En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus adaptés à votre région et réaliser des statistiques.

En savoir plus
Jet d’eau sortant du canon d’irrigation en période de restriction d’eau en 2019 en Rhône-Alpes Messagerie Rhône-Alpes

Irrigation du maïs : comment gérer les restrictions d’eau ?

04 juillet 2019

Le maïs atteint des stades où il est très sensible au stress hydrique. Alors que l’irrigation a commencé, des plans de restriction d’eau sont déjà mis en place, en raison du climat et des ressources en eau disponibles. Dans ce contexte, voici quelques recommandations pour piloter les tours d’eau à l’optimum.

Des plans de restriction déjà mis en œuvre

Dans certains bassins de la Drôme et du Rhône, des situations de vigilance et d’alerte ont été mises en place. Ce sont les situations de l’est Lyonnais et du Val de Saône qui sont, pour l’instant, les plus critiques avec une alerte renforcée, ce qui peut se traduire par des restrictions de débit de 25 % (arrêt de l’irrigation 2 jours sur 7).

Piloter l’irrigation en débit limitant sans limitation de volume global : quels enjeux ?

Si on retient l’exemple de la plaine de Lyon et du Val de Saône avec les éléments suivants :
• hypothèse de réduction du débit de 25 % sur un cycle de maïs tardif,
• consommation = 4,5 mm/j sur 7 jours soit 32 mm/semaine.
• scénario de réduction du débit disponible de 25 % : 3,4 mm/j soit 24 mm/semaine ou 32 mm/9 j.

Nous pouvons à l’aide des modèles climatiques et des fonctions de production établies à partir des expérimentations :
• simuler l’impact sur le rendement à partir d’une hypothèse de rendement moyen,
• simuler l’impact économique selon les différents scénarios de gestion de la ressource.

Quel impact sur le rendement ?

L’impact de la restriction en eau de 25 % est de l’ordre d’une dizaine de quintaux par hectare en situation médiane. Ainsi, en cas d’année sèche (décile 2), l’effet des restrictions peut s’élever jusqu’à 15-20 q/ha en fonction des potentialités de la parcelle.

L’absence d’irrigation entraîne, quant à elle, une réduction du rendement de l’ordre de 50 % (jusqu’à 2/3 les années sèches).

Figure 1 : Impact médian de la restriction de l’alimentation hydrique sur le rendement du maïs en plaine de Lyon - poste météo de Lyon St Exupéry

Impact économique de la restriction en eau d’irrigation : quel choix faire ?

Face à ces restrictions, les producteurs peuvent se poser la question de la conduite à tenir :
• continuer à irriguer la totalité de la surface avec un débit moindre (3,4 mm/j),
• abandonner l’irrigation sur 25 % de la sole pour bien irriguer les 75 % restants et obtenir le meilleur rendement sur cette partie.

Pour ce calcul économique, trois scénarios ont été retenus :
• scénario de base : irrigation sans contrainte,
• scénario 1 : irrigation sous contrainte, débit réduit de 25 % sur toute la sole maïs,
• scénario 2 : irrigation sous contrainte, 25 % de la sole maïs en sec, 75 % bien irrigués.

Tableau 1 : Trois scénarios en test


Figure 2 : Marge brute (€/ha) hors aides pour les 3 scénarios

Les résultats montrent évidemment une perte de marge dès que l’on restreint l’irrigation.

La perte est de l’ordre d’une centaine d’euros/ha (70 à 140 €/ha) dans le cas du scénario 1 et de l’ordre de 150 à 200 €/ha dans le cas du scénario 2.

En cas de restrictions, il est préférable de s’organiser pour continuer à irriguer toute la sole de maïs. Cela permet de limiter la variabilité du rendement et de sécuriser la marge.

On peut y ajouter les préconisations de bon sens :
• anticiper pour couvrir les besoins de pointe (en juillet au stade floraison) par la réserve du sol,
• irriguer relativement tôt : dès que la dose peut être stockée,
• prolonger l’irrigation le plus loin possible en fin de cycle si les réserves du sol sont épuisées,
• utiliser des doses faibles si l’organisation matérielle le permet pour garder une bonne fréquence.

Réagissez !

Merci de vous identifier pour commenter cet article

aucun commentaire pour l'instant

  • ARVALIS - Institut du végétal
    • 3, rue Joseph et Marie Hackin
      75016 PARIS
      Tél : + 33 (0)1 44 31 10 00
      Fax : + 33 (0)1 44 31 10 10