Foyers de jaunissement, symptômes de mosaïque dans une parcelle d’orges en mars 2022 en Champagne-Ardenne Messagerie Champagne-Ardenne

Jaunissement des orges : est-ce de la mosaïque ?

17 mars 2022

Des jaunissements sont observés dans certaines parcelles d’orges depuis fin février, avec des petits et des grands foyers généralement dans le sens du travail du sol. En cas de suspicion de mosaïque, il est nécessaire de réaliser des analyses en laboratoire.

Quel diagnostic sur les parcelles touchées ?

Le virus de la mosaïque est transmis par un micro-organisme du sol, Polymyxa graminis, inféodé à la parcelle et qui contamine les racines de l’orge à l’automne. Les symptômes s’expriment pendant l’hiver, de mi-janvier à mi-mars.

Les symptômes sont visibles de loin, avec des foyers allant du vert pâle au jaune et qui s’étirent dans le sens du travail du sol (photo 1).

Escourgeon située sur la commune de Somme-Vesle (51)
Photo 1 : Escourgeon située sur la commune de Somme-Vesle (51) – Suspicion de mosaïque de l’orge – variété inconnue – Photo du 28/02/2022

Une fois dans la parcelle, les symptômes sont visibles sur les feuilles qui jaunissent. Dans les cas d’école, on retrouve un jaunissement des nouvelles feuilles sous forme de tâches chlorotiques (photo 2), ainsi que des décolorations/jaunissements plus marqués à partir de la pointe sur les feuilles les plus anciennes. Néanmoins, avant la montaison de la céréale, il n’est jamais facile de distinguer les symptômes de la mosaïque des virus de la Jaunisse Nanisante de l’Orge ou des pieds chétifs (WDV), tant l’expression des symptômes est proche.

Mosaïque sur jeune feuille – variété Etincel (à gauche) et chlorose des anciennes feuilles (à droite)
Photo 2 : Mosaïque sur jeune feuille – variété Etincel (à gauche) et chlorose des anciennes feuilles (à droite)

En cas d’attaque marquée, un léger nanisme des plantes peut également être observé. Celui-ci s’observe principalement lors du début de montaison. Sur la photo 3, il existe un léger nanisme, mais peu marqué. Encore une fois, ce symptôme n’est pas suffisant pour valider une attaque de mosaïque.

Plantes avec et sans symptômes de mosaïque – Escourgeon à Somme-Vesle (51)
Photo 3 : Plantes avec et sans symptômes de mosaïque – Escourgeon à Somme-Vesle (51)

Ainsi, seule l’analyse virologique au laboratoire permet de valider intégralement le diagnostic.

Des analyses ont donc été réalisées sur deux parcelles de Champagne : l’une présente des symptômes peu visibles, avec un léger jaunissement globalisé sur la parcelle ; l’autre des symptômes plus typiques (photo 1).

Pour ces deux parcelles, les résultats valident la présence de mosaïque de l’orge, avec une corrélation significative entre l’intensité des symptômes et le nombre d’analyses positives sur l’échantillon.

mosaïque de l’orge

La pression mosaïque est donc plus marquée dans la première parcelle que dans la seconde.

Ces analyses mettent en avant le fait qu’une plante qui paraît saine peut également être contaminée, et que la présence du virus peut parfois passer inaperçue. Dans ces situations, il n’y aura pas d’impact à long terme sur la culture.

Pour réaliser un diagnostic, il est possible de demander des analyses auprès des laboratoires Auréa ou Eurofins Galys par exemple (compter une soixantaine d’euros par analyse).

Un climat favorable pour la campagne 2022

Les dernières remontées significatives de parcelles touchées par la mosaïque sur notre secteur remontent aux campagnes 2009/2010 et 2016/2017, avec une pression plus importante en 2010 qu’en 2017. Bien que les parcelles précédemment touchées restent hôte de Polymyxa graminis, l’apparition/accentuation des symptômes se fait lors de l’alternance entre douceur et froid pendant l’hiver : la période froide est propice à la colonisation du micro-organisme sur les racines, tandis que la période douce est favorable au développement du virus au sein de la plante.

Il est également important de noter que les semis précoces semblent les plus touchés selon nos observations de l’année, sans doute en lien avec le temps disponible au virus pour se développer durant l’hiver.

Des conséquences variables

Les symptômes vont ensuite s’estomper courant montaison, grâce à la hausse des températures qui ne permettent plus au virus de s’exprimer. Néanmoins, il pourrait y avoir un impact sur le rendement, avec une diminution du nombre d’épis/m² surtout en condition de stress hydrique courant montaison. Toute situation confondue, l’impact moyen de la mosaïque est de 12 q/ha entre une zone touchée et des pieds indemnes (à ne pas confondre avec une perte moyenne de 12 q/ha sur une parcelle touchée).

Ce préjudice est cependant très variable selon les parcelles, avec une corrélation assez importante à l’intensité et à la persistance des symptômes.

L’attaque est irréversible pour les parcelles touchées, puisqu’aucun moyen de lutte directe n’existe. Pour l’avenir, seule l’utilisation de variétés résistantes au pathotype de mosaïque Y2 permet d’écarter le risque dans les parcelles infestées. Il n’existe cependant pas de variété de qualité brassicole résistante à ce pathotype. Seule Mascott (Unisigma) est actuellement en observation commerciale et industrielle par le CBMO. En orges fourragères, les variétés résistantes Y2 sont KWS Oxygene, LG Zenika et Sensation.

Enfin, en cas de présence avérée de mosaïque dans une parcelle, le nettoyage des outils de travail du sol est impératif après leur utilisation afin d’éviter la contamination d’autres parcelles.

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2 commentaires 18 mars 2022 par OUDIN

les escourgeons hybrides sont ils plus resistants a la mosaique

18 mars 2022 par CAREZ

on ne PLAISANT(e) avec celà

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