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CEREALES / Désherbage : la lutte contre les graminées démarre dès l’automne

09 novembre 2011

Le développement de graminées résistantes aux herbicides complexifie le désherbage des céréales à paille. Difficile de viser 100 % d’efficacité avec un passage unique en sortie d’hiver. Les interventions précoces d’automne doivent revenir au cœur des programmes.

Sommaire :

► Le chlortoluron indispensable sur ray-grass
► Viser 80 % au moins d’efficacité à l’automne en situations difficiles
► Uniquement l’automne dans les cas de très fortes infestations

Pour lutter contre le vulpin et le ray-grass en situations très infestées, ne réaliser qu’un passage unique en sortie d’hiver n’est pas une stratégie durable. C’est ce que confirment les résultats d’essais 2010-2011 (voir encadré). Deux raisons à cela : l’impossibilité d’alterner les modes d’action pour limiter les résistances mais aussi les pertes de rendement dues à la concurrence précoce des adventices.

L’application d’automne peut être réalisée en prélevée ou post-levée, entre 1 et 3 feuilles de la culture.

Sur vulpin, les meilleurs résultats sont obtenus par le D-CAU (produit non encore homologué) en mélange avec Fosburi ou Quartz GT (90 % d’efficacité). Avec environ 85 % d’efficacité, les associations d’isoproturon (IPU) avec Fosburi, Trooper ou Défi sont également intéressantes. A noter cependant que le mélange IPU + Défi, potentiellement phytotoxique, n’est pas recommandé à ces doses.
L’application d’automne peut être réalisée en prélevée ou post-levée, entre 1 et 3 feuilles de la culture.

Le chlortoluron indispensable sur ray-grass

Sur ray-grass, le chlortoluron (CTU) est une base indispensable à l’automne. Utilisé seul, il fournit 70 % d’efficacité. En mélange, il peut en amener plus de 90 %. C’est notamment le cas pour les associations CTU + Roxy 800 EC + H1119 (non homologué) et Défi + Carat. Toutefois, le produit H1119, à base de DFF, qui n’est pas encore commercialisé, présente des phytotoxicités récurrentes lorsqu’il est mélangé avec CTU + ROXY 800EC. Les associations CTU + Défi, Défi + Fosburi ou D-CAU + Carat sont quant à elles légèrement en retrait, avec 85 % d’efficacité environ. Au final, les efficacités des applications uniques d’automne sont largement supérieures à celles de sortie d’hiver seules. Il faut cependant reconnaître que le début d’hiver 2010, précoce et rigoureux, a certainement aidé les herbicides racinaires.

Viser 80 % au moins d’efficacité à l’automne en situations difficiles

Parmi les solutions disponibles, les associations d’isoproturon avec Fosburi ou Trooper forment des bases efficaces à l’automne contre le vulpin. 


Les programmes s’appuyant sur deux applications, avec des modes d’action différents, restent la base du désherbage en situation difficile. Dans cette optique, la stratégie de référence consiste à compléter le désherbage d’automne par une application de sortie d’hiver. Il est raisonnable de viser 80 % d’efficacité dès l’automne. En deçà, cette application ne limite pas assez la concurrence en cas de fortes infestations (plus de 50 plantes/m2).
Sur vulpin, l’efficacité d’un programme automne + sortie d’hiver suit la même hiérarchie que celle obtenue avec une application unique d’automne. Complétées par Atlantis + huile en sortie d’hiver, les applications d’automne D-CAU + Fosburi + huile et D-CAU + Quartz GT + huile fournissent 96 % d’efficacité. Viennent ensuite les programmes à base d’isoproturon à l’automne (IPU + Fosburi ; IPU + Trooper ; IPU + Défi), toujours complétés par Atlantis, qui offrent 95 % d’efficacité. Celle-ci est comprise entre 90 et 95 % pour les autres modalités testées. Ces résultats montrent que le complément de sortie d’hiver n’a apporté que 5 à 15 points d’efficacité en plus, à l’exception des modalités d’automne un peu faibles, sur lesquelles le complément apporte 30 points de mieux. Cela confirme que d’une part, les dérives d’efficacité, ou résistances avérées, sont largement répandues. D’autre part, l’application de sortie d’hiver n’est qu’un complément et non la base du désherbage.


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Uniquement l’automne dans les cas de très fortes infestations

Axial Pratic + huile constitue le complément le plus régulier sur ray-grass en sortie d’hiver. 


Lorsque les infestations sont vraiment très fortes et certainement résistantes, elles doivent être gérées uniquement à l’automne avec des applications de prélevée puis de post-levée (au stade 3 feuilles) ou bien de la post-levée précoce 1re feuille puis 3è feuille. Les coûts, la faisabilité et les IFT peuvent limiter ces programmes, essentiels néanmoins dans les situations résistantes FOP/DEN/ALS.
Sur ray-grass, les conclusions sont identiques : les meilleures modalités d’automne sont également les meilleures en programme. Le complément de sortie d’hiver avec Axial Pratic à 1,2 l/ha + huile 1 l/ha permet de gagner entre 5 et 10 points. Parmi les programmes ayant les meilleures efficacités (96 %), se trouvent ceux à base de Défi 3 l/ha + Carat 0,6 l/ha, ou bien CTU 3 l/ha + Fosburi 0,4 l/ha à l’automne. Les autres modalités, légèrement inférieures, donnent toutes plus de 90 % d’efficacité. Parmi les solutions disponibles, les associations d’isoproturon avec Fosburi ou Trooper forment des bases efficaces à l’automne contre le vulpin.

Tout miser en sortie d’hiver : une stratégie aléatoire et risquée

Aucune application de sortie d’hiver testée cette année n’arrive, à elle seule, à contrôler 100 % des vulpins ou ray-grass. Toutes les modalités envisagées dans les essais ont été confrontées à deux doses : celle homologuée, N, et 5 fois cette dose, 5 N. Seul Kalenkoa sur vulpin, à la dose N semble s’en sortir avec 90 % d’efficacité. Pour retrouver de tels niveaux, il faut sinon appliquer 5 fois la dose N en Atlantis sur vulpin et en Axial Pratic sur ray-grass. Ce résultat traduit la présence d’adventices résistantes aux herbicides dans les essais. Concentrer le désherbage sur la sortie d’hiver devient donc utopique. Ce type de stratégie est à réserver aux parcelles bien connues pour leur risque de résistance nul ou faible.
Par ailleurs, les situations difficiles étaient auparavant caractérisées par de très fortes densités d’adventices. Ce n’est plus forcément le cas aujourd’hui : les produits peuvent être en échec même avec 30 plantes/m².

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