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Jaunissement des feuilles de céréales lié à la JNO en mars 2020 en Pays de la Loire Messagerie Ouest

Jaunissement des céréales : des causes diverses et parfois cumulées

26 mars 2020

Des jaunissements sont actuellement observés sur les feuilles de céréales. Quelles sont les origines possibles ?

Quelques situations avec symptômes de viroses ont été identifiés : jaunisse nanisante de l’orge (JNO) et maladie des pieds chétifs sur orges d'hiver ainsi que quelques cas de mosaïques sur blé dur (moins fréquents que d'habitude toutefois). Ces situations sont plutôt limitées au semis les plus précoces dans la région et restent peu fréquentes.

Les viroses : mosaïques, JNO et pieds chétifs

Jaunisse nanisante de l’orge observée

Des symptômes de JNO sont signalés dans des parcelles d’orge d’hiver depuis quelques jours : quelques situations ont été identifiées sur les semis les plus précoces et sur variétés sensibles, en Vendée, Vienne et Mayenne notamment.

Quand la plante est infectée, il n’existe aucune technique de lutte contre cette maladie virale. Aucune intervention n’est donc envisageable aujourd’hui pour atténuer ces symptômes.

Sur orge, l’identification de la maladie est aisée car très caractéristique : les premiers symptômes apparaissent par petits foyers de plantes atteintes (répartition due aux pucerons ailés), généralement observés début montaison. Les pointes des jeunes feuilles des plantes atteintes jaunissent jusqu’au dessèchement. Les plantes sont nanifiées (réduction de la hauteur), leur répartition irrégulière dans la parcelle lui donne un aspect moutonné.

Rappel : Sur blé, les plantes ne nanifient pas mais les feuilles présentent des jaunissements, voire des rougissements, de la pointe. Souvent, la dernière feuille prend une couleur rouge lie de vin ou même jaune. Le jaunissement se fait le long des nervures. A l’heure actuelle, il est tôt pour observer de tels symptômes même en situation à risque.


Photos 1 à 3 : symptômes caractéristiques de JNO sur orges d’hiver pouvant aider à la reconnaissance (photos prises en 2016)

Des pucerons toujours observés sur céréales à paille au stade jeune
On nous signale également ponctuellement la présence de pucerons sur des céréales à des stades jeunes (début tallage). Du tallage à l’épiaison, une inoculation du virus est toujours possible si des pucerons porteurs du virus sont présents sur les plantes, mais les symptômes occasionnés sont nettement amoindris et la nuisibilité n’a pas été mise en évidence à ce jour. Les céréales sont particulièrement affectées par la JNO quand l’inoculation virale a lieu au début de leur cycle de développement. L’observation des pucerons présents sur céréales est donc recommandée en priorité sur les orges qui seraient encore à des stades 1 à 3 feuilles.

Quelques cas de la maladie des pieds chétifs

Toujours discrète dans la région, quelques cas ont néanmoins été signalés cette année sur orge d’hiver dans des situations de semis précoces (en Vienne et Vendée). Cette maladie virale est transmise par une cicadelle (Psammotettix alienus) à l’automne. Les feuilles présentent un jaunissement et/ou rougissement à la pointe ainsi que des stries jaunes nuancées de rouge le long des nervures. La maladie se répartit en petits foyers de plantes atteintes, groupées sur les lignes de semis ou aléatoirement sur plantes isolées (en lien avec le déplacement des cicadelles).

Il n’existe actuellement pas de résistance variétale à cette maladie connue.

Le meilleur moyen de déterminer si la virose observée est bien la maladie des pieds chétifs est de réaliser une analyse virologique de la plante (tests ELISA) pour confirmer le diagnostic à partir de prélèvements de plantes présentant des symptômes. Il y a souvent une confusion des symptômes avec ceux de la JNO.


Photo 4 : Maladie des pieds chétifs – Feuilles courtes et plante à tallage parfois excessif

Pas de mosaïques pour l’instant

Bien que l’automne dernier ait été très doux, ce qui constitue un facteur favorable à la colonisation des racines par Polymyxa graminis, micro-organisme du sol vecteur – et donc à la transmission - du virus de la mosaïque, nous n’avons pas connu de période plus froide permettant l’expression de la maladie par les plantes. Mais comme toujours, quelques cas de mosaïque sont observés sur blé dur dans les zones régulièrement atteintes.

La mosaïque provoque différents symptômes qui n’apparaissent pas de façon systématique. La répartition est proche de celle d’une carence avec foyers parfois allongés dans le sens du travail du sol. Dans les cas extrêmes, la totalité de la parcelle peut être atteinte. Des tirets chlorotiques répartis irrégulièrement et parallèles aux nervures peuvent apparaitre sur les feuilles. Un nanisme de la culture peut aussi être observé (uniquement pour la Mosaïque des Céréales [SBCMV]) avec un retard à la montaison. Enfin, le système racinaire est souvent réduit. Le diagnostic se confirme également par analyse virologique. Il n’existe aucun moyen de lutte contre Polymyxa graminis vecteur de la virose. Pour le blé tendre, le choix d’une variété résistante est le seul moyen de lutte. Pour le blé dur, il n’existe pas de variétés réellement résistantes au virus.


Photos 5 et 6 : Mosaïques - Tirets chlorotiques sur feuille, foyers qui peuvent être répartis dans le sens du travail du sol

Piétin-échaudage

Le piétin-échaudage est un champignon du sol qui dans un premier temps attaque les racines. En sortie d’hiver, les plantes présentent une faible croissance associée à un mauvais tallage. Les feuilles jaunissent parfois par la pointe. Cependant, pour confirmer le diagnostic, il faut prélever les plantes les plus touchées avec leurs racines, puis laver soigneusement les racines. Les plantes présentent généralement quelques racines nécrosées, partiellement ou en totalité. La présence de piétin-échaudage peut se limiter à quelques taches noires ou brunes. La comparaison avec les racines de plantes saines confirme l’observation. Avec l’automne très doux et humide, on peut s’attendre à l’observation de ces symptômes même si le décalage de semis des céréales est un facteur défavorable à l’expression de la maladie.


Photo 7 : Piétin-échaudage - Présence de manchons noirs autour des racines confirmant le diagnostic

Ne pas confondre avec les carences et l’excès d’eau

Dans les parcelles hydromorphes, on observe encore des jaunissements provoqués par l’asphyxie racinaire. Ceux-ci devraient se résorber progressivement avec ressuyage des sols.

Des jaunissements des feuilles les plus âgées peuvent également révéler une carence en azote induite par l’excès d’eau qui a persisté au début de la montaison. De même, les conditions très pluvieuses de l’hiver peuvent être à l’origine de l’apparition de carences en soufre. Dans ce cas, ce sont les plus jeunes feuilles qui jaunissent.

On peut enfin observer des symptômes de phytotoxicité d’herbicide sur les feuilles les plus basses, souvent accentués en parcelles marquées par l’excès d’eau.

Pour en savoir plus, consultez les fiches accidents.

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