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Prairies

L’aération des prairies ne semble pas indispensable

18 août 2011

Depuis quatre ans, la ferme expérimentale professionnelle Lorraine de St-Hilaire-en-Woëvre teste l’intérêt du passage d’outils d’aération sur prairies. Les résultats de cette expérimentation qui va être poursuivie encore un an montrent que cette opération ne semble pas indispensable.

En matière de rendement, que ce soit sur le 1er cycle ou sur les suivants, les mesures réalisées dans le cadre de l'expérimentation menée sur le site de Saint-Hilaire-en-Woëvre montrent une absence d'effet favorable de l'aération.

 Au sommaire :
 ►Une augmentation du taux de sol nu
 ►Une évolution de la flore avec moins de bonnes graminées
 ►Aucune amélioration des rendements

Faut-il aérer ou non ses prairies ? Une enquête réalisée en 2006 par ARVALIS-Institut du végétal a montré une réelle attente des éleveurs lorrains concernant l’influence de cette pratique sur l’évolution de la flore, la qualité et la productivité de la prairie. Faute de références suffisamment nombreuses sur le sujet (1), l’institut a mis en place un dispositif expérimental en bande en 2007 en Lorraine, sur le site de Saint-Hilaire-en-Woëvre. Le but : pendant 5 ans, étudier l’impact sur la productivité et la qualité de la prairie du niveau d’agressivité des outils d’aération, de leur profondeur de travail, de la période de passage (automne et printemps).

Une augmentation du taux de sol nu

Chaque année, une notation du taux de sol nu est réalisée au moment du redémarrage de la végétation. En moyenne sur les 4 dernières années, le taux mesuré sur les bandes travaillées est au mieux égal à celui de la bande témoin. Mais dans certains cas, notamment lorsque le travail est le plus agressif, il peut être deux fois plus élevé que dans la bande non travaillée.

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Une évolution de la flore avec moins de bonnes graminées

Les résultats des quatre premières années révèlent une baisse sensible du taux de bonnes graminées (ray grass anglais, fétuque élevée), notamment sur les bandes hersées au printemps. Ils montrent à l’inverse un effet légèrement favorable du passage des outils sur le taux de légumineuses (trèfle blanc).

En ce qui concerne la valeur alimentaire, quelle que soit la bande travaillée, aucune différence significative n‘apparaît en comparaison avec la bande témoin.

En revanche, sur les bandes hersées avec le matériel le plus agressif, le taux de plantes indésirables et notamment celui de mousse se développe nettement. Un phénomène à relier à l’augmentation du taux de sol nu sur ces mêmes bandes.

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Aucune amélioration des rendements

En ce qui concerne la valeur alimentaire, quelle que soit la bande travaillée, aucune différence significative n‘apparaît en comparaison avec la bande témoin. Mais en matière de rendement, que ce soit sur le 1er cycle ou sur les suivants, les mesures réalisées montrent une absence d’effets favorables de l’aération. Au mieux, ce dernier est identique à celui de la bande témoin… Mais il est en général plus faible. En 2008, la perte de rendement suivant les outils utilisés variait ainsi de 5 à 20 %.

Ces premières années de mesure montrent que l’aération des prairies, qui ne pose pas de problèmes particuliers, n’apporte aucun bénéfice susceptible de compenser le surcoût engendré par le passage de l’outil. L’étude va se poursuivre pendant encore un an. Elle doit permettre de mesurer l’impact du passage des différents outils sur une pairie ayant subi le piétinement des animaux.

(1) Seules deux études pluriannuelles menées en Pays de la Loire et dans le Massif Central existent, qui concluent toutes deux qu’il n’y a pas d’eff ets significatifs d’une aération en surface ou en profondeur sur le rendement, l’évolution de la flore, les indices de nutrition… Source : Etude Pays de Loire (2002-2005) – Etude Massif Central (2002-2007).

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