En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Ravageurs sur blé

La cécidomyie orange : un insecte capricieux à surveiller de près

22 mai 2014

Les vols de cécidomyies se produisent généralement en soirée, par temps lourd, orageux et en l'absence de vent. Lors d'observations de vols, il convient d'intervenir rapidement avant que ces insectes n'aient eu le temps de se loger dans les épillets, car ils sont alors hors d'atteinte des insecticides.

Le cycle de la cécidomyie, très exigeant vis-à-vis de certains facteurs climatiques, rend délicate la prévision de ses attaques. L’insecte présente une génération par an et ses cocons ont la capacité de rester viables dans le sol à l’état de repos plus de 10 ans. Ils éclosent si les conditions agro-climatiques leur sont propices (souvent de rapides pullulations dans certaines parcelles).



Les éclosions sont possibles lorsque les cocons ont subi une certaine quantité de températures froides. Les hivers longs et rudes favorisent les attaques massives. Les printemps secs sur le début et humides sur la fin, comme cette année, sont aussi des facteurs favorisants. Les adultes émergent au printemps. Les femelles rejoignent alors les épis, pour pondre dans les épillets, le soir, à partir de début mai. La durée de vie des adultes est très courte, de l'ordre de deux jours. Les éclosions ont lieu 5 à 10 jours plus tard. Les larves séjournent ensuite 3 à 4 semaines dans l’épi, avant de s’enfermer dans leurs cocons au sol où ils entrent en sommeil (la diapause). Le cycle de la cécidomyie montre que l’insecte est relativement inféodé à la parcelle. Les rotations avec un retour fréquent de céréales sont les plus exposées aux attaques.
 
Le blé est particulièrement sensible aux attaques de cécidomyies du début de l’épiaison jusqu’à la fin de la floraison. Les adultes s’observent en soirée (de 19 à 21 h), en particulier par temps lourd et orageux, vent faible et températures supérieures à 15 °C.

SommaireDéclencher les interventions chimiques au bon moment
Ne pas traiter les variétés de blé résistantes aux cécidomyies oranges
Piéger et observer les vols pendant la période épiaison / début floraison

Déclencher les interventions chimiques au bon moment

Il n’existe aucun moyen de combattre efficacement les larves dans les épis : seuls les insecticides de contact sont autorisés et ces derniers ne les atteignent pas. La lutte doit viser les adultes avant la ponte. Or, ceux-ci ne se nourrissent pas sur le blé. Seules les femelles se posent sur les épis pour pondre. Les insecticides doivent donc soit les atteindre directement lors de leur brève présence dans la parcelle, soit les atteindre par contact à travers leurs pattes, autant dire une surface de contact très limitée ! Cela explique les efficacités médiocres observées, la performance des produits appliqués étant très dépendante de leur positionnement.

Plus les interventions seront calées à la parcelle, en tenant compte de l’activité effective des femelles, plus elles seront efficaces. La mise en oeuvre d'un traitement systématique à l'aveugle à toutes les chances d'être inefficace. En effet, seuls les insectes présents au moment du traitement peuvent être détruits par l'insecticide. Les produits actuels n'ont ni curativité ni persistance. Au-delà de 24 à 48h après l'application, le produit ne sera que très peu efficace sur les insectes. Plusieurs interventions peuvent être nécessaires en cas de nouveaux vols.

Retour au sommaire

Ne pas traiter les variétés de blé résistantes aux cécidomyies oranges

Quelques variétés sont résistantes aux cécidomyies oranges et ne justifient donc pas d'intervention chimique même si la présence d'adultes en vol dans la parcelle est constatée. Il s'agit des variétés ALLEZ Y, ALTIGO, AZZERTI, BAROK, BOREGAR, GLASGOW, KORELI, KWS PODIUM, LEAR, OAKLEY, OXEBO, RENAN, RUBISKO, VISCOUNT.

Les rotations de cultures, avec deux années consécutives sans céréales, est un moyen de lutte culturale permettant de limiter la population larvaire du sol de la parcelle.

Retour au sommaire

Piéger et observer les vols pendant la période épiaison / début floraison

L’observation est indispensable pour bien positionner une intervention. Il faut placer une cuvette jaune de type "cuvette colza" de manière à ce que le bord supérieur de la cuvette soit positionné au niveau de la base des épis afin de ne pas attirer de trop loin les cécidomyies pour avoir une représentation de l'activité de ponte par unité de surface (voir photo ci-dessous).

cuvette jaune pour pieger les cecidomies. Ces cuvettes sont placées sous les épis afin de capturer juste les insectes de la zone.

La cuvette est installée à 10 - 15 m du bord de la parcelle, quelques jours avant l'épiaison. Des relevés de la cuvette sont effectués tous les 2 jours jusqu'à la première capture de cécidomyies. Ensuite, les relevés se feront tous les matins. Le seuil d’intervention est atteint à partir de 10 captures par 24 heures (ou 20 captures par 48 heures), mais l’intervention ne devra être déclenchée que si les femelles sont en position de ponte et que les conditions suivantes sont réunies : température supérieure à 15°C en soirée, temps orageux, vent inférieur à 7 km/h. La durée de vie de ce ravageur n'excédant pas généralement 48h, il est primordial d'effectuer quotidiennement les relevés afin de ne pas rater de vols de cécidomyies.

Retour au sommaire

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

2 commentaires 26 mai 2014 par ARVALIS

Bonjour, merci pour votre vigilance, Rubisko a bien été rajoutée à la liste des variétés résistances aux cécidomyies.

23 mai 2014 par CUVIER

Bonjour, dans les variétés résistantes aux cécidomyies, le Rubisko n'est pas cité alors qu'il est annoncé résitant par l'obtenteur! Frédéric Cuvier

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10