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Gestion des adventices grâce à la rotation - Colza associé à légumineuses Ce mois-ci dans Perspectives Agricoles

La rotation est-elle un levier efficace dans la lutte contre les adventices ?

25 janvier 2018

En sols argilo-calcaires de Champagne berrichonne notamment, la rotation colza-blé-orge se heurte à des difficultés, voire des impasses, de gestion des adventices. ARVALIS – Institut du végétal a testé plusieurs scénarios de gestion des cultures afin d’identifier les alternatives possibles. Édouard Baranger, ingénieur régional, nous en présente les principaux enseignements.

Perspectives Agricoles : Quelles sont les limites de la rotation colza-blé-orge ?

Édouard Baranger : Ce type de rotation courte se caractérise par une forte dépendance aux intrants et des impasses techniques de plus en plus présentes dans la gestion des adventices. Les solutions chimiques ne permettent plus un contrôle satisfaisant des graminées, telles que le vulpin ou le ray-grass, du fait de la sélection de résistances. Les efficacités des traitements ne sont pas suffisantes malgré des coûts d’herbicides pouvant aller jusqu’à 200 €/ha. Les pertes de rendements dues aux adventices sont conséquentes, avec parfois, en plus, des effets de phytotoxicité importants liés à des programmes herbicides lourds.
Parmi les solutions envisagées, implanter une culture de printemps seule, comme le tournesol, ne donne pas satisfaction sur le plan de la rentabilité. Une rupture du cycle des adventices est nécessaire avec, par exemple, une succession colza-maïs-tournesol. Il faut donc envisager de revoir tout le système de culture.


P.A. :
Allonger la rotation est-il économiquement intéressant ?

E.B. :
L’étude réalisée a fixé en priorité l’atteinte d’un objectif de rentabilité et aboutit à la constitution d’une rotation sur neuf ans : lentille, blé dur, colza associé avec des légumineuses, maïs, tournesol, blé tendre, pois d’hiver, blé tendre puis orge. Les légumineuses, en culture ou en couvert, apportent de l’azote. Le choix a été fait d’introduire des cultures à plus forte valeur ajoutée, adaptées au secteur.
Un nombre de cultures plus important renforce aussi la robustesse face aux aléas météorologiques et à la volatilité des prix de vente. En allégeant les programmes, une économie d’herbicide a été réalisée, pour atteindre moins de 70 €/ha sur le blé.
Un gain de marge nette a ainsi été obtenu par rapport à la rotation colza-blé-orge. Toutefois, il faut prévoir une adaptation du matériel aux nouvelles cultures, un travail en CUMA ou de faire appel à un prestataire. Il faut aussi envisager une nouvelle organisation du temps de travail, plus régulier toute l’année avec moins de pics d’activité. Davantage de cultures exigent un temps d’observation plus long et plus de prises de décision, du fait de la multiplication des itinéraires techniques. Un préalable est bien sûr de s’assurer des débouchés des nouvelles cultures introduites en fonction du contexte local. Des solutions peuvent être à rechercher du côté d’une valorisation de la biomasse, ou encore, en produisant de la luzerne si un débouché de proximité existe.


P.A. : Quels effets sont à attendre sur l’environnement ?

E.B. : Dans la simulation réalisée, le système de rotation à neuf ans montre une réduction de la consommation d’intrants (figure 1). L’indice de fréquence de traitement (IFT) et les apports d’azote baissent de 35 %. Une moindre consommation de carburant apparaît également avec la pratique du semis direct. D’autre part, grâce à l’introduction de cultures intermédiaires notamment, la production de biomasse augmente avec un sol alors plus riche en matières organiques, améliorant la fertilité et la structure du sol. Plus de production, implique ainsi plus de stockage du carbone dans le sol et donc un meilleur bilan environnemental.


Figure 1 : Evolution des indicateurs de performance de différents scénarios de rotation (source essais Syppre)

- système de référence = rotation colza / blé tendre / orge d’hiver avec travail superficiel du sol
- scénario 0 = projection à 10
 ans du système de référence
- scénario 3 = rotation lentille / Blé dur / Colza / Maïs / Tournesol / Blé tendre / Pois d’hiver + céréales / Blé tendre / Orge d’hiver


Pour accéder à l’ensemble du numéro, rendez-vous sur www.perspectives-agricoles.com.

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4 commentaires 26 janvier 2018 par LACAINE

Avant de s'engager dans de tels assolements, il faut étudier les bouchés et c'est bien ça le problème car multiplier les cultures pour seulement diversifier l'assolement fera baisser l 'IFT certe mais le chiffre d'affaire avec.

26 janvier 2018 par POMMERAUD

il est evident que de parlez des marges nettes est plus significatifs ainsi que des formations permanentes que nous devrons faire et enregistrer ainsi que les remarques sur la climatologie affectee ... bref remettre les connaissances du milieu ou nous oeuvrons au gout du jour et surtout prendre la bonne decision en fait : faire notre metier sans avoir peur ...bon courage

26 janvier 2018 par BEETS

L'éternelle blague des rotations longues.... du maïs, du tournesol.... non irrigué en sol superficiel.... des légumineuses avec des parcelles jonchées de pierre avec une tres faible réserve utile.... c'est la moisonneuse qui va être contente ! Travailler pour la "gloire"....... merci pour le conseil ! on pourrait avoir des études faites par des gens sérieux ??? car ce genre d'étude ne servent à rien !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

26 janvier 2018 par COLSON

Jai visité cette plate forme mais quand est il des marges brutes ? Du maïs en non irrigué, des lentilles, du tournesol dans des AC...

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