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épis blé dur Messagerie Poitou-Charentes / Vendée

La conduite du blé dur : une prise de risque plus importante ?

17 octobre 2019

Faire le choix du blé dur est souvent perçu, à juste titre, comme une prise de risque supplémentaire par rapport aux autres cultures. Cela peut notamment s’expliquer par les exigences élevées de la filière sur la qualité des productions et le désherbage plus délicat. Il est donc important de mettre tous les atouts de son côté en choisissant soigneusement les parcelles les plus adaptées et en restant raisonnable sur les surfaces emblavées par rapport aux surfaces totales.

Choix de la parcelle et du précédent : un préalable à ne pas négliger

Le blé dur est plus sensible que le blé tendre à certains stress comme la sècheresse, l’hydromorphie, le froid. Son système racinaire est moins performant. On choisira donc plutôt un sol sain. Le blé dur étant exigeant en azote pour l’élaboration de sa qualité, on privilégiera les précédents favorables à l’obtention de bonnes teneurs en protéines et on soignera la gestion de la fertilisation azotée en prévoyant notamment la mise en œuvre d'un outil de pilotage pour garantir l'ajustement de la dose en fin de cycle.

Le blé tendre n’est pas un bon précédent pour le blé dur qui est sensible au piétin échaudage et à l’ensemble des parasites racinaires. Un blé dur de blé aura tendance à avoir de plus petits grains, de mauvais PS et des teneurs en protéines plus faibles.

On recommande également d’éviter le précédent maïs pour cause de risques fusarioses et mycotoxines. Mais si on limite au maximum la présence de résidus par un broyage et un enfouissement grâce au labour, le risque n’est pas plus important derrière un maïs que derrière un blé sans labour qui présente d’autres inconvénients.

Quelles variétés choisir ?

Il convient de cultiver au moins trois variétés différentes pour répartir les risques en choisissant des variétés qui trouveront un débouché.

Une sensibilité aux maladies moindre que sur blé tendre mais une attention forte sur la protection de l’épi

Le blé dur est beaucoup moins sensible à la septoriose que le blé tendre, surtout dans notre région où les souches de septoriose sont moins agressives que sur le blé tendre. La sensibilité du blé dur à la rouille jaune peut être élevée, selon les profils variétaux, avec des attaques tardives pouvant provoquer des symptômes sur épis.

Le blé dur est sensible à la rouille brune mais cette maladie n’arrive qu’exceptionnellement avant l’épiaison.

Figure 1 : Comparaison blé tendre et le blé dur : perte de rendement en l'absence de protection contre les maladies  (essais variétés ARVALIS, le Magneraud (17))

Globalement, il est souvent possible de ne pas à avoir à intervenir avec une protection foliaire avant le stade sortie dernière feuille. Cela permet de concentrer la protection sur les épis où le contrôle de la fusariose est primordial puisque cette maladie est la plus nuisible car elle joue sur le rendement et la qualité sanitaires (DON, moucheture) et le blé dur y est plus sensible que le blé tendre.

 Désherbage : une vigilance particulière sur la sélectivité

Rattachés au blé tendre, selon le catalogue des usages, tous les herbicides « blé » sont potentiellement utilisables sur blé dur. De nombreux essais de sensibilité variétale et de sélectivité ont déjà été mis en place. Le choix des molécules pour lutter contre les graminées notamment est plus limité. Il est notamment fortement déconseillé d’implanter du blé dur sur des parcelles à très forte pression de ray-grass, vulpins, bromes ou vulpie queue de rat.

Cependant la culture du blé dur permet des semis généralement plus tardif, un décalage favorable à la diminution significative de la pression en graminées dans les parcelles.

Retrouvez toutes nos préconisations sur l’implantation du blé dur et le désherbage dans notre guide de préconisations régionales

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1 commentaires 18 octobre 2019 par CHARGEDAVOINE

Pour le sud de notre région la plus grosse prise de risque est certainement un semis avant le 1 novembre . Depuis quelques années il n'est pas rare de voir des dégâts suite au gel de printemps même dans des blés tendres semés 15-20 Octobre .

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