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Un bon stockage permet de préserver la qualité des tubercules Récolte et conservation

Mise en stockage

29 mars 2011

Avant la mise en stockage, les tubercules doivent d'abord être nettoyés, triés et qualibrés afin de garantir la qualité de la récolte.

Objectifs

► Préserver la qualité des tubercules récoltés en minimisant les risques d’endommagement et de contamination lors des manipulations (transport, déterrage, tri-précalibrage, mise en tas ou en caisses).
► Préparer les lots à la conservation : Eliminer les tubercules défectueux (coupés, endommagés, verdis, pourris), ainsi que les corps étrangers résiduels (mottes de terre, cailloux, fanes).

Sommaire :

► Déterrage, tri visuel, précalibrage et mise en tas

► 
Désinfection des locaux de stockage

► 
Les différents types de stockage

► 
Pour en savoir plus

Déterrage, tri visuel, précalibrage et mise en tas

La bonne qualité de conservation des tubercules est cautionnée par la mise en stockage d’un produit propre et convenablement trié. Les tubercules coupés, endommagés ou partiellement pourris doivent être éliminés sur une table de visite avant stockage afin de limiter la création de foyers infectieux dans le tas.

Sauf en cas de remplissage direct au champ de caisses-palettes, la récolte est transportée en vrac à la ferme dans des remorques semi-portées à benne basculante. Les matériels de réception et de mise en stockage doivent être adaptés au débit du chantier d’arrachage. Leur débit doit être adapté de façon à maintenir un flux suffisant et constant de tubercules. De plus, réduire les hauteurs de chute au minimum permet d’éviter tout risque d’endommagement.

Le déterrage et le triage

Le déterrage et le triage permettent d’assurer une conservation des tubercules sains, grâce à un écartement des pommes de terre à risque, ainsi que la réduction de la tare terre de façon à faciliter une bonne aération des tubercules stockés.

La trémie de réception constitue le premier élément de la chaîne de réception - mise en stockage. Elle est équipée d’un fond mouvant et le plus souvent d’un dispositif de déterrage en sortie.

Les déterreurs les plus courants sont constitués soit de rouleaux parallèles (lisses ou à spires), soit de rouleaux à étoiles en caoutchouc. Ils peuvent être complétés de dispositifs de séparation des pierres et des mottes. Les plus couramment utilisés en exploitations agricoles utilisent la différence de rebond entre tubercules et pierres ou mottes sur un système mécanique à rouleau, simple ou double. Afin de réduire les risques de blessures sur les gros tubercules, ces équipements seront de préférence positionnés sur le flux circulant des tubercules de petits et moyens calibres sortis du « dégrenailleur ».

Ensuite les tubercules sont dirigés, si nécessaire, vers une table de visite où une ou plusieurs personnes complètent le nettoyage et éliminent les déchets et corps étrangers résiduels.

L’ensemble de ses équipements sont aujourd’hui de plus en plus souvent installés sur un châssis unique de type « combi ».

Mise en tas

Lorsque la conservation est réalisée en caisses-palettes, une large gamme de remplisseurs de caisse automatiques permet aujourd’hui d’assurer la mise en caisses des tubercules sans ralentir le débit de chantier tout en respectant au mieux l’intégrité des tubercules.

Les modèles à « tapis plongeur » permettent de laisser la caisse au sol, avec une meilleure sécurité du travail pour le personnel. La manutention des caisses est assurée par l’utilisation d’un à deux chariots élévateurs qui les met en place dans le bâtiment. Le bon positionnement des caisses est essentiel pour assurer une distribution d’air optimale dans le bâtiment.

Lorsque les pommes de terre sont stockées en vrac, la mise en tas est réalisée par un tapis élévateur placé à la suite d’une bande transporteuse unique ou dédoublée (tapis duo), sur une hauteur régulière qui, idéalement, ne doit pas excéder 3,50 m. Cette hauteur raisonnable permet de ne pas soumettre les tubercules du bas de tas à des pressions trop importantes. Un des avantages du stockage en caisses est de limiter les pressions sur les pommes de terre.

Afin de permettre une ventilation homogène des tubercules, il faut éviter la formation de cônes de terre dans le tas, due à une position stationnaire de l’élévateur. Il est ainsi préférable d’opter pour un élévateur télescopique répartiteur à pivot central permettant de balayer automatiquement la largeur du bâtiment avec une meilleure régularité de hauteur.

Au final, le tas devra être aplani manuellement pour éviter toute hétérogénéité dans la distribution de l’air ventilé du tas, en prenant garde de ne pas blesser les tubercules.

A chaque manipulation, les hauteurs de chute des tubercules doivent demeurer, autant que possible, inférieures à 30 cm, en mettant en œuvre les protections nécessaires aux lieux d’impact des tubercules. Dans le même but, le remplissage du tas niveau par niveau permettra d’éviter aux tubercules de dérouler inutilement sur le front de tas.

- Diagnostic des risques d’endommagement

Afin de limiter au mieux les risques de blessures à tous les niveaux de la chaîne de réception - mise en stockage, il est conseillé de réaliser le diagnostic Muni-LIS®, mis au point par ARVALIS - Institut du végétal en collaboration avec le CNIPT. Cet outil permet de détecter des points à risques qui n’apparaissent pas spontanément au premier examen visuel, et de proposer des aménagements adaptés au niveau de risque.

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Désinfection des locaux de stockage

Champignons, bactéries et autres pathogènes ou parasites (nématodes) possèdent des formes de conservation facilement véhiculées par la terre adhérente aux matériels et aux tubercules. Celles-ci peuvent souvent survivre de longs mois, voire plusieurs années dans les particules de terre ou parties végétales non totalement dégradées.

Le stockage doit être réalisé dans un bâtiment préalablement désinfecté. Pour être efficace, il est recommandé d’effectuer un nettoyage des matériels et locaux avant la désinfection. Ceci permettra d’éliminer les résidus de la campagne précédente. Il est recommandé de désinfecter matériels et locaux de stockage entre deux périodes de conservation, a fortiori si des problèmes sanitaires ont été détectés les campagne précédentes.

La désinfection devra être réalisée à l’aide d’un produit désinfectant homologué. Le choix du produit prend en compte l’évolution de la réglementation. La directive européenne 98/8/CE adoptée en France en 2004 et sa superposition à la directive 91/414/CE conduit à faire la distinction entre désinfectants biocides et désinfectants phytosanitaires (voir tableau 1) en prenant notamment en compte les indications donnés par le MAAP et le MEEDDAT visant à préciser la frontière entre ces deux types de produits. Leur champ d’application pour la culture de la pomme de terre est précisé par le tableau 3 en fonction du lieu de mise en œuvre et du type de production concernée.


Le tableau 2 reprend à titre d’exemple la caractérisation des usages de différents produits renfermant de l’Orthophénylphénol utilisables pour la désinfection phytosanitaire. Des dérogations d’homogénéisation d’usage étant actuellement en cours de demande auprès des services officiels, il est indispensable de se référer à la liste des usages à jour sur :
http://e-phy.agriculture.gouv.fr/.


De façon simplifiée, l’ensemble des désinfections des équipements concernant la phase « production » des pommes de terre de consommation devra se faire avec des désinfectants phytosanitaires (identifiés P.O.V.). L’usage de désinfectants biocides est par contre requis dès la désinfection des matériels liés au conditionnement ou la transformation des pommes de terre (calibrage et lavage).

La mise en œuvre des produits de désinfection doit respecter les préconisations indiquées par le fabricant sur les emballages, en faisant notamment la distinction entre la désinfection des locaux et des matériels qui correspondent chacun à un usage réglementaire différent.

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Les différents types de stockage

Pour les pommes de terre de consommation destinées au marché du frais ou aux industries de transformation, la préservation des qualités requises pour les tubercules passe par une gestion précise de leur température de conservation. Ceci n’est possible que par un entreposage dans un bâtiment suffisamment isolé (isotherme) équipé de dispositif de ventilation froide et/ou réfrigération. La performance d’isolation varie entre 0,25 et 0,30 W/m2°C selon la mise en œuvre ou non d’un groupe froid.

Stockage vrac

Les pommes de terre sont mises en tas directement sur le sol. La ventilation est assurée par des gaines sous le tas posées sur le sol ou enterrées. Pour une hauteur de tas de 3,50 m, les caniveaux enterrés sont espacés de 2,70 m maximum. La distance entre axe des gaines aériennes ne doit pas excéder 3,50 m. La capacité de ventilation doit être de 100 m3 d’air/h/m3 de pommes de terre. La vitesse de l’air dans les gaines est limitée à 5-6 m/s. En cas de gaines de surface, la vitesse peut alors monter jusqu’à 8 m/s.

Le stockage peut également être réalisé sur un réseau de gaines jointives (caillebotis intégral). Dans ce cas l’air est soufflé sur toute la surface du tas.

La régulation de la ventilation est basée sur le contrôle de la température du tas par ventilation froide. L’objectif est de maintenir une température extérieure plus basse par rapport à la température des tubercules. Des volets à ouverture réglable permettent d’insuffler dans le tas de l’air extérieur avec ou sans mélange avec de l’air recyclé intérieur au bâtiment.

 

Stockage en caisses-palettes (palox)

Le stockage en caisses permet d’assurer un circuit court de manutention des tubercules à la réception, avec un contrôle maîtrisé des hauteurs de chute grâce à des remplisseurs automatisés ou un remplissage directement au champ. Les forces de pression s’exerçant sur les tubercules de la base des caisses sont fortement réduites et la manutention des caisses n’est pas traumatisante pour les tubercules, même à basse température. De plus, l’isolement des lots peut être parfaitement assuré et la traçabilité est facilitée.

Ce type de stockage, couplé à la mise en œuvre du froid artificiel, a fortement progressé  depuis le milieu des années 90. L’utilisation d’un groupe froid permet, à volonté, l’abaissement et le maintien quasi parfait du bâtiment à la température de consigne, un meilleur contrôle de la gale argentée et de la dartrose, une réduction de l’utilisation d’inhibiteurs de germination, une maîtrise du Déficit de Pression de Vapeur (DPV) et une réduction des pertes de poids.

Pour les grandes capacités de stockage, il y a lieu de vérifier que le bâtiment n’est pas soumis à la réglementation ICPE. Dans tous les cas les installations réfrigérées sont soumises à des contrôles réguliers pour éviter les pertes en fluides frigorigènes.

Par ailleurs même si la production de froid s’effectue principalement par détente directe dans le bâtiment, l’utilisation d’équipements à détente indirecte (eau glycolée) peut être préférée pour réduire la quantité de fluide frigorigène mis en œuvre.

Les installations de type « brassage d’espace »

Dans ce type d’installation, l’air refroidi par l’évaporateur est distribué par propulsion au dessus des caisses pour ensuite revenir en circuit fermé vers l’évaporateur.

L’air circule dans les espaces vides existant entre les piles et les rangées de caisses. Il est important que l’air circule sans contrainte dans le bâtiment et se répartisse également de manière homogène dans l’ensemble du bâtiment grâce à une bonne répartition des piles de caisses. Pour ce type de stockage, un débit d’air de 30 à 40 m3/h/m3 de pommes de terre est suffisant.

Les installations à « aspiration »

Les installations à « aspiration » correspondent à une variante des installations « brassage d’espace » avec un caisson au sol.

Il s’agit de créer un couloir d’aspiration clos sur le pignon où se trouve le caisson de l’évaporateur. Sur la paroi de ce couloir, des ouvertures de 40 à 60 cm de large sont à découper à la hauteur des gerbages de palox. Le couloir est fermé en partie haute par une bâche plastique reposant sur le haut des piles de caisses et redescendant le long des dernières piles, de façon à obstruer l’extrémité de celui-ci.

L’air froid est insufflé au-dessus des piles de caisses pour être « aspiré » au travers des rangées de caisses sur la longueur du bâtiment, vers le couloir central qui distribue la dépression créée par le caisson d’aspiration.

Stockage de la pomme de terre féculière

La conservation de la pomme de terre féculière peut durer de quelques semaines à quelques mois.

Dans ce dernier cas, il convient de mettre en place un dispositif de stockage peu coûteux tout en permettant de maintenir l’intégrité et la richesse féculière des tubercules stockés. Les préconisations suivantes peuvent être adoptées :

► éliminer tout excès de terre et les tubercules pourris avant la mise en tas,
► sécher rapidement les tubercules récoltés,
► maintenir le tas sec et hors gel pendant toute la durée de la conservation, avec une température de consigne de 5 à 6 °C.

Ces mesures peuvent être mises en œuvre par le biais d’un stockage vrac disposant d’une ventilation minimale. Pour les pommes de terre féculières, il est ainsi conseillé :

► de mettre en place un système de ventilation permettant d’avoir un débit d’air de 100 m3/h/m3 de tubercules stockés, bien distribué dans un réseau de gaines correctement conçu. En absence de ventilation, le tas ne devra pas dépasser 2 m de haut dans un bâtiment bien aéré, afin de pouvoir profiter d’une ventilation statique suffisante,
► de suivre la température du tas et la température extérieure afin de démarrer la ventilation à bon escient lorsque la température extérieure est inférieure à la température du tas. Pour cela, il est nécessaire de disposer d’au moins une sonde de tas et d’une sonde extérieure couplées à un automate de régulation permettant le déclenchement automatique de la ventilation,
► d’éviter le gel des tubercules de surface en mettant en place une isolation périphérique et au-dessus du tas. Si la toiture n’est pas isolée, il conseillé d’utiliser un voile de type Toptex recouvert en période de gel intense d’un paillage de 25 à 30 cm. 

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Pour en savoir plusDirective 98/8/CE du Parlement Européen et du Conseil du 16 février 1998 concernant la mise en marché des produits biocides.

ITCF - ITPT, 2001 - Brochure « Stockage et conservation de la pomme de terre », septembre 2001.

ITCF - ITPT, 2001 - Brochure « Stockage des pommes de terre: Comment intégrer la sécurité », septembre 2001.

MARTIN M., 2009 - Désinfection des locaux et des matériels : Grand ménage de printemps. La Pomme de Terre Française, n° 563, mai-juin 2009.

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