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Désherbage des céréales

La dureté de l’eau sans effet sur l’efficacité des sulfonylurées

22 mars 2013

Selon de récents essais, la dureté de l’eau n’aurait pas d’impact sur l’efficacité des herbicides antigraminées de type inhibiteurs de l’ALS.

La dureté de l’eau dépend essentiellement de la teneur en ions calcium et magnésium. En France, elle est couramment exprimée en degré français (°F), en partie par million de calcium (ppm Ca++) ou encore en partie par million de carbonate de calcium (ppm CaCO"). Une eau est considérée comme dure à partir de 120 ppm Ca++.

Dans les essais menés par ARVALIS – Institut du végétal, l’efficacité d’Archipel (+ huile) a été testée à deux doses (N et 0,7N), avec quatre types d’eau. Trois d’entre elles ont été préparées artificiellement à partir d’eau déminéralisée : elles ont des duretés de 0 ppm Ca++, 100 ppm Ca++ et 200 ppm Ca++. La quatrième est une eau régionale. Pour chacune de ces quatre eaux, Archipel + huile a été étudié avec ou sans adjonction de sulfate d’ammonium (Actimum). Le sulfate sous forme de SO42- neutralise les ions Ca2+ présents dans la bouille en formant du CaSO4, et corrige donc la dureté de l’eau.

Les résultats de 6 essais (Figure 1) montrent qu’il n’y a pas de différence significative entre les efficacités des quatre bouillies testées lorsque que la dureté de l’eau variait. A dose réduite, moins d’un point d’efficacité sépare l’efficacité de l’Archipel + huile appliqué avec les 4 bouillies, alors qu’aucune correction n’est apportée. A dose pleine, une différence maximum de 2.5 points d’efficacité est observée.

Figure 1 : Effet de la dureté de l’eau, corrigée ou non, sur l’efficacité d’ARCHIPEL, à 2 doses, sur graminées (vulpin et ray-grass)



En présence d’Actimum, les écarts d’efficacité sont  légèrement supérieurs à ceux observés dans le cas des modalités non corrigées, mais restent toutefois négligeables (Tableau 1). De plus il s’agit des modalités dont la bouillie herbicide est corrigée par l’ajout de sulfate d’ammonium. Les différences visibles entre les différentes bouillies, bien que peu importantes, ne sont pas dues à un effet de la dureté.

Tableau 1 : Ecart d’efficacité maximal entre les modalités, tous niveaux de dureté confondus

Absence d’Actimum Présence d’Actimum
Dose réduite (0,7N) 1 point 2 points
Pleine dose (N) 2,5 points 4 points



En conclusion

Lors du désherbage, il n’est pas opportun d’utiliser de l’eau déminéralisée. L’eau du réseau de distribution reste une très bonne ressource, sans impact sur la qualité des applications. Notons toutefois que l’ajout d’Actimum peut être intéressant pour augmenter l’efficacité des traitements, quelle que soit la dureté de l’eau (figure 2).

Figure 2 : Effet de l’ajout de sulfate d’ammonium sur l’efficacité des traitements Archipel + huile sur graminées

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5 commentaires 24 mars 2013 par BOISSON

Bonjour, il serait intéressant de préciser la dose d'archipel (dose n = 250g/ha?). Il serait intéressant de faire une étude chimique pour vérifier si les molécules de l'archipel , atlantis et autres produits réagissent avec les ions calcium. D'autre part on ne pourrait voir de différence significative d'efficacité que lorsque la quantité de matière active pourrait être insuffisante c'est à dire à partir de demi-dose ou moins. L'essai mené à surtout mesuré la variation de la qualité d'application lors de l'essai.

22 mars 2013 par ARVALIS

Bonjour, Les 6 essais présentés dans cette étude ont été réalisés avec un volume de 150L/ha. En ce qui concerne les conditions météorologiques et notamment en termes d’hygrométrie, elles sont jugées bonnes par les différents expérimentateurs (supérieures à 60% d’hygométrie voir plus, à l’exception d’un essai légèrement inférieur en termes d’hygrométrie en fin de traitement). En ce qui concerne la phrase citée : « En présence d’Actimum, les écarts d’efficacité sont légèrement supérieurs à ceux observés dans le cas des modalités non corrigées, mais restent toutefois négligeables (Tableau 1). De plus il s’agit des modalités dont la bouillie herbicide est corrigée par l’ajout de sulfate d’ammonium ». Il faut comprendre que, pour un même type de modalité, l’on observe des différences entre les 4 eaux traitées légèrement plus importantes pour les deux modalités avec de l’Actimum (Archipel dose N + Huile + Actimum ou Archipel dose 0.7N + Huile + Actimum) que celles sans Actimum. Mais cet écart ne dépasse pas 4 points d’efficacité. Ces différences sont jugées non significatives et ne montrent pas un effet de la dureté potentielle puisqu’on ne trouve pas d’effet croissant ou décroissant entre les trois niveaux de concentrations de dureté de l’eau. Nous considérons qu’elles représentent une variation propre à l’expérimentation. De plus, comme il s’agit des modalités avec un ajout de sulfate d’ammonium, dans l’hypothèse d’un effet de dureté, elles ne devraient donc pas présentées de différences, car l’effet dureté aurait alors été corrigé par l’ajout de sulfate d’ammonium. Ce qui renforce la conclusion de l’étude sur l’absence d’effet de la dureté. Le but premier de cet article et de montrer que la dureté de l’eau n’a pas d’impact sur l’efficacité des produits herbicides à base de sulfonylurées, ce qui est montré notamment via la figure 1. Cependant, nous observons en effet dans ces essais un gain d’efficacité lors d’ajout de sulfate d’Ammonium sous la forme d’Actimum sur l’efficacité de ces produits. Mais ce surplus d’efficacité ne soit pas dû à la dureté de l’eau. En effet, nous retrouvons des résultats similaires dans une étude plus globale regroupant 71 modalités Arvalis : un gain moyen d’une dizaine de points est observé avec l’ajout d’Actimum. A partir de ces résultats nous préconisons lors d’applications avec des sulfonylurées antigraminées l’ajout de 1L d’Actimum en plus des 1L d’huile, mais cet ajout ne concerne pas une correction de la dureté. L’acidification n’était pas étudiée lors de cette étude. Cependant, les herbicides sont étudiés pour avoir un pouvoir tampon afin de limiter l’impact de variation pHmétrique. En ce qui concerne les volumes, ils n’étaient pas non plus le but de cette étude. De manière générale, il est possible d’abaisser le volume de bouillie jusqu’à 50 l/ha pour les produits systémiques à condition de traiter par températures douces et forte hygrométrie. Pour les buses à injection d’air il est déconseillé de descendre en dessous de 80 l/ha sur des cibles étroites. Pour plus de précision consulter l’article suivant : http://www.arvalis-infos.fr/view-11342-arvarticle.html?region=

22 mars 2013 par GUILLAUMONT

22/03 Olivier qu'en est-il de l'acidification? Quel est le meilleur volume?

22 mars 2013 par GUYOT

Je pense que vu le surcout de la correction et la simplicité de mise en œuvre, même un gain de 2.5 points et bon a prendre. Sans oublier un effet assurance en cas de météo limite en terme d'hygrométrie. Qu'en pensez vous? merci

22 mars 2013 par Brèthes

Avec quelles quantités d'eau par hectare et quelles conditions météorologiques (hygrométrie) ces essais ont ils été réalisés? Comment interpréter, comprendre, la juxtaposition de ces deux phrases: "En présence d’Actimum, les écarts d’efficacité sont légèrement supérieurs à ceux observés dans le cas des modalités non corrigées, mais restent toutefois négligeables (Tableau 1). De plus il s’agit des modalités dont la bouillie herbicide est corrigée par l’ajout de sulfate d’ammonium."

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