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carence induite en azote sur blé Messagerie Nord-Aquitaine

Jaunissements des céréales : faire le bon diagnostic

01 avril 2021

Les symptômes de jaunissement sont courants sur les céréales en début de montaison. Les causes peuvent être très variées : carences, nématodes, viroses ou encore maladies. Revenons sur les phénomènes les plus notables de cette campagne.

L’hydromorphie et les problèmes de structure, sources de carences induites

Dans certains secteurs, en lien avec la pluviométrie hivernale excessive, des phénomènes d’hydromorphie et d’ennoiement ont pu être observés, particulièrement dans les sols les plus argileux et/ou limoneux. Certaines zones ont jauni par asphyxie racinaire associée à un manque induit d’azote. Ces jaunissements se sont généralement estompés après ressuyage des parcelles.

Cependant d’autres facteurs concomitants ont pu aggraver la situation, avec des céréales qui récupèreront beaucoup plus difficilement :
- Des structures de sols en mauvais état, liées ponctuellement à l’année (conditions de reprise et de semis limites, cumuls de pluie…) ou à un historique de pratiques.
- Une mauvaise assimilation des apports azotés, en raison de la période de sécheresse qui s’est installée depuis mi-février (tableau 1), ou autres carences.
- Une phytotoxicité du désherbage de sortie d’hiver liée aux conditions climatiques (amplitude thermique et températures minimales faibles).

Tableau 1 : Conditions de valorisation de l’azote selon la date d’apport et le département


Les excès d’eau peuvent causer le jaunissement des cultures par asphyxie racinaire (© ARVALIS).

La virose de la JNO : réduction de la croissance et jaunissement

L’aspect moutonné des parcelles et un jaunissement marqué des plus jeunes feuilles sont des symptômes caractéristiques de la jaunisse nanisante de l’orge (JNO). Les plantes atteintes peuvent être nanifiées. Sur orge, les pertes de rendement sont importantes si une grande surface est atteinte.

Le blé, bien que moins sensible, peut aussi être touché. Cette culture ne présente pas de nanisme, mais la hauteur de plante et la croissance sont réduites.


Symptômes de JNO sur orge d'hiver

D’autres viroses : les mosaïques

Ces viroses sont favorisées par un automne doux, permettant au vecteur de coloniser le système racinaire, suivi d’une longue période de froid hivernal. Les conditions de la campagne 2020/21, avec une période de froid en janvier, ont pu être favorables à l’expression des symptômes de mosaïques.

Quels symptômes ?

La mosaïque provoque de nombreux symptômes qui n’apparaissent pas de façon systématique.

• Dans la parcelle, les symptômes de « chlorose » des plantes (coloration vert pâle à jaune) sont visibles de loin et représentent en général de grandes zones. C’est le premier signe, très visuel.

• La répartition est proche de celle d’une carence avec foyers parfois allongés dans le sens du travail du sol. Dans certains cas, la quasi-totalité de la parcelle peut être atteinte.

• Les plantes touchées sont chétives (croissance et tallage réduits). Plus tard, elles jaunissent puis dessèchent.

• Des tirets chlorotiques répartis irrégulièrement et parallèles aux nervures apparaissent sur les feuilles. Mais attention, ces symptômes sont fugaces.


Symptômes de mosaïque (© ARVALIS).

En tendance, les symptômes vont s’atténuer ou disparaître courant montaison lorsque les températures remonteront. Mais, il est difficile de le prévoir car cela dépend des conditions et/ou des stress rencontrés par la suite dans le cycle. De même, il est difficile de chiffrer la nuisibilité attendue : elle est variable et dépend des autres stress que la plante pourra subir à partir de la montaison.

Il n’est pas toujours aisé de bien identifier les symptômes et il est plus prudent de confirmer le diagnostic par analyse virologique (un test ELISA peut suffire).

Il n’existe aucun moyen de lutte contre le champignon Polymyxa graminis, vecteur de la mosaïque, hormis le choix d’une variété résistante.

Derrière le terme mosaïque, il n'y a qu'un seul vecteur, Polymyxa graminis, mais plusieurs virus qui affectent différemment les céréales à paille (tableau 2).

Tableau 2 : Virus des mosaïques les plus fréquents sur céréales à paille

Très peu de variétés de blé tendre sont sensibles au virus de la mosaïque des stries en fuseau du blé (VSFB) et les dégâts occasionnés sur cette espèce sont moindres que ceux occasionnés par le virus de la mosaïque des céréales (VMC). Par contre le blé dur est très sensible à ce virus qui se développe dans tous les types de sol. Son retour fréquent dans la rotation semble le principal facteur explicatif de l’apparition de cette maladie en progression dans les bassins de production du blé dur.

Le VMC est moins présent. Les dégâts peuvent être importants sur blé tendre et blé dur, modérés sur triticale et sont nuls sur seigle. Il est plus inféodé à certaines situations comme les limons battants ou les parcelles à tendance hydromorphe.

Les deux virus peuvent être présents dans la même parcelle et infecter concomitamment les mêmes plantes. Selon les conditions climatiques, c’est un virus ou l’autre qui s’exprimera le plus.

En ce qui concerne les orges, la majorité des variétés actuellement commercialisées sont tolérantes au virus de la mosaïque modérée de l'orge (VMMO) et au virus de la mosaïque jaune de l'orge (VMJO) de type 1. Cependant le choix variétal est plus restreint si on est concerné par le pathotype 2 du VMJO. Ce pathotype, bien que moins répandu, se développe dans certains bassins de production. Il est surtout présent dans les sols argilo-calcaires

Les situations attestant de la présence du virus de la mosaïque jaune de l’orge sont plutôt limitées dans la région. Afin de mieux caractériser cette virose, nous lancons une enquête.
Participez à l'enquête !

Pour en savoir plus, consultez les fiches accidents.

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