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Pour un faux semis efficace - Déchaumeur à disque indépendant dans une parcelle sol nu Ce mois-ci dans Perspectives Agricoles

Le faux-semis est-il incontournable ?

28 septembre 2017

Conserver des parcelles propres autant que possible se raisonne en premier lieu à l’échelle de la rotation. Puis, chaque année, tout doit être mis en œuvre pour réduire la présence des adventices. Le faux-semis est un des leviers à activer, sur lequel revient Lise Gautellier-Vizioz, spécialiste en gestion des adventices chez ARVALIS – Institut du végétal.

Perspectives Agricoles : Qu’entend-on exactement par faux-semis ?

Lise Gautellier-Vizioz : Un faux-semis est un travail superficiel du sol à moins de cinq centimètres de profondeur. Il a pour objectif de favoriser la levée des adventices afin de les détruire avant l’implantation de la culture. Il contribue à réduire le stock de graines d’adventices dans le sol et à limiter leur développement dans la culture suivante. Sa réussite repose sur le choix des outils, sur la nature des adventices ciblées et reste dépendante des conditions climatiques.
Un faux-semis demande une préparation fine du sol. Il s’agit d’établir un bon contact terre-graine favorisant la levée. Un roulage peut ainsi être déterminant en conditions sèches.


P.A. : Comment choisir la date d’intervention ?

L.G.V. : Il faut que les graines d’adventices soient en mesure de germer. Leur dormance doit être levée et les conditions d’humidité et de température, du sol notamment, doivent être adaptées aux caractéristiques de l’adventice visée.
Le brome stérile non dormant germe facilement en été ou à l’automne. Le faux-semis est alors très efficace. Les vulpins et les ray-grass ont des dormances plus prononcées. Seule une partie du stock semencier de ces deux adventices sera en capacité de germer à la fin de l’été ou au début de l’automne. L’impact du faux-semis sur le vulpin sera généralement plus élevé à partir de mi-septembre.


P.A. : Faux-semis et décalage de la date de semis sont-ils liés ?

L.G.V. : Un faux-semis n’engendre pas automatiquement un décalage de la date de semis. S’il est envisageable, le décalage de la date de semis facilitera son efficacité puisqu’il est préférable de laisser un intervalle de trois semaines entre le dernier faux-semis et le semis de la culture. Il peut également être nécessaire, sur les parcelles les plus infestées, d’effectuer plusieurs faux-semis, en travaillant toujours à la même profondeur.


P.A. :
Quels sont les outils à privilégier ?

L.G.V. : Les outils à utiliser pour réaliser un faux-semis doivent être capables de travailler sur quelques centimètres uniquement et de produire suffisamment de terre fine. On privilégiera donc les herses de déchaumage, les bêches roulantes, les vibrodéchaumeurs ou encore les déchaumeurs à disques indépendants. Les conditions météo lors de l’intervention et les jours suivants sont déterminantes pour assurer le dessèchement des plantes et limiter le risque de repiquage.
Il est également important de ne pas laisser de bande non travaillée. Pour cela, les outils à dents de type vibrodéchaumeurs et cultivateurs à deux ou trois rangées de dents sont bien adaptés.
En conditions humides, l’utilisation de glyphosate peut s’imposer, surtout lorsque la destruction du faux-semis se fait juste avant le semis de la culture.


P.A. :
Les faux-semis sont-ils efficaces sur toutes les adventices ?

L.G.V. : Dans les conditions que nous venons d’évoquer, un faux-semis est efficace sur les différentes espèces annuelles. En présence de vivaces, qui se multiplient par reproduction végétative, il faut éviter de fragmenter les rhizomes, avec un outil à disques notamment, pour ne pas les bouturer.


Pour accéder à l’intégralité du numéro, rendez-vous sur le site www.perspectives-agricoles.com.


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8 commentaires 02 octobre 2017 par ROEDERER

Rajoutez, là-dessus, des animaux et donc des apports d'engrais de ferme au printemps (hé oui, c'est en hiver que les animaux fabriquent du fumier et ou du lisier), et la charrue retrouve toute sa place...

01 octobre 2017 par BRETON

laisser les terres au 35 H , pas possible !!! si on veut être raisonnable .... l'agronomie nous impose un retour dans la parcelle par cycle de 20 jours environs . En effet en fonction des sols il n'est pas nécessaire de secouer 20 cm de profil , de plus si il y a infestation de graminées , le risque est d'enfouir des graines pour les années futurs . Le travail superficiel est souvent concluant ,en partant du plus profond au plus superficiel . Mais en cas de résidus de récolte, important , cela impose souvent le passage d'un broyeur ! Il est vrai que les disques donne visuellement un " beau " travail , mais souvent pas " bon " travail , car découpe ( voir multiplie ) et non arrache....

30 septembre 2017 par FLEURIET

Suite de mon message en dessous : ma technique s'applique bien je pense au terrains léger et/ou limoneux. Je suis d'accord pour dire qu'en terre argileuse le non travail du sol, la mise en place de couvert, le semis direct avec usage de glyphosate peut être une solution adaptée (en tout cas à tenter sur une part de son exploitation, d'ailleurs en sol léger aussi si on a envie de s'amuser) Mais je reviens un peu du rêve du passage unique du semoir parfait (hors de prix) dans des conditions parfaites qui t'offrirai l'assurance d'une bonne levée... C'est quand même beaucoup de risques... Sinon pour revenir au message précédents je pense que il y a plus de 50% des agriculteurs auxquels il faut donner des exemples de réussites de moindre usage des phytos et auxquels il faut apporter des solutions "clés en main" pour y arriver. A voir ce qui se passe avec l’agriculture de conservation.

30 septembre 2017 par FLEURIET

Le faux semis "restrictif" qui est décrit : faible profondeur de travail (moins de 5 cm) création de terre fine et rappui ne doit pas être le seul mis en place pour réduire le stock semencier. Les opérations d'interculture doivent répondre a pas mal d'autres objectifs dont effectivement le FONDAMENTAL : faire relever et détruire les adventices. Je pense que pour ça il faut avoir accès à un maximum d'outil : passer par une cuma car difficile économiquement d'avoir au minimum entre 3 et 7 outils différents de travail du sol pour une seule exploitation (même grande). Dans des intercultures courtes d'automne sans couvert (entre colza et blé ou blé et escourgeon) : mon principe correct pour à la fois enfuir les résidus, meubler le sols, le niveler, réduire les adventices, et être prêt à semer dans mes sols de champagne crayeuse (ok facile à travailler...), : c'est passage de disques (indépendants) juste après la moisson ( à la la limite de pouvoir déraciner toutes les chaumes). sauf si vivaces = dents. laisser reposer le sol au moins 3,4 semaines avec ses repousses. Ensuite je vais travailler du plus profond au moins profond. 2éme passage : sous soleuse ou chisel qui "fait de la terre", laisser au moins deux semaines ou trois ou semaine entre chaque interventions, 3eme passage néodechaumeur pas trop profond ou vibrodéchaumeur pour bien reniveler et détruire les repousse (vers le 10-20 septembre) attention les conditions doivent être bien ressuyer voir sec et avoir 2-3 jours de secs derrière (évite les repiquages). Espérer pluie pour une relevée qui sera détruite avec dernière intervention au disque indépendants entre le 1er et 10 octobre. L'intérêt du disque à la fin est qu'il détruit bien les repousses de graminées : toujours pareil à conditions d'avoir deux jours de secs derrière. LES PREVISIONS METEO : LE PLUS IMPORTANT (voir l'unique et pas cher) OUTIL d'AIDE à la DÉCISION. Ensuite si bonnes condtions bien sèches semis peut être aussitot. Sinon attendre jusque une semaine. Lors du semis (au sec!) on a bien une petite herse qui va détruire les filaments quasi invisibles en train de repousser. Voila ma techniques qui je pense peux s'

29 septembre 2017 par BRAULT

IL FAUT LAISSER LES TERRES AU REPOS COMME VOUS LES TECHNISSIENS AU 35 HEURES IL NE FAUT CRéer du travcail suplémentaire pour les agriculteurs qui certain travaillent 7 jours sur 7 comme moi

29 septembre 2017 par LENORDISTE

Bon commentaire criblant de vérité

29 septembre 2017 par BOURSE

bien dit

29 septembre 2017 par GOSSELIN

Faux semis !!! Le nouvel argument entendu partout, la panacée ! On a pas attendu les ingénieurs d'arvalis et autres bio et compagnie pour savoir cela. On prends vraiment les agriculteurs pour des cons. C'est sur que les faux semis sur les limons d'Estrées Mons, cela doit bien marcher, mais dans ce type de terre, on peut faire n'importe quelle connerie, on s'en sortira toujours. Les problèmes de désherbages, c'est surtout dans les terres très argileuses (biefs en Picardie) et là, le faux semis , c'est pas la même chanson !!! décaler les semis dans ces types de terre, c'est la catastrophe assurée 8années sur 10.: quand il fait sec, bonjour le fax semis, rien ne lève, et quand il fait humide les semis de céréales dans les argiles humides, c'est simplement pas possible, ou voué à l'échec. Or dans ces terres argileuses, c'est soit céréales, soit colza 1 an sur 3 ou 4. les cultures de printemps dans ce type de terre, c'est la loterie. Si il fait trop sec c'est foutu. Quand il faut nous donner des leçons, j'aimerai bien qu'on le fasse vraiment dans les terres difficiles ! Mais là, les conseilleurs de tout bord, n'auront pas le courage de montrer leurs échecs!!

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