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Fin d’irrigation des céréales - couv_PA433 Ce mois-ci dans Perspectives Agricoles

Jusqu’à quand faut-il irriguer les céréales à paille ?

26 mai 2016

La date de fin d’irrigation des céréales répond à des enjeux de rendement, de qualité ou encore de concurrence pour l’utilisation des ressources en eau avec les cultures de printemps. Jean-Louis Moynier, ingénieur régional Poitou-Charentes chez ARVALIS - Institut du végétal, en rappelle les principales règles de décision.

Perspectives Agricoles : Existe-t-il une période d’irrigation optimale ?

Jean-Louis Moynier
 : Les essais ARVALIS montrent qu’il peut être rentable d’irriguer les céréales à paille jusqu’à 15 ou 25 jours après l’épiaison, selon l’espèce et le type de sol. Pour le blé dur et le blé tendre, en sol profond avec une réserve utile de 130 à 180 mm, l’arrêt de l’irrigation est à envisager 20 jours environ après l’épiaison et 25 jours en sol superficiel ou moyennement profond. L’orge de printemps ayant un cycle plus rapide, la période d’irrigation peut aller jusqu’à 15 jours après l’épiaison en sol profond et 20 jours en sol superficiel.
Une méthode de décision complémentaire peut être utilisée pour les blés, en se basant sur la taille du grain par rapport à son enveloppe. A partir d’un échantillon d’une vingtaine de grains prélevés sur 10 épillets de la strate dominante (issus de 10 épis différents), l’irrigation peut s’arrêter quand la taille du grain dépasse celle de son enveloppe de 50 % en sol profond, 60 % en sol à moyenne réserve utile et 70 % en sol caillouteux ou superficiels à faible réserve utile.


P.A. : Quelles sont les autres règles générales à suivre ?

J.-L. M. :
En plus du stade d'arrêt, il faut tenir compte de l’état de la culture lors des derniers passages. Il est inutile d’irriguer une culture déjà endommagée par la sécheresse ou par un autre facteur limitant. Le recours à un outil de pilotage, reposant notamment sur la réalisation d’un bilan hydrique ou de mesures au champ à l’aide de sondes capacitives ou tensiométriques, s’avère particulièrement pertinent pour garantir l’efficacité de l’opération.
L’évaluation du déficit en eau du sol conditionnera la décision d’irriguer : le déficit doit être suffisant pour stocker la quantité d’eau qui sera apportée.


P.A. :
Des précautions particulières s’imposent-elles ?

J.-L. M. :
Lors des derniers passages d’irrigation, une attention doit être portée au réglage du matériel pour éviter la verse, en adaptant les buses ou la pression à la sortie du canon. Le vent doit également être pris en compte. En cas de coup de chaleur, les essais attestent que l’irrigation est néanmoins valorisée. Pour les blés durs, il faut veiller à ne pas arroser durant la floraison. Ensuite, l’irrigation ne doit être reprise que si le déficit hydrique est avéré - avec un nécessaire pilotage - et les conditions météorologiques sèches. Sinon, le risque de fusariose, et surtout de moucheture, augmente. En sol superficiel, si le potentiel de la céréale est bon, il convient, dans la mesure du possible, de maintenir l’irrigation jusqu’au bout. En revanche, en cas de stress pour le maïs qui suit, dû à un manque d’eau et/ou à une mauvaise valorisation des apports d’engrais azotés, il faudra plutôt privilégier le déclenchement de l’irrigation sur cette culture.


P.A.
:
L’irrigation a-t-elle un effet sur la qualité des grains ?

J.-L. M. :
En fin de cycle, l’irrigation favorise le PMG, ce qui peut entraîner une dilution de l’azote. Il est donc nécessaire d’ajuster la dose d’engrais au supplément de rendement procuré pour assurer la teneur en protéines finale, avec un apport en fin montaison. L’irrigation valorise les derniers apports azotés et peut accentuer la minéralisation.
Il est ainsi possible, en orge de printemps, d’avoir une action sur le calibrage et la régularité de la teneur en protéines en évitant le phénomène de concentration. Pour les blés, notamment en blé dur, l’irrigation peut favoriser le PMG et la teneur en protéines si la fertilisation azotée a été bien ajustée. D’autre part, l’irrigation limite les effets de la fusariose du plateau de tallage, assez présente cette année.


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