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Intercultures

Soigner l'implantation des couverts

14 août 2013

Pour choisir un couvert d’interculture adapté à sa propre situation, il faut avoir en tête l’ensemble des éléments de la conduite prévue, depuis l’implantation jusqu’à la destruction du couvert. La règle d’or : opter pour des espèces faciles à implanter et à détruire.

La fin août est une période idéale pour les semis

Beaucoup d’espèces sont adaptées à un semis de fin août - début septembre. Cette période permet de réaliser au préalable des faux semis qui contribueront à la maîtrise des mauvaises herbes sur la parcelle mais également à la lutte contre certains ravageurs (limaces, zabres, taupins…).

De plus, à cette période, la plus forte probabilité de retour des pluies réduit les risques d’échec à l’implantation. Une implantation plus précoce, de juillet - début août, limite les possibilités de déchaumage et expose d’avantage à la sécheresse. Elle ne sera recommandée que dans le cas d’une interculture courte – avant une céréale à paille par exemple.

Quelques espèces, comme le moha, le sarrasin ou le nyger doivent être semées plutôt avant la mi-août, si l’on veut obtenir un développement satisfaisant, du fait de leurs besoins élevés en température et lumière et de leur grande sensibilité au gel.

Les légumineuses ont également besoin d’être semées tôt, mais avec des nuances entre espèces. La lentille fourragère, la vesce pourpre, la féverole ou le pois fourrager montrent de bonnes vigueurs au démarrage, avec de bonnes implantations en semis de fin août - début septembre.

Au-delà de la mi-septembre, privilégier les céréales ou la navette qui peuvent se développer suffisamment et supporter les gelées d’automne.

La réussite du couvert exige un minimum de soin au semis, plus ou moins marqué selon les espèces.

C’est une base agronomique : chaque graine doit bénéficier d’un bon contact avec la terre, avec suffisamment de terre fine autour des semences. La profondeur optimale de semis dépend de la taille des graines. Les plus grosses graines - céréales, certaines légumineuses comme les vesces et la lentille - nécessitent d’être bien suffisamment enterrées (2-3 cm) et rappuyées. Les petites graines se satisfont plus facilement d’un semis à la volée, en particulier celles qui valorisent la pluie même en étant peu enterrées comme la plupart des crucifères.

Il faut donc trouver le bon compromis pour réussir le couvert, tout en maîtrisant les coûts d’implantation.

Le semis à la volée, couplé au déchaumage, est une technique d’implantation économique qui peut être adoptée pour des espèces comme la moutarde blanche, la navette ou le radis. Attention, certaines graines ne sont pas adaptées au semis au centrifuge en raison de leur petite taille et/ou de faible densité - ray-grass, nyger, phacélie, moutarde brune et trèfles.

Dans tous les cas, il est important de bien rappuyer après semis à l’aide d’un rouleau pour garantir le contact sol – semences. Semer à une bonne profondeur dans un lit de semences pailleux nécessite de disposer de matériel adapté - semoir adapté au non labour ou système de semis à volée positionné sur un outil de déchaumage superficiel équipé d’un rouleau.

Le cas des mélanges d’espèces
Implanter des mélanges permet de diversifier les atouts et les contraintes liés à chaque espèce et de diminuer les risques d’échec. Attention, pour des doses de semis identiques, la proportion de chaque espèce d’un mélange est extrêmement variable selon les conditions de levée et de développement (climat, fournitures en azote du sol).

On utilisera des espèces bien adaptées aux techniques et dates de semis pratiquées. Il n’existe pas de règles précises pour optimiser la concurrence entre les différentes espèces du couvert. Il faut avant tout éviter de semer trop dense.

Par exemple, pour un mélange de 3 espèces, semer chacune à un tiers de la dose normale. Pour les légumineuses, souvent moins vigoureuses, il est préférable de semer à densité supérieure dans le mélange (la moitié à deux tiers d’une densité en pure).

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