonds (carte 1, figure 1).

Carte 1 : Cumuls des précipitations (en mm) du 1er octobre 2020 au 1er mars 2021

Figure 1 : Cumuls de précipitations (en mm) et de températures (en °C) au cours de l’hiver 2021 dans différentes stations météo

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Ces conditions climatiques ont eu un impact direct sur les Reliquats en Sortie d’Hiver. Selon les contextes pédoclimatiques, l’azote et d’autres éléments comme le soufre ont pu subir des phénomènes de lixiviation (entraînement en profondeur par les eaux de drainage), diminuant les stocks réellement disponibles pour les plantes. Les contextes les plus à risque sont les sols superficiels.

Nous avons déjà communiqué sur l’impact de ces pluies sur la fertilisation soufrée et azotée des céréales en 2021.

Episode de froid de mi-février : quel impact sur les céréales ?

L’hiver a été globalement doux. Le coup de froid de mi-février (trois jours avec des minimales allant jusqu’à -14°C, carte 2) a fait plus de peur que de mal sur les céréales d’hiver. Quelques symptômes de gel sont apparus (jaunissement/rougissement des feuilles) mais avec relativement peu de dégâts.

Cependant, pour les quelques orges de printemps semées à l’automne, plus sensibles au gel, les situations ont été plus hétérogènes en fonction des sols et des expositions. Dans certains secteurs, des gels physiologiques importants (feuilles jaunissantes, défoliations) ont parfois conduit au retournement des parcelles. Dans d’autres, il faudra avant tout aller observer les cultures et vérifier l’émission de nouvelles feuilles dans les prochains jours, montrant que la végétation repart. Il faut viser autour de 150-200 plantes viables par m².


Orges de printemps semées à l’automne (photo prise à L’épine dans la Marne le 3 mars 2021)

Carte 2 : Températures minimales sous abri (en °C) relevées le 14 février 2021

Un stade épi 1 cm prévu proche de la médiane

Après la vague de froid de mi-février, les températures sont reparties fortement à la hausse, accélérant la reprise de végétation des céréales. Pour mesurer l’impact de ces deux phénomènes sur l’arrivée du stade épi 1 cm, des simulations ont été réalisées sur les variétés de blé tendre Chevignon et Rubisko dans différents contextes à l’aide des modèles ARVALIS (tableau 1).

Alors que les prévisions de mi-février annonçaient une date du stade épi 1 cm plutôt début avril, la hausse des températures a quelque peu accéléré le cycle. Les simulations du 4 mars prévoient l’atteinte de ce stade en moyenne le 29 mars en sols de craie, ce qui est dans la moyenne par rapport aux 10 dernières années (31 mars). Quant aux blés dans le Barrois, ils seront légèrement en avance par rapport à la moyenne décennale (stade épi 1 cm prévu le 4 avril contre le 10 avril en pluriannuel).

En fonction des dates de semis, de la précocité des variétés semées et des contextes pédoclimatiques, il reste important de surveiller vos parcelles pour prévoir au mieux l’arrivée du stade épi 1 cm.

Tableau 1 : Simulations de prévisions du stade épi 1 cm pour les variétés de blé Chevignon et Rubisko, réalisées le 4 mars 2021 pour la région Champagne-Ardenne (Modèle Stadilis)

NB : Attention, ces simulations ne prennent pas en compte les températures postérieures au 4 mars 2021, elles peuvent donc évoluer.

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