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Commencer les tours d’eau sur blé Messagerie Poitou-Charentes

Irrigation des céréales : envisager un déclenchement en sols moyens à superficiels

11 avril 2019

Malgré les pluies récentes, il faut prévoir des irrigations dans les secteurs séchants.

Les blés entrent ou approchent de la période de plus grande sensibilité au stress hydrique, qui s’étale du stade 2 nœuds au stade grain laiteux. Le faible cumul de pluie du mois de mars ainsi que l’augmentation des besoins en eau des cultures entraînent une baisse conséquente des réserves des sols les plus superficiels. Cette baisse ne sera pas compensée, dans certains secteurs, par les pluies de la semaine dernière et/ou annoncées cette semaine. Les sols plus profonds quant à eux restent dans une situation globalement satisfaisante.

La pluie tombée ces derniers temps ne compensera pas le manque d’eau

Le mois de mars se caractérise par une période de sécheresse à partir du 10. A la fin du mois, les quelques pluies qui ont eu lieu ont permis de déclencher les apports d’azote (solde de l’apport épi 1 cm) et d’assurer, au moins partiellement, leur valorisation.

Depuis le 25 mars, quelques pluies éparses d’intensité variable ont eu lieu dans la région. Le cumul de pluies varie selon un gradient Nord-Sud : plus sec au Nord avec moins de 10 mm cumulés, et plus arrosé au Sud, avec parfois plus de 20 mm (figure 1).

Figure 1 : Cumul de pluies (en mm) du 25 mars au 6 avril 2019.

Les sols de groies plus superficielles du nord et du centre de la région sont donc potentiellement exposés à un épuisement de leur réserve hydrique facilement utilisable (RFU). Dans les situations les moins pluvieuses, cet épuisement est survenu depuis 8-10 jours (figures 2 à 4). D’autant plus que les pluies annoncées cette semaine restent faibles.

Figure 2 : Bilan hydrique Irré-LIS® en groie superficielle, Poitiers (86)


Figure 3 : Bilan hydrique Irré-LIS® en groie moyenne, Angoulême (16)


Figure 4 : Bilan hydrique Irré-LIS® en terre rouge à châtaignier, Poitiers (86)

Décider selon le type de sol et la disponibilité en eau d’irrigation

Le conseil le plus fiable est d’utiliser un outil ou une méthode de pilotage pour décider de l’intérêt ou non de l’irrigation sur chacune de vos parcelles. Pour les utilisateurs de tensiomètres, retrouvez la méthode Irrinov.

En l’absence d’outils, on raisonnera selon le volume d’eau disponible, le type de sol et le stade de la culture :

► En volume limitant (1 à 2 tours d’eau disponibles) :

• Deux tours d’eau disponibles : positionner le 1er tour dans les jours qui viennent si le blé a atteint le stade 3 nœuds. Le deuxième passage interviendra vers l’épiaison, en l’absence de précipitation ;
• Un tour d’eau disponible : attendre le stade « dernière feuille étalée – gonflement » pour irriguer, notamment après le dernier apport d’azote si aucune précipitation n’a lieu d’ici là.

► En volume non limitant (2 à 4 tours d’eau disponibles) :

• Sols superficiels et moyens : déclenchez l’irrigation dans les jours qui viennent (figures 2 et 3). Attention pour être efficace, ce type de stratégie doit se traduire par un rythme d’irrigation soutenu jusqu’à la fin de la période d’irrigation et peut ainsi conduire à réaliser 3 ou 4 tours d’eau au total ;
• Sols profonds : attendre fin de semaine prochaine et évaluer le déficit hydrique (figure 4).

Lorsqu’un apport d’azote est prévu, le positionner juste avant le déclenchement de l’irrigation.

Adapter la période d’irrigation à l’espèce, au type de sol et aux besoins

Lorsque l’irrigation est nécessaire, elle permet dans notre région un gain moyen de 1,7 à 2,9 q/ha par tranche de 10 mm apportés. La période d’irrigation et les règles de décision sont fonction du type de sol (et plus précisément sa réserve utile), de l’espèce considérée et de son stade. Ainsi en cas de déficit hydrique sur blé tendre, l’irrigation est valorisée à partir du stade 2 nœuds en sols superficiels, mais seulement au stade 3 nœuds en sols profonds (tableau 1). Avant ces stades, l’irrigation peut être réalisée uniquement pour valoriser un apport d’azote fait en période sèche. Dans la plupart des cas cette année, les apports d’azote ont été correctement valorisés par les pluies de mars et ne nécessitent pas de déclenchement spécifique de l’irrigation.

Tableau 1 : Périodes où l’irrigation est valorisée en cas de déficit hydrique et règles de décision basées sur le bilan hydrique

Si l’irrigation sur blé tendre permet de gagner en rendement lorsqu’elle est nécessaire, il convient d’évaluer sa rentabilité. De plus, en dehors de ces périodes l’irrigation n’est pas valorisée.

Irré-LIS® est un outil ARVALIS disponible sous abonnement. Pour plus d’information sur cet outil, contactez-nous.

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