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Parcelle d’orge d’hiver en montaison (2 nœuds) début mai 2021 en Normandie Messagerie Normandie

L’état des céréales à début mai

12 mai 2021

Avril a été marqué par un temps frais et de faibles précipitations. Malgré un développement ralenti par les températures encore fraîches, les céréales présentent actuellement un état végétatif favorable. L’impact des gelées survenues en avril devrait être relativement limité au regard du stade des cultures et de l’intensité modérée de ces phénomènes climatiques.

Avril : sec et chaud

Depuis janvier, la campagne 2020-2021 se positionne à ce jour proche de la médiane pluriannuelle mais avec une tendance « froid et sec » (figure 1).

Figure 1 : Positionnement de l'offre climatique de la campagne 2020-2021 depuis janvier par rapport à la médiane (1997-2020)

Les précipitations de mars se concentrent sur la première décade. Et avril est marqué par un très faible cumul de précipitations à Evreux et Caen, proche du premier quintile avec moins de 30 mm.

Coté températures, les sommes enregistrées en avril sont inférieures à la médiane. Des amplitudes de températures fréquentes ont été constatées au cours de ce mois avec des gelées matinales et des températures supérieures à 10°C en journée. Ces variations ont été particulièrement observées au cours des deux premières décades d’avril.

Les blés se situent pour la grande majorité entre les stades 2 nœuds et dernière feuille pointante (DFP). Les orges sont entre dernière feuille étalée (DFE) et début épiaison. Les températures fraîches de ce début de printemps ont ralenti le développement des cultures.

Surveiller l’évolution des maladies

Sur orge, de la rouille naine est toujours signalée. De la rhynchosporiose et de l’helminthosporiose sont également observées, notamment sur les semis précoces (76 et 27). Les températures fraîches ont toutefois limité le développement des maladies au cours de la montaison, permettant l’impasse du T1 dans de nombreuses parcelles. L’application du T2 à DFE - sortie des barbes permettra de contrôler ces maladies.

En parallèle, différentes viroses sont présentes : de la  JNO, avec apparition des symptômes depuis mi-février et quelques cas de mosaïques de l’orge confirmés par analyse virologique.

Sur blé, quelques symptômes de septoriose sont constatés mais le seuil de nuisibilité n’est pas atteint. La rouille jaune est en résurgence sur les variétés sensibles et peut nécessiter le déclenchement d’un passage avant DFE.

Le développement de ces maladies est à surveiller de près si les précipitions annoncées pour les prochains jours se maintiennent, accompagnées de températures plus douces.

Peu de dégâts observés pour le moment au vu des conditions climatiques

L’épisode de froid rencontré depuis début avril, avec des gelées matinales, a pu conduire à quelques dégâts ponctuels sur céréales. Le seuil d’alerte de référence est de -4°C (mesuré sous abri) pour des céréales en cours de montaison. Cependant, les dégâts apparaissent plutôt vers -5 à -7°C. Les minimales de températures n’ont que très rarement franchi le seuil des -3 / -4°C courant avril. Dans la majorité des situations, cet épisode de gel n’aura donc que très peu d’impact sur le rendement au regard du stade des céréales.

Les faibles précipitations d’avril font suite à un mois de mars également très déficitaire en pluie, ce qui a fortement entamé la réserve en eau des sols. L’impact de ce déficit hydrique sur les cultures sera fonction de la profondeur des sols.

• En sols profonds à moyennement profonds, la réserve actuelle n'a pas encore atteint la réserve facilement utilisable (RFU).
• Pour les sols superficiels qui n’ont pas bénéficié de pluies suffisantes en avril, la réserve actuelle est inférieure à la RFU. Cela pourrait engendrer des régressions de talles dans certaines parcelles. Ce phénomène sera probablement atténué par le retour des pluies des 5 et 6 mai 2021.

De manière générale, les effets dépressifs des faibles précipitations ont été atténués par l’absence de fortes chaleurs en avril.

Quid de l’alimentation en azote ?

Les premiers apports d’azote positionnés avant les pluies entre le 2 et le 12 mars ont pu être valorisés. Des compléments au premier apport ont pu être réalisés début avril avant la pluie du 11. Aussi, hormis quelques exceptions (apports réalisés tardivement en avril et absence de pluie significative après), les céréales ont été jusqu’à présent correctement alimentées en azote.

Le retour de la pluie annoncé ces prochains jours est désormais fortement attendu afin de ré-alimenter les céréales en eau et en azote.

Voici quelques préconisations pour les derniers apports.

Le changement de temps depuis cette semaine ouvre une fenêtre d’intervention propice à la valorisation du dernier apport d’azote. Les stades des céréales permettent encore une valorisation de l’azote à la fois pour le rendement mais aussi pour la protéine. En effet, le dernier apport en azote peut être réalisé jusqu’au stade début épiaison de manière à assurer à la fois le rendement et la qualité des grains. Au-delà de ce stade, si l’apport d’engrais contribue à enrichir les grains en protéines, il ne permettra plus de faire progresser le rendement.

La nécessité de l’intervention sera donc fonction de la situation propre à chaque parcelle :

• Intervenir en priorité sur les céréales les plus avancées, proches de l’épiaison : pour ces parcelles, il est important de vérifier que le dernier apport est nécessaire à l’aide d’un outil de pilotage et apporter ainsi la dose recommandée dès lors qu’une pluie significative est annoncée (au moins 5 mm annoncés sur les 2-3 jours suivant l’apport).
• Pour les nombreuses parcelles encore en cours de montaison - entre 2 nœuds et DFE - , il n’y a pas d’urgence pour apporter l’azote. Il est préférable d’attendre la reprise de végétation suite à la pluie et à la ré-humectation des sols pour faire un diagnostic de nutrition azotée en bonnes conditions, sur des plantes ré-hydratées et ensuite, positionner la dose préconisée par l’outil de pilotage avant une pluie significative.

Notons que, quel que soit l’outil de pilotage sur la teneur en chlorophylle des plantes utilisé, afin que le diagnostic ne soit pas biaisé, il convient de le réaliser au moins 8 jours après que la parcelle ait reçu un minimum de 15 mm d’eau depuis le dernier apport d’engrais azoté. Le diagnostic de nutrition de la culture, s’il est effectué dans le respect de ces conditions, est le moyen le plus fiable pour ajuster le dernier apport d’engrais.

Message rédigé par ARVALIS - Institut du végétal en concertation avec la Coopérative de Creully, Nat ’up, Agrial, D2N et la Coopérative de Bellême.
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