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Inondation d’une parcelle de blé au stade 3 feuilles en décembre 2019 en Occitanie Messagerie Ouest Occitanie

Inondations dans les blés : quelle conduite adopter ?

19 décembre 2019

De nombreuses parcelles de blé sont aujourd’hui inondées suite aux importantes pluies de ces deux derniers mois et aussi de ces derniers jours. Les conséquences vont dépendre du stade de la culture.

La sensibilité du blé à l’ennoiement est variable selon le stade de développement.

- Les plantes à 3 feuilles et au stade tallage y sont peu sensibles et peuvent résister à l’excès d’eau pendant une période assez longue (plus de deux semaines).

- Les parcelles où les grains ont commencé à germer ou qui sont en cours de levée (semis de décembre) sont sensibles à l’excès d’eau et des pertes de pieds sont possibles très rapidement. Des pertes à la levée pourront alors être observées dans certaines parties de parcelle (bas-fonds par exemple).


Photo du 16/12- Parcelle noyée - L’Isle Jourdain - ARVALIS

Le seuil de retournement est à discuter avec le technicien. Il peut se situer autour de 80 à 100 plantes/m² et dépend de la répartition des pieds dans la parcelle et de l’état de tallage des plantes.

Dans les cas d’une décision de semis de culture de printemps, attention aux parcelles qui ont déjà reçu des herbicides.

En cas de submersion des cultures

Les fortes pluies des derniers jours ont pu provoquer des inondations, suite à la sortie de rivières de leur lit. Dans ces cas-là, on peut observer des submersions complètes de cultures : même les parties aériennes sont recouvertes d’eau pendant plusieurs jours. Là encore, les cultures au stade tallage s’avèrent plus résistantes que des cultures plus jeunes ou au contraire plus développées.

Dans ces situations de fonds de vallée, les sols sont le plus souvent profonds et permettent des rattrapages de fin de cycle (montée à épi, PMG) favorables quand ils ne sont pas trop tassés.

En cas d’hydromorphie

L’hydromorphie provoque en priorité une anoxie, c’est-à-dire une baisse de la disponibilité de l’oxygène nécessaire à la respiration des cellules. Ceci engendre dans la plante un ralentissement voire un arrêt du métabolisme. En particulier, les racines cessent de fonctionner et induisent deux effets : la fermeture des stomates (bloquant la photosynthèse) et un arrêt de l’absorption d’azote.

Engorgement en eau pendant le tallage

Les semis d’octobre sont au stade début tallage. Ce stade est normalement la phase la plus tolérante à l’excès d’eau, à partir du stade début tallage jusqu’au redressement. Au cours de cette phase, les besoins instantanés en photosynthèse sont faibles, et la principale composante du rendement affectée est le niveau de tallage. Si l’hydromorphie perdure à la fin du tallage et courant montaison, la montée à épi et la fertilité épi sont alors affectées à leur tour.

Tant que le blé reste sous l’eau, il n’y a pas d’accroissement de biomasse, ni d’émission de nouvelles talles et de nouvelles racines. De plus, une fois l’eau évacuée, l’hydromorphie racinaire va perdurer au moins une à deux semaines, voire plus. Cela peut impacter le potentiel de rendement final. La gestion de la fertilisation et du désherbage de ces parcelles sera primordiale afin de permettre une bonne reprise de tallage puis une bonne montée à épis.

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1 commentaires 26 décembre 2019 par TORCHE

aujourd'hui ,je suis parvenu à semer 40 hectares de blé dur, dans des conditions difficiles ,le sol est par endroits gorgé d'eau . Maintenant la pluie se met à tomber pendant une semaine , les grains de blé vont y rester par suite d'asphyxie . ce que je crains ,c'est la pourriture de la semence et même au stade 3 feuilles , une pluie torrentielle est capable d'arracher les graines avec racine et les emporter en contre-bas vers la rivière. En voilà une bonne raison pour moi ,de commencer à semer au 14 Octobre sans me soucier des conséquences du piétin échaudage. je ne manquerai pas de présenter mes meilleurs et joyeux Noël.

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