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Le datura en 7 questions/réponses

28 avril 2022

Suite à un webinaire organisé par ARVALIS et l’Unilep sur le datura, de nombreuses questions ont été soulevées, comme la durée de vie de la graine, l’effet du travail du sol, l’enfouissement de l’azote et les méthodes de destruction… Même les sangliers se sont invités au débat. Quelques réponses en vidéo.

Question 1 : Quelle est la durée de vie de la graine de datura ?

La durée de vie des graines de datura dans le sol est très élevée. Même après 40 ans d’enfouissement, elles sont encore viables et peuvent germer. En comparaison, la morelle noire et la renouée persicaire perdent leur capacité à germer beaucoup plus rapidement.

Question 2 : Quel est l’effet du travail du sol sur la germination du datura ?

Les études sur l’effet du travail du sol montrent que la lumière joue un rôle crucial dans le déclenchement de la germination du datura. Des petits flashs lumineux suffisent à déclencher des germinations.

• Sans travail du sol, ce sont les graines les plus en surface qui germent préférentiellement.

• Après un travail du sol, le « choc lumineux » semble stimuler les levées, et plus particulièrement celles des graines qui étaient enfouies plus profondément.

Question 3 : Y a-t-il des moyens pour détruire les graines de datura (méthanisation, compost...) ?

Peu de données existent sur l’action des traitements thermiques sur la survie des graines de datura.

Une publication de 2020 fait état d’une diminution de la viabilité des graines après une phase de compostage, mais le datura semblerait moins sensible que les autres espèces testées.

Pour la méthanisation, aucune étude n’est connue à ce jour. Le projet METADATURA qui démarre en 2022 en Nouvelle-Aquitaine permettra d’apporter de nouvelles connaissances à ce sujet.

Question 4 : L’enfouissement de l’azote a-t-il un impact sur le cycle du datura ?

Il est de notoriété publique que l’enfouissement d’azote, surtout s’il est associé à un petit grattage du sol, entraîne des levées de mauvaises herbes, dont le datura. Face à ce constat, trois stratégies existent :
- utiliser un engrais associant de l’urée avec un inhibiteur d’uréase, à épandre en plein ;
- désherber après l’enfouissement d’azote avec un mélange d’herbicides à modes d’action foliaire et racinaire pour assurer la persistance nécessaire ;
- localiser l’azote sur le rang. Dans ce cas, l’utilisation d’ammonitrate est possible.

Question 5 : Que peut-on attendre d’une destruction mécanique du datura ?

En culture, comme pour toutes les mauvaises herbes, un passage de désherbage mécanique (herse étrille, houe rotative, bineuse…) sera efficace contre le datura si les plantes sont très jeunes et les conditions ultérieures sont sèches. Dans le cas contraire, le datura a la capacité de repiquer facilement.

En interculture, il faut être très vigilant. Un fauchage ou un broyage seuls sont en général insuffisants. Pour détruire mécaniquement du datura en interculture, le mieux reste de passer un outil de travail du sol sur des daturas pas encore trop développés.

Question 6 : Y a-t-il un risque d’accélérer le cycle du datura en cas d’échec du désherbage mécanique ?

Oui, une destruction mécanique dont l’efficacité n’est pas totale présente un risque : elle peut stimuler les bourgeons axillaires et accélérer le cycle de la plante. On peut alors se retrouver avec une production de bogues plus importante et plus précoce que si l’on n’avait rien fait.

Question 7 : Le datura est-il un répulsif à sangliers ?

Non, les parcelles contenant du datura ne sont pas moins fréquentées par les sangliers que des parcelles indemnes de cette plante toxique.

Pour en savoir plus, visionnez le webinaire organisé le 28 janvier 2021 par ARVALIS et l’Unilep :

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1 commentaires 29 avril 2022 par CHICOUENE

A propos de la description morphologique, à 4:03 "fleurs blanches" puis "bogues" sont 2 caractères trop restrictifs par rapport à ce qui est connu en France depuis plus de 2 siècles : les corolles peuvent aussi être plus ou moins violacées ou pourpres (cf. Flora Europaea), et les fruits peuvent aussi être plus ou moins lisses. Concernant les rotations culturales, disons que les cultures d'automne ne permettent généralement aucune reproduction des Datura ; donc dans une parcelle nouvellement contaminée, logiquement plus il y a de cultures d'automne et plus l'infestation va progresser lentement en nombre d'années comparativement à une parcelle avec de fréquentes cultures de printemps laissant les Datura fructifier ; mais introduire des cultures d'automne dans une parcelle infestée ne va pas faire baisser significativement le stock de graines dans le sol. La conduite des intercultures est un sujet complémentaire pour des levées et reproductions ; un individu chétif à un seul fruit va produire de l'ordre de 100 graines.

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