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Pomme de terre

Hydrazide maléique : une aide possible pour limiter la repousse physiologique

06 juillet 2011

L’hydrazide maléique, désmais commercialisé sous plusieurs enseignes commerciales (FAZOR, ITCAN …) est autorisée en France depuis le printemps 2003 comme inhibiteur de germination. Son application est réalisée au champ sur la végétation puis il s’accumule progressivement dans les tubercules où il contrôle la multiplication cellulaire des méristèmes, d’où son efficacité antigerminative en conservation. Les travaux réalisés ces dernières années avec le partenariat de McCain, la Chambre d’Agriculture du Nord Pas de Calais et orChemtura ont montré que ces applications pouvaient également voir une certaine efficacité secondaire pour limiter le phénomène de repousse physiologique.

Un contexte climatique favorable à la repousse physiologique

Les conditions particulièrement sèches et parfois très chaudes de cette année favorisent les à-coups de végétation, y compris en parcelles irriguées. Dans certains cas il est possible d’observer des blocages de la tubérisation pouvant donner lieu à l’apparition du phénomène de repousse physiologique, notamment pour certaines variétés sensibles au phénomène (Bintje …). Celui-ci peut se manifester sous différentes formes : émission de nouveaux stolons sur les tubercules, nouvelle génération de tubercules, surgeons, diabolos ….
Lorsqu’elle est importante cette repousse physiologique peut avoir de graves impacts sur le rendement commercialisable de la parcelle : hétérogénéité de qualité et de maturité entre tubercules, vitrosité, inaptitude à la friture, développement de pourritures au champ et/ou en conservation …

Un effet sur la repousse (rejumelage) évalué

Les suivis menés au champ en 2006 et sous tunnel en 2007 et 2008 par ARVALIS - Institut du végétal, la Chambre d’Agriculture du Nord Pas de Calais et Mc Cain, avec l’appui de Chemtura, ont apporté les principales conclusions suivantes :
- l’application en végétation assez précoce d’hydrazide maléique peut réduire le pourcentage de défauts physiologiques, notamment l’apparition ou le grossissement de tubercules de 2nde génération,
- cet effet se répercute sur la réduction significative de tubercules « flottants » au bain de sel à la réception en usine,
- même si le rendement brut peut être réduit pour la condition traitée, le rendement commercial usine (rendement net) peut lui être significativement augmenté par la limitation des tubercules flottants,
- la réduction de la vitrosité facilitera le maintien d’une qualité « fritable » en conservation,
- dans plus de 7 cas sur 10, le coût du traitement a largement été compensé par l’accroissement du rendement net hors flottantes (sans prendre en considération la réduction possible du coût des interventions antigerminatives en conservation).

Bien choisir la date et les conditions d’application

Pour que l’efficience du produit soit optimale, il est nécessaire que la migration de la matière active vers les tubercules ait été satisfaisante au champ. L’application doit ainsi être réalisée sur une plante « poussante », en dehors de périodes de trop fortes chaleurs (Température moyenne inférieure à 25 °C) et avec une hygrométrie élevée. En ce qui concerne le volume de bouillie, il est important de maintenir un volume d’eau suffisant d’au moins 200 à 300 l/ha.
Pour une efficacité optimale vis-à-vis de la repousse physiologique, il est nécessaire que le traitement ait été réalisé assez tôt, avant la date d’apparition du stress. Cependant, pour ne pas risquer d’handicaper le grossissement des tubercules, l’application doit réalisée lorsque le stade « 80 % de tubercules > 25 mm » est dépassé. Pour déterminer au mieux la date de traitement, il convient de réaliser des prélèvements au champ représentatifs et suffisamment fréquents, surtout lorsque les conditions de croissance sont optimales.
Un délai minimum de 12 heures sans pluie est également nécessaire pour assurer une bonne absorption du produit par la plante. Pour qu’elle soit complète et garantir également un effet antigerminatif optimal ultérieurement en conservation, il convient, après l’application, de préserver un maintien en végétation de 2 à 3 semaines avant de procéder au défanage.

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