Phosphobio : Mise en place de l’observatoire Projet PhosphoBio

L’observatoire de la fertilité des sols est désormais sur pied !

28 septembre 2021

Dans le cadre du projet PhosphoBio lancé en 2020, un réseau d’environ 200 parcelles va permettre d’en savoir plus sur la gestion du Phosphore en Agriculture Biologique et sur les enjeux qui en découlent.

Que vous soyez agriculteur, conseiller de Chambre d’agriculture ou de coopérative, technicien ou ingénieur d’institut technique agricole… Vous avez été nombreux à nous proposer votre aide pour élaborer un ’observatoire de la fertilité des sols en AB.

Nous souhaitions vous remercier pour l’intérêt que vous portez à notre projet, soit en vous portant candidat pour que l’on intègre une ou plusieurs parcelles de votre exploitation, soit en nous aidant à identifier des parcelles sur votre territoire*.

Nous avons le plaisir de vous annoncer que cet observatoire est désormais constitué. Malheureusement, nous avons dû nous limiter à environ 200 parcelles, et refuser certaines candidatures.

Un observatoire pour identifier les situations les plus à risque

L’objectif de cet observatoire est d’établir un double état des lieux, à la fois pour mieux connaître la gamme de teneurs en phosphore des sols en agriculture biologique et pour répertorier la diversité des pratiques de fertilisation et de gestion de la fertilité des sols. De cette manière, en reliant analyses de terre et pratiques culturales, l’observatoire de la fertilité des sols devrait permettre d’identifier les situations les plus à risque vis-à-vis des pertes de fertilité phosphatée.

Dans un contexte de forte augmentation de surfaces en AB et de raréfaction des sources de phosphore utilisables et rapidement solubles (interdiction d’utilisation des engrais issus d’élevage industriels), la gestion du phosphore dans les systèmes bio est aujourd’hui un enjeu crucial.

L’objectif de l’observatoire est d’abord de vérifier si la baisse de la fertilité phosphatée des sols que l’on observe dans certaines régions se généralise à l’échelle nationale et si elle concerne indifféremment tous types de cultures (cultures assolées ou prairies) et de systèmes de production (exploitations spécialisées en grandes cultures ou polyculture- élevage).

200 parcelles représentatives de grands cas-types

Les 200 parcelles ont été sélectionnées dans 4 grands territoires : le Bassin Parisien, le Grand Ouest, le Sud-Ouest et une partie de la région Rhône-Alpes, offrant des modes de productions et contextes pédoclimatiques contrastés (figure 1).

Figure 1 : Carte des 200 parcelles de l’observatoire PhosphoBio
Carte des 200 parcelles de l’observatoire PhosphoBio

Une attention particulière a été portée pour sélectionner à la fois des parcelles en systèmes de grandes cultures assolées (céréales ; oléo-protéagineux, prairies temporaires de courte durée) et des parcelles conduites en prairies permanentes (figure 2a), puis de rechercher un équilibre entre les parcelles issues d’exploitations avec et sans élevage (figure 2b).

De même, nous avons cherché à e vérifier si le statut phosphaté des parcelles les plus anciennes est comparable à celui des parcelles récemment converties en AB ou si ces dernières bénéficient de l’héritage des apports d’engrais phosphatés antérieurs à la conversion. L’observatoire se répartit ainsi en trois classes : les parcelles dites récemment converties (après 2006), anciennement converties (entre 2006 et 1990) et très anciennement converties (avant 1990) (figure 2c).

Figure 2 : Répartition des parcelles de l’observatoire selon (a) l’occupation du sol, (b) le type d’exploitation et (c) l’ancienneté de conversion en bio
Répartition des parcelles de l’observatoire selon (a) l’occupation du sol, (b) le type d’exploitation et (c) l’ancienneté de conversion en bio

Vers une démarche inscrite dans la durée

Mis en place dans le cadre du projet PhosphoBio (2020-2024), cet observatoire à néanmoins vocation à perdurer – si d’autres projets s’en saisissent - afin de suivre l’évolution de la fertilité des sols au cours du temps.

C’est d’ailleurs déjà en partie le cas puisque 44 parcelles de l’observatoire faisaient déjà partie d’un dispositif de suivi de la fertilité des sols en région Occitanie. Une première campagne d’analyse de terre ainsi que des enquêtes sur les pratiques culturales ont déjà été réalisées en 2016 sur ces parcelles.

Par ailleurs, 77 autres parcelles sélectionnées disposent déjà d’analyses de terre antérieures. En tout, il sera donc possible, au cours du projet PhosphoBio, d’étudier l’impact des pratiques sur l’évolution de la fertilité du sol sur 121 parcelles de l’observatoire en plus d’un simple état des lieux à une date donnée.

* Organismes impliqués dans l’identification des parcelles de l’observatoire : ARVALIS - Institut du végétal ; Bio Bourgogne ; Chambre d'Agriculture des Ardennes ; Chambre d'Agriculture de l’Aveyron ; Chambre d'Agriculture de Bretagne ; Chambre d'Agriculture de la Charente-Maritime ; Chambre d’Agriculture de Côte d’Or ; Chambre d'Agriculture de la Drôme ; Chambre d'Agriculture du Gers ; Chambre d’Agriculture de Haute-Marne ; Chambre d’agriculture de région Ile de France ; Chambre d'agriculture des Landes ; Chambre d’agriculture de Normandie ; Chambre régionale d’agriculture des Pays de la Loire ; Corab – Coopérative ; Dijon Céréales ; Elvup ; Ferme expérimentale des Bordes ; GABB 32 ; Lycée agricole de Chartre La Saussaye ; Lycée professionnel agricole La Cazotte ; Lycée agricole de Sabres ; Oxyane ; Terres Inovia ; UNICOR ; UNOTEC

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