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Jaunissement dans une parcelle de blé tendre (lié à de la phytotoxicité) début avril 2020 en Occitanie Messagerie Nord-Aquitaine

Jaunissements des céréales : quelles origines possibles ?

09 avril 2020

Actuellement, des jaunissements peuvent être visibles dans les parcelles de céréales. Ces décolorations peuvent avoir différentes origines. Voici quelques éléments d’aide au diagnostic.

Hydromorphie et/ou problème de structure

Dans certains secteurs, en lien avec la pluviométrie excessive de ces derniers mois, des phénomènes d’hydromorphie sont souvent observables. Les sols les plus argileux et/ou limoneux, ayant un drainage défectueux sont les plus sensibles. Certaines zones jaunissent par asphyxie racinaire associée à un manque induit d’azote. Des zones de stagnation d’eau visibles peuvent orienter le diagnostic. Ces jaunissements pourront s’estomper, après ressuyage des parcelles, à la faveur d’une période de forte croissance.

En lien également avec les cumuls de pluies importants, les problèmes de structures refont surface. Des structures de sols en mauvais état - soit liées ponctuellement à l’année (récoltes tardives, conditions de semis trop limites : passage de roues du tracteur au semis…), soit liées à un historique de pratiques - engendrent également un jaunissement de la culture. Ces situations se récupéreront beaucoup plus difficilement.

Dans de tels cas, la réalisation d’un profil racinaire vers le stade épi 1 cm permettra de vérifier l’état d’enracinement de la culture. A ce stade, les racines atteignent quasiment leur profondeur maximale.


Photo 1 : excès d’eau dans une parcelle de blé dur - ARVALIS

Consultez la fiche accidents Excès d’eau

Un manque d’azote

Une carence d’azote se caractérise à cette période par le jaunissement des vieilles feuilles. Bien qu’une majorité des apports aient été amenés, on peut observer des carences, notamment des carences induites par de l’anoxie racinaire : sols saturés en eau ou présence d’une croûte de battance importante. La plupart des parcelles ont été fertilisées, mais tous les apports n’ont pas été valorisés à cause du manque d’eau.

Figure 1 : Conditions de valorisations de l’azote apportée en fonction des zones et de la pluviométrie cumulée (en mm)


Photo 2 : carence induite en azote sur blé – ARVALIS

Consultez la fiche accidents Carence en azote

Carence en soufre

Le soufre a un comportement similaire à celui de l’azote dans le sol : il est sensible au lessivage et dépendant de la minéralisation, avec des fournitures du sol étroitement liées au climat de l’automne et de l’hiver.

La carence en soufre est le plus fréquemment rencontrée sur les sols sensibles au lessivage et à faible minéralisation (argilo-calcaires superficiels, sols sableux et sols limoneux pauvres en matières organiques).

Cet hiver ayant été particulièrement pluvieux, de nombreuses parcelles ont un besoin avéré en soufre.


Photo 3 : carence en soufre - ARVALIS

Consultez la fiche accidents Carence en soufre

D’autres carences

Dans les parcelles faiblement pourvues en phosphore, et pour lesquelles aucun amendement n’a été fait récemment, des jaunissements des vieilles feuilles peuvent apparaître par foyer, souvent accompagnés de rougissement des feuilles et des gaines. Le diagnostic peut être confirmé par analyse de terre ou de plante. A noter que la carence en phosphore peut être induite par un mauvais fonctionnement du système racinaire (sols engorgés d’eau et froids notamment). Un apport - d’au moins 50 unités de P2O5 sous forme superphosphate ou phosphate d’ammonium dès l’apparition des symptômes - lèvera au moins partiellement la carence. Ces apports ne pourront pas être apportés après montaison.


Photo 4 : à droite, plante saine, à gauche, plante carencée en phosphore - ARVALIS

Consultez la fiche accidents Carence en phosphore

De la phytotoxicité d’herbicides

Si les pluies ont permis de rendre les herbicides racinaires efficients, elles ont pu aussi provoquer des phytotoxicités parfois marquées, nettement visibles aujourd’hui.

Des phytotoxicités sont aussi à craindre en cas de fortes amplitudes thermiques (> 15°C) au moment des applications d’antigraminées de sortie d’hiver.

Les symptômes observés peuvent différer en fonction des matières actives appliquées. Dans tous les cas, l’observation des zones de recoupements de rampe, des débuts de parcelles peut vous aider à poser un diagnostic.

Cet accident sera d’autant plus pénalisant qu’il arrivera tard dans le cycle des céréales.


Photo 5 : phytotoxicité de sulfonylurée - ARVALIS

Consultez la fiche accidents Phytotoxicité

La jaunisse nanisante de l’orge

Des symptômes sont actuellement visibles sur les premiers semis d’orge d’hiver dans notre région. L’aspect moutonné des parcelles et un jaunissement marqué des plus jeunes feuilles sont des symptômes caractéristiques de la jaunisse nanisante de l’orge. Les plantes atteintes peuvent être nanifiées. Sur orge, les pertes de rendement peuvent être importantes.


Photo 6 : symptômes de JNO sur orge d'hiver – ARVALIS Boigneville

Consultez la fiche accidents Jaunisse Nanisante de l'Orge (JNO)

Des mosaïques

Malgré l’absence de froid hivernal, des symptômes de mosaïques dans les parcelles sujettes à ce problème sont actuellement visibles, principalement sur blé dur.


Photo 7 : symptômes de mosaïques - ARVALIS

Consultez la fiche accidents Mosaïques

En conclusion

Il conviendra de suivre l’évolution des symptômes dans le temps. A l’exception des carences en éléments nutritifs qui sont parfois corrigeables, il n’y a pas de solutions possibles.
En cas de nuisibilité avérée, il sera nécessaire d’adapter l’itinéraire cultural. Attention, il est possible qu’une parcelle soit « touchée » par plusieurs accidents à la fois.

Covid-19 : Les équipes régionales d’ARVALIS restent mobilisées et connectées L’épidémie ne nous fait pas oublier que la campagne agricole se poursuit avec ses aléas, en particulier cette année où les conditions de cultures sont très compliquées. En ces temps de confinement et de difficultés d’accéder facilement aux parcelles, lors de vos tours de plaine et observations, n’hésitez pas à nous faire remonter tous les problèmes observés en culture et/ou questions de conjoncture via nos mails. Nous prendrons le temps d’y répondre et/ou en mutualisant les retours avec un message dédié toujours dans le souci d’accompagner au mieux les producteurs.

Contacts
Secteur Gers, Hautes-Pyrénées, Tarn-et-Garonne : a.bouas@arvalis.fr
Secteur Ariège, Aude, Haute-Garonne : m.killmayer@arvalis.fr ; jl.verdier@arvalis.fr
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