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Fumure de fond

Le calcul des doses de P et de K évolue

30 août 2010

La méthode « Comifer » de calcul des doses de fertilisant P et K, mise au point dans les années 90, a fait l’objet d’un « toilettage » récent. Si les principes de départ n’évoluent pas, les grilles de calculs sont actualisées avec les nouvelles connaissances (table de teneurs dans les exportations) et améliorées comme dans le cas de la prise en compte des exportations de paille. Ces aménagements peuvent conduire dans certaines situations, à des réductions des doses d’engrais à apporter notamment pour le potassium.

Un redéfinition des quantités d'éléments exportés et des doses à apporter dans des sols à teneur élevée

La méthode COMIFER de calcul des doses de P et K, repose sur un principe simple : l’engrais est apporté pour nourrir les cultures en complément de l’offre du sol. Le sol est un support dont la teneur en éléments permet de moduler les doses jusqu’à l’absence d’apport. Les quantités d’engrais à apporter à une culture dépendent donc de ses besoins propres et de ses capacités à prélever dans le sol les quantités d’éléments minéraux qui lui sont nécessaire, des réserves du sol, de la fertilisation des années précédentes et de la restitution ou pas des résidus de la culture précédente. Les travaux récents du COMIFER ont permis d’une part de redéfinir les quantités d’éléments exportés par les cultures et, à partir là, de préciser les doses à apporter notamment dans les sols à teneurs élevées et dans les situations d’exportations des résidus de culture.

La prise en compte de la culture en place intervient à deux niveaux dans le raisonnement. La capacité de la plante à prélever des éléments dans le sol pour assurer ses besoins et donc sa sensibilité à la réduction de fumure, détermine la part d’engrais que doivent représenter les engrais par rapport à la disponibilité de l’élément dans le sol. C’est cette capacité que décrit l’exigence de la culture.

Les cultures sont classées en trois catégories d’exigence vis-à-vis de la fertilisation potassique et  phosphatée (Tableau 1 : Classement des cultures selon leur exigence) . Les cultures très exigeantes pour lesquelles une fumure P ou K est amenée chaque année sauf dans les sols à teneur très élevée. Ce dernier point est une des innovations de la méthode Comifer 2009. A l'exception des fourrages, peu de cultures très exigeantes en potassium sont cultivées en Poitou-Charentes.
Les cultures moyennement exigeantes pour lesquelles l’apport de P ou K peut être supprimé en sol à teneur élevée à condition que la parcelle ait reçu une fumure suffisamment récente.

Les cultures peu exigeantes pour lesquelles une impasse est plus souvent réalisable à condition que cette impasse ne dure pas plus de 2 ans en sol à teneur élevée. Cette contrainte est toutefois levée pour des teneurs plus extrêmes.

Les quantités d’éléments exportées par une culture varient selon l’espèce cultivée et l’organe récolté : la récolte de grain exporte principalement du phosphore alors que les tiges, feuilles et racines sont plus riches en potasse. Les nouvelles teneurs publiées par le COMIFER (2007) font état de teneurs revues sensiblement à la baisse pour beaucoup de productions. Une nouvelle base de calcul conduit à partir de ces niveaux d’exportations à déterminer la dose à apporter. Si pour une exportation seule de grain dans un sol à richesse moyenne les doses évoluent peu, les nouvelles préconisations tendent à réduire sensiblement les doses à apporter dans deux cas :

► Dans les sols à teneurs très élevées, la possibilité d’impasse est désormais envisageable y compris pour des cultures exigeantes. Ce type de situation peut notamment se rencontrer chez des producteurs apportant régulièrement sur les mêmes parcelles des quantités importantes d’effluents organiques.
► Pour les cultures dont les pailles sont exportées en même temps que le grain (notamment les céréales à paille), la dose d’engrais est désormais calculée en ne comptant que la part d’éléments minéraux exportée par les grains. Les exportations par les pailles seront prises en compte dans le calcul de la dose de fertilisant à apporter à la culture suivante s’il est nécessaire d’apporter de l’engrais (teneur du sol inférieure au seuil d’impasse). Cela permet ainsi de mieux compenser pour la culture qui suit, l’absence quantitative et qualitative de retour des résidus pour le potassium en particulier.

Quelques exemples régionaux

La variabilité des situations rencontrées sur le terrain rendrait fastidieuse la publication des nombreux cas de figure possibles. On peut prendre l’exemple d’une parcelle en terre de groie, dont la teneur en phosphore est de 150 ppm (ou mg/kg) de P2O5 dosé par la méthode Joret-Hébert et la teneur en Potassium échangeable est de 175 ppm de potassium échangeable. Les doses indiquées dans le tableau ci-dessous sont calculées pour une rotation colza/blé/orge en prenant deux hypothèses différentes : dans le premier cas les pailles des céréales sont enfouies, dans le 2ème elles sont exportées. Les doses sont calculées avec les deux méthodes (Tableau 2 : Exemples de doses en kg de P2O5 ou K2O/ha à apporter à la culture selon le mode de calcul).


Les outils de calculs de fertilisation qui s’appuient sur la méthode Comifer intègrent progressivement ces éléments de raisonnement et permettent d’ajuster au plus près les besoins de la parcelle. Plus le raisonnement se rapprochera d’un calcul à la parcelle, plus il sera précis, plus l’efficacité économique de la fertilisation sera élevée. Attention, ces calculs rendent encore plus indispensable l’analyse de terre, l’indicateur incontournable pour piloter la fertilisation PK.

Pour l’heure, il est possible de consulter en ligne ou de commander les plaquettes présentant ces nouvelles normes en consultant le site Internet du COMIFER : www.comifer.asso.fr

Ne pas oublier d'intégrer les apports par les effluents organiques
Les effluents organiques issus d'élevages contiennent du phosphore et de la potasse dont la disponibilité est quasiment équivalente à celle des engrais minéraux les plus solubles et doivent être comptabilisés dans le plan de fumure. Ainsi, 30 t/ha de fumier de bovins apportent de l'ordre de 40 kg P2O5/ha et 210 kg de K2O/ha. Compte tenu de la variabilité importante de composition de ces produits, il est conseillé de les analyser.

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1 commentaires 19 décembre 2016 par BENHAMICHE

pas d'apport de potasse pour les céréales chez nous (algerie) pourquoi

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